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Neurones (en vert) et cellules microgliales (en rouge) de cerveau de souris nourries avec des omega 3.. © Inra

Santé du cerveau : l’alimentation idéale pour chaque âge de la vie

Pas de bonheur sans omégas-3

Les omégas-3 sont des alliés indispensables pour la bonne marche du cerveau. Une carence alimentaire en ces acides gras peut provoquer une dépression. Des chercheurs de l’Unité de NutriNeuro tentent de mettre en lumière l’action de ces nutriments  afin d’ouvrir de nouvelles stratégies nutritionnelles et thérapeutiques.

Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 03/12/2015
Publié le 02/12/2015

Pas de bonheur sans omégas-3 © closeupimages-Fotolia
© closeupimages-Fotolia

Incroyable tout ce que les omégas-3 peuvent faire pour vous ! Ces acides gras sous leur forme polyinsaturée aident l’organisme à contrôler le cholestérol et ont un effet protecteur sur le cœur et le système circulatoire. Mais ce n’est pas tout : ils sont nécessaires au bon fonctionnement du cerveau, rôle que les scientifiques commencent à mettre en lumière.
Les travaux des chercheurs de l’unité Nutrition et Neurobiologie Intégrée, NutriNeuro montrent que les omégas-3 ont un effet protecteur sur les neurones. Une carence alimentaire en oméga 3 peut conduire au stress chronique et à la dépression.

Pensez à protéger vos neurones

Les chercheurs se sont intéressés à l’action des omégas-3 au niveau cellulaire. Ils ont tout d’abord montré que ces acides gras régulent la synthèse des endocanabinoïdes. Ces molécules produites par les neurones contrôlent à leur tour l’activité des synapses. Autrement dit, par leur biais, les acides gras aident à réguler la communication entre neurones.
Pas étonnant alors qu’une carence en omégas-3 ait des conséquences indésirables. Pour les dévoiler les scientifiques  ont soumis des souris à un régime pauvre en omégas-3. Résultat : ces animaux  deviennent dépressifs et sont moins aptes à réaliser certaines tâches que leurs congénères bien nourris. L’explication est à rechercher dans la structure des neurones. « Les neurones des souris privées d’omégas-3 présentent des branches plus courtes et un nombre de synapses réduits par rapport aux souris normales » explique Sophie Layé, directrice de NutriNeuro. Autrement dit, leurs neurones ont une plus faible capacité à établir des contacts avec leurs voisins. La plasticité neuronale de ces rongeurs en est réduite d’autant, ce qui peut expliquer leurs troubles de l’humeur et leur capacité cognitive amoindrie.
Dans une deuxième série d’expériences, les chercheurs ont comparé l’effet du stress sur des souris ayant reçu différentes rations d’omégas-3. Là aussi, les résultats sont très frappants. « Les animaux ayant reçu une dose suffisante d’acides gras polyinsaturés sont protégés face au stress. Une fois le facteur stressant éliminé, leur comportement redevient normal en peu de temps. En revanche, les souris manquant d’omégas-3 restent anxieuses », souligne Sophie Layé. Les omégas-3 régulent la production de glucocorticoïdes, hormone produite lorsque l’organisme est stressé. Lorsque cette production est altérée, c’est tout le système du stress et de l’humeur qui en est affecté, ce qui explique la dépression et l’anxiété des souris privées de ces acides gras polyinsaturés.

Omégas-3 et le cerveau humain

Les chercheurs de NutriNeuro ne veulent pas en rester aux expériences sur les rongeurs. Ils testent à présent des stratégies thérapeutiques visant à traiter la dépression incluant des omégas-3. L’une des pistes qu’ils suivent est d’associer des médicaments antidépresseurs à un supplément d’acides gras polyinsaturés. Ces derniers pourraient améliorer la santé des neurones, ce qui augmenterait l’action des antidépresseurs.
Les omégas-3 ne constituent bien sûr pas un remède miracle contre la dépression et le stress chronique, mais, de mieux en mieux, les chercheurs comprennent leur importance pour le système nerveux. Ces résultats ont de quoi faire réfléchir. En effet, les omégas-3 sont des acides gras que notre organisme ne sait synthétiser. Ils doivent donc être apportés par la nourriture. Parmi les aliments qui en contiennent, citons les poissons gras, les fruits secs et les huiles de colza et de soja. Mais voilà : nos habitudes alimentaires sont en  train de changer, et notre ingestion journalière d’omégas-3 a tendance à diminuer. Suggestions ? Thon à la provençale, maquereaux grillés aux herbes, tarte aux noix et caramel : voilà bel et bien des délices pour le palais et les méninges !
 

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