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Contre les kilos en trop, deux principes actifs valent mieux qu’un !

Une équipe de l’unité Nutrition humaine de l’Inra avec une équipe de l’université Paris Descartes ont fait breveter la formulation d’un complément alimentaire qui pourrait être utilisé pour le traitement du surpoids et/ou pour affiner sa silhouette. L’utilisation combinée d’un extrait végétal de citrulline et d’une statine a pour effet de faire fondre la masse grasse sans affecter la masse musculaire.

Visuel article Citrulline GP
Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 13/05/2014
Publié le 26/01/2014

« C’est décidé. Après les fêtes, je commence un régime ». Un mois après, que sont donc devenues les bonnes résolutions du début d’année ? On s’était promis de manger plus équilibré, moins gras et moins sucré, de reprendre une activité physique régulière… d’appliquer enfin ces bonnes pratiques. Persévérer quand les résultats ne sont pas visibles immédiatement n’est pas une mince affaire ! Et si l’on souffre de troubles sévères du poids ou d’obésité, des approches complémentaires s’avèrent nécessaires.

Des résultats très prometteurs contre l’excès de poids viennent d’être obtenus grâce à l’association de deux extraits : la citrulline et l’atorvastatine. La première est un acide aminé que l’on trouve dans les pastèques. La seconde est une statine de synthèse, l’atorvastatine, dont le principe actif utilisé par les scientifiques est présent dans la levure rouge de riz sous le nom de monacoline K. Des tests sur des souris ont conduit à une réduction de 22 à 32 % de la masse grasse totale sans affecter la masse maigre, par rapport aux animaux qui n’ont bénéficié que de l’un ou de l’autre des extraits ou d’aucun. La formulation de cette heureuse combinaison vient d’être brevetée par des scientifiques de l’Inra avec leurs partenaires de l’université Paris Descartes. 

L'association d’extraits végétaux pour faire fondre la graisse

Loin des effets de mode, ce qui intéresse les scientifiques, Béatrice Morio de l’unité Nutrition Humaine de l’Inra et Christophe Moinard à l’université Paris Descartes, c’est l’impact de ce couple  sur la régulation de notre métabolisme : « La combinaison citrulline-statine intervient dans la régulation du métabolisme lipidique. Il s’ensuit une cascade de réponses cellulaires ayant un bénéfice pour le fonctionnement énergétique de la cellule, » explique Béatrice Morio.

La citrulline n’a presque plus aucun secret pour les deux chercheurs. On connaît ses propriétés pour restaurer la masse musculaire au cours du vieillissement. L’université Paris Descartes est à l’origine d’un brevet en partenariat avec l’Inra fin des années 2000 pour un produit aidant à restaurer la masse musculaire des personnes atteintes de sarcopénie (fonte de la masse musculaire au profit du tissu adipeux) utilisé dans les hôpitaux et maisons de retraites. L’atorvastatine est la statine la plus prescrite pour la prise en charge de l’hypercholestérolémie. Elle agit en entravant la production du cholestérol dans le foie.

Les chercheurs ont trouvé d’autres effets intéressants au niveau du foie qui signifie que leur combinaison participe également à l’amélioration du syndrome métabolique, un état physiopathologique associant des anomalies cliniques prédisposant au diabète ou aux maladies cardiovasculaires. « Ce sont des résultats très prometteurs, que l’on doit d’abord confirmer par des études cliniques chez l’Homme », espère Christophe Moinard. Le développement par un industriel d’une application pharmaceutique à base d’actifs de synthèse pourrait être envisagé. Soit sous forme d’un complément alimentaire pour les personnes de corpulence normale désireuses d’affiner leur silhouette. Soit sous forme d’aliments destinés aux populations particulières (Adap), en l’occurrence pour les personnes en problème de surpoids plus graves.

Évidemment, ce type d’approche ne fait qu’accompagner une démarche pour traiter, prévenir ou lutter contre les kilos réticents. Pour Béatrice Morio, « l’objectif de ces recherches est d’adapter au développement d’un complément alimentaire la rigueur d’un médicament. Un soutien pharmaconutritionnel qui facilite la perte de poids au début d’un régime est toujours encourageant et permet d’opter pour un régime alimentaire moins restrictif et donc moins risqué pour sa santé future. Pour que la perte de poids soit durable et efficace, rééquilibrer son alimentation et faire de l’exercice sont indispensables.»

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Béatrice Morio, nouvelle adresse : Unité Cardiovasculaire, Métabolisme diabétologie et Nutrition (CarMeN)
  • Christophe Moinard, nouvelle adresse : LBFA – Inserm U1055 - Université de Grenoble
Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Auvergne - Rhône-Alpes