• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

Le cyclisme pour comprendre les mécanismes de l'effort prolongé chez l'athlète

Un demi-tour du monde à vélo en 72 jours - 21 740 km, 300 km par jour, c’est l’exploit réalisé par Eric Delagrange en 1997. Pour tester ses capacités physiques à réaliser une telle performance et adapter son alimentation aux efforts prolongés et répétés qui l’attendaient, le sportif s’est adressé au Centre de Recherches en Nutrition Humaine d’Auvergne créé sous l’impulsion de l’Inra.

Mesure du potentiel hydrique sur des échantillons de branches prélevés sur un sapin dans une placette d'observation sur les pentes du Mont ventoux à 1400 mètres d'altitude.. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 22/09/2016
Publié le 07/07/2016

De l’Alaska aux frontières de la Mongolie après avoir traversé le Canada, les USA, l’Europe occidentale, la Scandinavie et la Russie, Eric Delagrange a roulé 300 km par jour, en 10 à 13 heures, sans journée de repos. Comment l’organisme peut-il supporter un tel effort, aussi soutenu, pendant des semaines et des mois ? Comment peut-il récupérer en si peu de temps, le temps d’une nuit, après chaque effort quotidien ? Comment Éric a-t-il pu maintenir son organisme à un poids constant malgré l’importance des dépenses en énergie qu’il s’est imposées. Cette première expérience dans le cadre des annales scientifiques sportives a permis d’expliquer les conditions d’un tel exploit.

Alimenter l’ultra-endurance

Dans le cadre du suivi médical des sportifs, les examens cliniques et les tests biologiques effectués par le Laboratoire de Physiologie et Biologie du Sport à la Faculté de Médecine avaient classé Eric parmi les sportifs ultra-endurants. Ses dépenses énergétiques ont été déterminées en continu par l’équipe de Recherche sur le métabolisme énergétique du laboratoire Inra Croissance et métabolismes des herbivores. Eric réalisait des séjours de 36 heures en chambre calorimétrique pour simuler sur « home-trainer » les efforts quotidiens qu’il aurait à réaliser dans son périple cycliste. Par rapport à un individu moyen, dit " sédentaire ", sa dépense énergétique a été multipliée par 6 à 10 au cours des périodes d’exercice, augmentée de 20 % en moyenne au cours de la période de récupération des efforts (sommeil) et sa dépense journalière (8 500 kcal) a été 3 fois et demie supérieure. Ces données ont permis de calculer les apports alimentaires nécessaires et d’équilibrer les rations prévues.

Quantités et nature des aliments consommés, poids corporel et tension artérielle, fréquence cardiaque enregistrée en permanence à l’aide d’un système télémétrique (sport-tester) : les données étaient transmises au CRNH qui assurait le suivi médical et nutritionnel. En effet, les mesures en continu en chambre calorimétrique de la dépense énergétique et de la fréquence cardiaque d’Eric ont permis d’établir des relations précises de prédiction de la dépense énergétique à partir de l’enregistrement de la fréquence cardiaque. Les compensations en eau (6 à 10 litres par jour) et en aliments, en particulier en sucres, ont été tout à fait satisfaisantes puisque son poids est resté constant, son état de santé et sa forme physique excellents au cours des 72 jours de cette épreuve. Eric a malheureusement dû interrompre son tour du monde à la suite d’une chute grave en territoire russe.

Le CRNH d’Auvergne a été le premier CRNH créé en France en 1992. Il rassemblait des équipes de l’Inra Auvergne-Rhône-Alpes (ex centre de Clermont-Ferrand/Theix), de l’Université d’Auvergne, de l’INSERM, du Centre Hospitalier de Clermont-Ferrand, du Centre anti-cancéreux Jean Perrin. L’INRA représentait 80 % du personnel du CRNH. Les nombreux travaux réalisés par l’Institut sur l’alimentation et le métabolisme des animaux apportaient les connaissances et outils privilégiés pour développer des recherches en nutrition humaine.

Voir aussi

Sport et alimentation, équipe santé gagnante

Que ce soit pour compenser nos excès à table ou pour prévenir certaines maladies, nous avons depuis longtemps intégré le bénéfice d’une activité physique régulière. Mais nous connaissons moins les outils qui permettent de mesurer la dépense énergétique et les modalités à respecter pour faire du sport dans les meilleures conditions. L’unité de Nutrition humaine, Inra-Université  d’Auvergne,  étudie  les  nutriments  combinés  au  sein  de  notre  alimentation. L’appréhension de l’activité physique  est  un  critère  important  pour  les  études  menées  par  l’UNH. > En savoir plus