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Dossier grand public- Vers un retour en grâce des protéines végétales. © science photo - Fotolia

Vers un retour en grâce des protéines végétales

Le meilleur de deux cultures

Diminuer l’utilisation d’engrais et de pesticides, obtenir des rendements plus constants, voire supérieurs, améliorer la teneur en protéines des grains de céréale : voilà quelques-uns des bénéfices qu’apportent les associations entre légumineuses et céréales. Les chercheurs Inra tentent de mieux caractériser ces systèmes de culture afin de mieux en tirer profit.

Par Sebastián Escalón
Mis à jour le 28/04/2016
Publié le 06/04/2016

Association légumineuses et céréales. Le meilleur de deux cultures. © Inra, C. Maitre
© Inra, C. Maitre

Chez les plantes aussi, l’union fait la force. En effet, cultiver en même temps et dans une même parcelle une céréale et une légumineuse apporte de nombreux bénéfices à l’environnement et augmente les chances de succès pour la récolte. De nombreux agriculteurs, le plus souvent des filières biologiques, se mettent à l’heure des associations de cultures.
Marie-Hélène Jeuffroy, chercheuse Inra au Centre de Versailles-Grignon, en dévoile quelques-uns des bénéfices : « Ce système permet de réduire l’utilisation d’herbicides, tout en réduisant les infestations de mauvaises herbes. En effet, les associations permettent de couvrir le sol plus efficacement et plus rapidement. On réduit aussi l’usage de fongicides, car chacune des espèces exerce un « effet barrière » vis-à-vis des spores des champignons pathogènes nuisibles sur l’autre espèce. De plus, en présence de deux cultures, la dynamique d’évolution des maladies est plus lente ».

L’alliance céréale-légumineuse permet aussi de réduire notablement l’apport d’engrais chimiques. En effet, les légumineuses, grâce aux bactéries symbiotiques qu’elles nichent dans leurs nodosités racinaires, sont capables de fixer l’azote atmosphérique. « En culture pure, les doses d’azote apporté avoisinent souvent 150 à 180 unités d’azote par hectare de blé. En association, on recommande un maximum de 40 à 60 kg/ha», indique Marie-Hélène Jeuffroy. Or, les engrais de synthèse sont la principale contribution à l’effet de serre de l’agriculture. A l’heure de la lutte contre le changement climatique, on comprend le regain d’intérêt pour les associations de cultures.
Mais ce n’est pas tout. Les associations permettent souvent des rendements plus stables, notamment quand les conditions climatiques sont difficiles, ou lorsque les sols sont pauvres. En effet, les deux espèces ne sont pas sensibles de la même façon aux conditions environnementales. Si l’une des cultures peine, l’autre prend le relais.

Associations sans limites

Pois-blé, pois-orge, lentille-lin, lentille-seigle, soja-sarrasin, féverole-blé, pois-avoine, lupin-maïs : les chercheurs Inra ont répertorié pas moins de 38 associations de cultures différentes cultivées par les agriculteurs à la créativité sans limites. Certaines, très originales, mélangent trois, voire quatre espèces ensemble.
Mais quelles sont les meilleures associations ? Tout dépend de l’objectif de l’exploitant ! Cherche-t-il un rendement maximum ou bien à utiliser moins d’intrants ? Espère-t-il une bonne récolte sur un sol pauvre et sec, ou bien à obtenir un fourrage de qualité pour ses animaux ? A chaque situation, une solution adéquate. Afin d’aider les agriculteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’association de cultures, les chercheurs Inra préparent un outil d’aide à la décision. Pour le mettre au point, ils enquêtent auprès des agriculteurs qui cultivent ces associations, étudient leurs pratiques et les performances qu’ils atteignent et synthétisent leurs savoirs. Ils réalisent aussi des modélisations en fonction des espèces cultivées, des caractéristiques du sol et des conditions climatiques, pour étudier la variabilité de la production en fonction des techniques culturales appliquées. Ainsi, parmi une large gamme d’associations de cultures possibles, les chercheurs pourront trier le bon grain de l’ivraie. Ils apporteront en outre une aide aux exploitants qui ne pratiquent pas encore ce type de culture à choisir l’association la plus pertinente pour leurs objectifs, et à mieux baliser les itinéraires techniques. L’idée est d’ouvrir aux associations de cultures de nouveaux champs, et, peut-être même, gagner du terrain dans l’agriculture classique qui préfère encore les cultures pures.

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Environnement et agronomie
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Versailles-Grignon