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Neurones (en vert) et cellules microgliales (en rouge) de cerveau de souris nourries avec des omega 3.. © Inra

Santé du cerveau : l’alimentation idéale pour chaque âge de la vie

De la vitamine A pour protéger le cerveau âgé

L’acide rétinoïque produit par l’organisme à partir de la vitamine A joue un rôle important dans la plasticité cérébrale et la formation de nouveaux neurones. Mais avec l’âge, la vitamine A est moins bien transformée, ce qui pourrait déboucher sur des problèmes de mémoire chez les personnes âgées.

Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 08/12/2015
Publié le 02/12/2015

Mémoire et nutrition.. © fotolia, Budimir Jevtic
© fotolia, Budimir Jevtic

Avec l’âge, viennent souvent les problèmes de mémoire. Où diable ai-je rangé les clés ? Comment s’appelle déjà ce petit neveu qui est venu la semaine dernière ? Si les souvenirs anciens demeurent stables chez les personnes âgées en bonne santé, ce sont les informations nouvelles qui ont du mal à s’enregistrer dans le « disque dur ».
Les structures cérébrales telles que l’hippocampe qui sont l’assise de la mémoire, deviennent au fil des ans moins plastiques, moins aptes à créer de nouvelles connexions. Or d’après des recherches menées au laboratoire NutriNeuro, il existe un nutriment qui pourrait limiter ce phénomène et rendre aux structures de la mémoire une partie de leur agilité d’antan. Il s’agit, tout simplement, de la vitamine A.

La vitamine A et les neurones

Les aliments d’origine animale contiennent de grandes quantités de vitamine A, en particulier le foie. Les légumes et les fruits tels que les abricots ou les carottes offrent quant-à-eux, du béta-carotène, un précurseur à partir duquel l’organisme peut produire de la vitamine A.  
Dans les pays industrialisés, les carences en vitamine A sont rares. Néanmoins, au vu des travaux des chercheurs de NutriNeuro, il se pourrait qu’un apport accru de ce nutriment soit à recommander pour les personnes âgées. Tout d’abord, ils ont montré que de jeunes rats soumis à un régime sans vitamine A connaissent des troubles de mémoire similaires à ceux de leurs congénères âgés. Par exemple, dans un labyrinthe aquatique, ils on du mal à mémoriser le parcours qui les mène à la plateforme de sortie. Chez les rats âgés, un apport supplémentaire de vitamine A leur permet de mémoriser plus efficacement les parcours.

Vitamine A et plasticité cérébrale

Les chercheurs ont voulu aller plus loin pour comprendre les mécanismes d’action de la vitamine A dans le cerveau. En réalité, celle-ci n’est qu’un précurseur qui permet à l’organisme de produire de l’acide rétinoïque. Cette molécule fonctionne comme une hormone : libérée dans le torrent sanguin, elle apporte de l’information aux cellules et régule le fonctionnement de nombreux gènes.
L’acide rétinoïque a notamment un effet protecteur sur le cerveau âgé. Il stimule notamment la formation de synapses. Ceci permet aux neurones d’établir un plus grand nombre de connections entre eux. Or, la cognition et la plasticité cérébrale dépendent du nombre de ces connections. L’acide rétinoïque stimule aussi la production de nouveaux neurones au niveau de l’hippocampe, ce qui permet de remplacer ceux qui meurent. Mais ce n’est pas tout : cette molécule a aussi un effet régulateur sur ce que les chercheurs appellent l’axe du stress. Lié à l’anxiété et à la dépression, ce jeu d’interactions entre plusieurs structures cérébrales telles que l’hippocampe et l’amygdale, peut affecter différents types de mémoire. Une carence en acide rétinoïque conduit à une sur-activation néfaste de cet axe ayant un impact sur la mémorisation et l’humeur.
Mais voilà, avec l’âge, la transformation de la vitamine A en acide rétinoïque se fait moins bien. Ainsi, malgré une alimentation normale, les personnes âgées peuvent connaître une carence en acide rétinoïque. Faudrait-il alors recommander un apport supplémentaire en vitamine A afin de retrouver un bon niveau en acide rétinoïque ? Pour le savoir, les chercheurs viennent de lancer des essais sur l’homme en regardant les effets sur la cognition et la mémoire d’un supplément en vitamine A. Supplément modéré, bien sûr, vu que les survitaminoses sont aussi nocives que les carences. Ils s’intéressent par ailleurs aux effets protecteurs de la vitamine A contre la maladie d’Alzheimer. En effet, il existe un faisceau d’évidences qui montrent qu’il pourrait prévenir, ou du moins retarder l’apparition des symptômes liés à la maladie neurodégénérative.

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