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Vers un vaccin contre l’asthme dû aux acariens

L’asthme d’origine allergique touche environ 10% de la population française, proportion qui ne cesse de grimper. Pour tenter de contrer cette maladie, une équipe de chercheurs met au point un vaccin contre l’allergie aux acariens. Les résultats sur les souris sont très prometteurs.

vaccination. © Inserm, Michel Depardieu
Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 02/05/2017
Publié le 05/10/2015

Qui en souffre, sait à quel point la sensation est désagréable : les poumons qui sifflent à chaque inspiration, le souffle court, la fréquence respiratoire qui augmente, l’impression que l’on va étouffer. Monter trois marches représente alors un effort digne d’un athlète. Sans parler des autres symptômes : les yeux qui piquent et le nez qui coule, les démangeaisons de la peau. L’asthme allergique, causé par les acariens, les pollens, les poils d’animaux et autres allergènes n’a rien d’amusant. Environ 10% de la population française souffre de ce mal qui cause la mort d’environ un millier de personnes par an. Avec la contamination et les environnements de plus en plus stériles, la prévalence de la maladie ne cesse de grimper. Voilà pourquoi, de nombreuses équipes de recherche tentent de trouver des stratégies thérapeutiques ou préventives pour contrer cette maladie.

Les acariens en ligne de mire

Des chercheurs des équipes de l’unité Biopolymères Interactions Assemblages, du centre Inra d'Angers-Nantes et de l’Institut du thorax (Inserm) développent un vaccin contre l’asthme aux acariens. Déjà testé sur des souris, les résultats sont prometteurs. Le principe est le même que pour tous les vaccins : il s’agit d’éduquer nos défenses. En effet, une allergie n’est rien d’autre qu’une réponse exagérée du système immunitaire face à un composé étranger normalement inoffensif. L’idée des chercheurs est d’entraîner le système immunitaire à reconnaître les allergènes avant que la personne qui reçoit le vaccin ne devienne asthmatique. Les défenses ainsi éduquées n’auront plus cette réaction disproportionnée face aux acariens.
Pourquoi se focaliser sur ces minuscules arachnides et non sur les autres agents allergènes ? « Environ 90% des patients souffrant d’asthme allergique sont sensibles aux acariens que l’on trouve dans les matelas, couvertures ou moquettes », explique Grégory Bouchaud, chercheur de l’unité BIA.  Plus spécifiquement, ils sont sensibles à une protéine appelée Der P2. Le vaccin est constitué d’un fragment de cette protéine qui ne provoque pas d’allergie.
Les chercheurs ont vacciné des souris en leur inoculant dans le sang ce fragment. Puis, ils ont essayé de leur provoquer des crises d’asthme en les exposant à la protéine complète. Résultat : le système immunitaire des rongeurs a reconnu Der P2 sans déclencher de réaction inflammatoire au niveau des poumons. Les souris respiraient normalement : elles étaient donc bel et bien vaccinées contre les acariens.
Ces résultats sont certes encourageants, mais avant de reprendre leur souffle, les chercheurs doivent suivre la longue route qui mène d’une telle découverte à la mise sur le marché d’un vaccin. Par ailleurs, ils voudraient voir si ce fragment de protéine peut aussi être utilisé dans un traitement pour les patients déjà asthmatiques. Autre question que se posent les chercheurs : le vaccin contre l’allergie aux acariens protège-t-il aussi contre d’autres allergènes tels que les poils de chat ou le pollen ? Les expériences qui permettront d’y répondre sont en cours.

Asthme et allergie alimentaire

Les chercheurs de l’unité BIA se posent bien d’autres questions. Par exemple, ils veulent comprendre la relation entre l’asthme et les allergies alimentaires. En effet, les enfants allergiques à certains aliments (œufs, blé, lait), en grandissant ont un risque accru de développer un asthme allergique particulièrement aigu. Les chercheurs voudraient mettre en lumière les interactions encore mystérieuses entre l’intestin et les poumons pour savoir comment l’allergie alimentaire aggrave l’allergie respiratoire. Leur but à terme est de trouver une parade contre cet effet de ricochet. Voilà de quoi insuffler de l’espoir à ces 3% de la population française qui souffre de cette double peine !

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L'enfant allergique

Colloque à Nantes (2015)

Visuel colloque L'enfant allergique. Nantes, 6 octobre. © Inra
© Inra

« L'enfant allergique : nouvelles approches médicales, scientifiques, industrielles et sociétales ».

Journée d’information et d’échanges pour diffuser les résultats des deux programmes de recherche « Maitrise allergène nutrition enfant » (MANOE ) et « Réseau allergie respiratoire et alimentaire » (REAL2), auxquels participe l'Inra (unités BIA et PHAN). Objectif : répondre à des questions majeures autour de la tolérance d’une population d’enfants allergiques à des petites doses d’allergènes (arachide, œuf, lait et blé), de la gestion du risque allergène en industrie agroalimentaire, des pratiques et attentes des familles d’enfants allergiques, des mécanismes de passage de l’allergie alimentaire à l’allergie respiratoire (asthme, rhinite) ou encore de la prévention des allergies par les prébiotiques. > En savoir plus sur le site Inra Pays de la Loire