• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Hygiène récessive

La santé des enfants, et surtout plus tard des adultes, est influencée, après mais aussi avant même leur naissance, par l’alimentation et les conditions de vie de leurs parents.

Plateau de fromages Chevre, Brie de Meaux, Camembert, Gruyere, Mimolette, Roquefort ,Yaourt, Lait  et Saucisson. © WEBER Jean
Mis à jour le 22/02/2013
Publié le 31/01/2013

L’alimentation, le métabolisme, l’état psycho-affectif ou la condition sociale de la mère peuvent transmettre des influences non génétiques à l’enfant au cours de la grossesse et de l’allaitement. Même avant la conception, la nutrition (qu’il s’agisse d’excès ou de sous-nutrition), la composition corporelle ou des perturbations métaboliques de la mère mais aussi du père peuvent avoir une influence sur le développement du futur enfant.
Les données scientifiques (données épidémiologiques chez l’Homme et des études expérimentales chez l’animal ) ont mis en évidence des marques, dites épigénétiques (du grec "epi" = dessus), qui s’apposent sur les gènes tout au long du développement, en particulier de la conception à la naissance, périodes particulièrement "plastiques", puis tout au long de la vie. Ces marques, servent à moduler l’expression des gènes sans altérer les gènes eux-mêmes.

Agir sur ces marques pour préserver l'enfant

L’épigénétique concrétise ainsi la marque de l’environnement sur les gènes. Elle est un des mécanismes reconnus de la DOHaD, "l’origine développementale de la santé et des maladies" (DOHaD pour : Developmental Origin of Health and Diseases), également connue comme l’hypothèse de Barker. Par ce mécanisme, notre mode de vie, notre alimentation, nos relations psycho-affectives peuvent laisser dans nos cellules une "trace épigénétique" éventuellement transmissible d’une génération à l’autre.
Il a été également montré qu’un environnement adapté, appliqué très tôt, quand la plasticité du génome est encore optimale, peut contrecarrer ces effets néfastes. Le grand intérêt des marques épigénétiques est qu’elles sont malléables. Le fait de pouvoir agir sur ces inscriptions épigénétiques pour préserver la santé future de l’enfant ouvre un immense champ de perspectives. D’ores et déjà, la prise de conscience de ces nouvelles données permet de proposer des recommandations d’ordre général basées sur le bon sens quant à l’hygiène de vie des (futurs) parents.
Ces marques existent aussi chez les animaux, qui sont souvent utilisés comme modèles. Dans le domaine de l’élevage, ces recherches trouvent également de nombreuses applications pour comprendre le rôle de l’environnement sur la santé des animaux, leur production et la qualité de leurs produits. De plus, elles pourront permettre d’optimiser les systèmes existants en se servant de l’environnement comme levier pour produire des animaux plus robustes et mieux adaptés aux changements (climatiques, économiques, etc.).