• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Des probiotiques aideraient à lutter contre la listériose.

Des chercheurs de l’Inra et de l’Institut Pasteur ont montré que des bactéries probiotiques, les lactobacilles, diminuent la propagation de la listériose dans l’intestin de la souris. C’est la première fois que l’on observe expérimentalement les mécanismes des effets protecteurs de ces probiotiques.

Lignée entérocytaire infectée par Listeria monocytogenes. Durée d'infection : 2 h de contact plus 1h 30 de développement intracellulaire. Les cellules sont fixées et colorées au Giemsa. Grossissement x200.. © © INRA, VELGE Philippe
Par Cécile Poulain d'après Service de presse
Mis à jour le 18/12/2013
Publié le 05/12/2012

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, apportent un bénéfice pour la santé de l'être humain. Certains probiotiques stimuleraient le système immunitaire, amélioreraient  l'intolérance au lactose du lait de vache ou inhiberaient des micro-organismes pathogènes. Cependant aucun de ces effets attendus n’est aujourd’hui vraiment démontré. En effet, l’autorité européenne de sécurité des aliments n’a donné jusqu’à présent aucune autorisation d’étiquetage avec une allégation santé de produits alimentaires contenant des probiotiques à l’exception des bactéries transformant le lactose dans les yaourts.

Des bénéfices santé difficilement évaluables

Les mécanismes des effets bienfaisants des probiotiques pour la santé humaine et animale demeurent encore aujourd'hui mal compris et peu connus. « Les probiotiques sont prisés des scientifiques et industriels de l’agroalimentaire mais ils sont assez peu observés en fonctionnement. Nous avons réussi à étudier l’assimilation de deux probiotiques, Lactobacillus paracasei CNCM I-3689 et L. casei BL23, chez des rongeurs à la flore intestinale contrôlée et infectée par la bactérie pathogène responsable de la listériose chez l’homme, la Listeria monocytogenes », explique Philippe Langella de l’Inra de Jouy-en-Josas. Les chercheurs ont montré que le traitement avec ces deux souches de lactobacilles réduisait l'invasion de la Listeria dans l'intestin de la souris et diminuait sa dissémination dans l'organisme. Ils ont mis en évidence que la compétition pour la nourriture entre les bactéries probiotiques et les bactéries pathogènes est un point clef de l’évolution de la Listeria.

Ces résultats permettent de mieux comprendre l’action des probiotiques dans l’intestin pour à terme éclairer leurs intérêts supposés pour l’homme. Selon Philippe Langella, « il est plus facile de mesurer les bienfaits d’un médicament sur des personnes malades que ceux d’un probiotique sur des personnes en bonne santé. L’effet placebo du 'préventif' est gigantesque ! La science est extrêmement active aujourd’hui pour essayer de démontrer l’effet des probiotiques sur des personnes malades, mais il n’y a jusqu’à présent pas d’études cliniques sérieuses ».

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Eric Oswald, Centre Inserm de Physiopathologie de Toulouse-Purpan
  • Philippe Langella, Unité mixte de recherche Microbiologie de l'alimentation au service de la santé (Micalis)

Probiotiques, côté pile, côté face

La bactérie Escherichia coli Nissle 1917 est un probiotique administré par voie orale dans plusieurs pays européens. ll constitue un traitement thérapeutique alternatif pour les patients atteints de Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI). Des chercheurs de l’Inra de Toulouse ont montré que cette bactérie produit une substance, la colibactine, qui est associée à l’activité anti-inflammation du probiotique mais qui est aussi capable de casser l’ADN des cellules intestinales et d’entraîner leur mort. Cette bactérie probiotique a donc un effet positif sur la diminution de l’inflammation mais aussi des effets secondaires potentiellement néfastes pour le patient. Des travaux publiés très récemment par une équipe américaine confirment d’ailleurs que dans un contexte d’inflammation du côlon chez le rongeur, la colibactine peut conduire au développement du cancer du côlon. « Il faut cependant tempérer, observe Eric Oswald du centre de recherche de Toulouse, le taux de renouvellement des cellules des muqueuses du tube digestif est de 4 jours : la toxicité des bactéries est ainsi assez difficile à évaluer. Mais ces résultats montrent l’importance de mieux mesurer l’action des probiotiques et le rapport bénéfice-risque de leur utilisation à long terme ».

Qu’est-ce qu’un probiotique ?

Un probiotique est un micro-organisme (bactérie ou levure), qui, lorsqu'il est ingéré en quantité suffisante, exerce des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels. Il aide à la digestion des fibres, stimule le système immunitaire et prévient ou traite la diarrhée. Aujourd’hui il existe sur le marché une dizaine de bifidobactéries et une dizaine de lactobacilles présents, vivants ou lyophilisés, dans certains produits alimentaires comme les yaourts, produits laitiers fermentés...

Pour que les probiotiques soient efficaces, il faut qu’ils parviennent vivants et en nombre suffisant dans le tube digestif. A cet endroit, notre microbiote, cocktail d’une centaine de milliards de micro-organismes, nous aide à assimiler les sucres, le lait… Ils synthétisent des vitamines que l’être humain ne pourrait digérer autrement et empêchent également le développement de bactéries potentiellement pathogènes. Les probiotiques, en interagissant avec cette flore intestinale, auraient pour effet de maintenir un équilibre entre ce microbiote bénéfique et ces autres micro-organismes pathogènes.

Qu’est-ce qu’une allégation de santé ?

Par allégation de santé, on entend toute mention utilisée sur les étiquettes, lors de campagnes de marketing ou de publicité, selon laquelle la consommation d’un aliment donné ou d’un de ses ingrédients – tels que, par exemple, vitamines et minéraux, fibres et bactéries « probiotiques » – peut avoir des bienfaits pour la santé. Il existe différents types d’allégations de santé. Par exemple, les affirmations selon lesquelles un aliment peut contribuer à renforcer les défenses naturelles de l’organisme ou améliorer les facultés d’apprentissage sont appelées des allégations fonctionnelles génériques. On trouve également des allégations portant sur la réduction du risque de maladies ou sur la présence de substances susceptibles d’améliorer ou de modifier les fonctions normales de l’organisme, par exemple : « les phytostérols contribuent à la baisse des taux de cholestérol, un facteur de risque dans le développement des maladies coronariennes » ou « le calcium peut contribuer à améliorer la densité osseuse ».

Source : l’autorité européenne de sécurité des aliments