« Ne tuez plus d’animaux ! » Cette requête, Pythagore la lançait déjà il y a vingt-cinq siècles. Entre interdire des pratiques telles que la vivisection, la corrida, la chasse ou l’abattage rituel et nous priver de bons rôtis, pour beaucoup il y a un fossé ! Pour d’autres, il faut bannir toute utilisation d’animaux, même pour se nourrir ; tel est le credo du véganisme, ce courant qui prend du poil de la bête.. © Inra

Encore carnivores demain ?

« Ne tuez plus d’animaux ! » Cette requête, Pythagore la lançait déjà il y a vingt-cinq siècles. Entre interdire des pratiques telles que la vivisection, la corrida, la chasse ou l’abattage rituel et nous priver de bons rôtis, pour beaucoup il y a un fossé ! Pour d’autres, il faut bannir toute utilisation d’animaux, même pour se nourrir ; tel est le credo du véganisme, ce courant qui prend du poil de la bête.

Mis à jour le 15/03/2017
Publié le 16/03/2017

Le véritable élevage est une relation de travail et d'affection

Pourquoi cette mode végane, alors que les humains vivent depuis si longtemps avec les animaux ? Pour endiguer notre violence, empêcher nos cancers et sauver la planète, paraît-il. On le sait, les fermes-usines génèrent maintes pollutions et souffrances. Le leitmotiv du « bien-être animal » lève pourtant peu le voile jeté sur les opérateurs chargés d’engraisser ou de tuer sous des contraintes toujours accrues ; il peine aussi à rappeler que le véritable élevage est une relation de travail et d’affection, et que s’en passer aurait de graves conséquences sociales et environnementales.

Grâce au concours d’une douzaine d’experts, ce livre expose les problèmes et les bienfaits dont la domestication animale est la source. Il permet d’y voir clair dans la cacophonie des discours sur « l’élevage » et il esquisse des scénarios de changement dans notre alimentation et dans nos relations aux animaux.

Un ouvrage qui dépasse les clivages pour redonner toutes leurs « saveurs » à ces relations !

 

Les auteurs

Olivier Néron de Surgy est journaliste scientifique et professeur de mathématiques. Auteur ou coéditeur de diverses publications de vulgarisation, il a collaboré avec de nombreux chercheurs et notamment des spécialistes des animaux.

Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l’Inra. Ses recherches portent sur la relation de travail entre les humains et les animaux en élevage. Elle a été éleveur, salariée en production porcine et technicienne agricole en bio avant de faire de la recherche.

Manger de la viande en conscience : omnivore et fier de l’être, préface de Périco Légasse est rédacteur en chef à Marianne, auteur et critique gastronomique ; il s’intéresse en particulier à la valorisation du patrimoine alimentaire. 

 

Encore carnivores demain ?

Quand manger des animaux pose question au quotidien

Editions Quae – coll. La science au quotidien – 2017, 184 pages - 17 euros  

 

Sommaire des chapitres : L’animal, du gibier au collaborateur / Quand la viande passe mal / De l’éthique au bien-être animal / Quelles seront nos relations aux animaux en 2050 ?

EXTRAITS

« Il est peu risqué de parier sur une extension des droits des animaux parce que les sociétés humaines n’ont de cesse de légiférer contre toutes les formes de souffrance et de mise à mort. « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. » Cette proposition de Gandhi n’a sans doute pas fini d’être rappelée sur la place publique et dans le concert des nations, mais il est une autre grandeur à défendre : c’est la richesse des relations tissées entre humains et animaux, des relations affectives qui, dans la grande majorité des cas, n’existent que par un engagement des animaux dans une forme de travail. Interdire leur utilisation serait condamner nombre d’entre eux au néant ; ce serait aussi nous priver - en particulier nos enfants - d’une part importante de notre vie émotionnelle et psychique, de notre intégration à la nature, et non pas seulement nous priver de ressources matérielles. »

« L’industrialisation conduit par ailleurs à la spécialisation et à la division du travail. Elle tend de ce fait à réduire la vision des travailleurs sur l’ensemble de l’activité à laquelle ils participent, et donc le sens qu’ils donnent à leur travail. Son inscription dans un marché international toujours plus concurrentiel impose des cadences de production ou d’abattage toujours plus élevées et laisse donc toujours moins de temps pour prendre soin des animaux. »