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Dossier grand public- Vers un retour en grâce des protéines végétales. © science photo - Fotolia

Vers un retour en grâce des protéines végétales

Créer les variétés de légumineuses de demain

Le renouveau de la production de légumineuses passe par une amélioration des variétés disponibles pour les agriculteurs. En amont, les chercheurs tentent de créer des lignées plus résistantes ou ayant des propriétés nutritionnelles améliorées. Pour ce faire, ils décortiquent et exploitent la grande richesse génétique de ces espèces.

Par Sebastián Escalón
Mis à jour le 11/04/2016
Publié le 06/04/2016

Amélioration variété pois - pollinisation. © Inra, C. Maitre
Amélioration variété pois - pollinisation © Inra, C. Maitre

Année après année, avec patience, l’Inra s’est doté d’une immense collection de légumineuses : pois, féveroles, lupins venus du monde entier. Ce n’est pas une lubie, bien entendu. Ces collections constituent de grands réservoirs de gènes et de caractères grâce auxquels les chercheurs tentent de répondre aux nombreux défis que pose la culture de ces espèces. « En association avec les semenciers, nous tentons de créer les variétés de demain », indique Gérard Duc, chercheur au département biologie et amélioration des plantes à l’Inra. Pour que les légumineuses retrouvent leur place dans les champs, les agriculteurs doivent avoir accès à des variétés performantes, résistantes et adaptées à de nouvelles zones et systèmes de production. Si, grâce à la recherche agronomique, les céréales ont connu de véritables bonds en avant en productivité, c’est maintenant au tour des légumineuses de bénéficier d’innovations.

À la recherche des meilleurs gènes

Afin de permettre la création de nouvelles variétés, les chercheurs Inra développent des outils de tri afin de sélectionner rapidement des caractères et des gènes intéressants à chaque situation ou objectif. Ces outils peuvent servir, par exemple, à cibler des légumineuses adaptées au semis d’automne, ou qui peuvent croître dans des zones de production plus difficiles. Ainsi, dans le cadre du projet national des Investissements d’Avenir PeaMust, qui associe laboratoires, sélectionneurs privés et industriels, les scientifiques cherchent des solutions génétiques pour obtenir des plantes résistantes à différents stress : gel, maladies ou insectes parasites comme la bruche.  Ils cherchent aussi des gènes qui permettent aux légumineuses de mieux développer leurs racines et d’augmenter l’efficacité de leur symbiose avec les bactéries qui assimilent l’azote de l’air.

Autre exemple : la lutte contre un champignon agresseur du pois, Aphanomyces euteiches qui s’attaque aux racines des plantes et les font pourrir. Impossible de lutter contre ce pathogène souterrain par des moyens chimiques. Résultat : une parcelle attaquée connaîtra des rendements médiocres. Mais voilà, les chercheurs ont trouvé, au sein des collections de pois, des plantes qui résistent mieux. Grâce à des analyses génétiques, ils ont identifié différents facteurs génétiques qui les protègent partiellement du champignon.

Penser aux débouchés des légumineuses

Les chercheurs veulent aussi satisfaire les besoins des filières aval et des consommateurs qui ont besoin de graines de qualité, ayant un taux élevé et stable de protéines tout en maintenant les performances de rendement. C’est dans cette logique que les chercheurs tentent d’obtenir des variétés à meilleure valeur nutritionnelle pour les animaux ou l’homme. La diversité de composition des protéines, amidons et fibres révélée dans les collections de ressources génétiques permettrait de mieux adapter l’offre variétale aux attentes alimentaires. Les graines de pois et féveroles contiennent des tanins qui réduisent la digestibilité des protéines. Les graines de féveroles contiennent des molécules comme la vicine et la convicine qui diminuent les performances des poules pondeuses et des poulets de chair. Toujours en utilisant la richesse génétique des collections, ils sont parvenus à créer des variétés dont la teneur en ces facteurs dits « antinutritionnels » est très faible. Ceci leur donne un attrait supplémentaire vis-à-vis des producteurs d’aliments pour animaux. De telles variétés issues des collaborations entre la recherche publique et privée sont déjà au catalogue français à disposition des agriculteurs.

Rendements améliorés, variétés plus adaptées aux filières agroalimentaires et à l’alimentation animale, bienfaits environnementaux : un renouveau de la culture des légumineuses semble bel et bien en marche et à portée de main.
 

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Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes, Environnement et agronomie, Santé des plantes et environnement
Centre(s) associé(s) :
Dijon Bourgogne Franche-Comté