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Bisphénol A : Invisibles empreintes toxiques

Le bisphénol A rentre dans la fabrication de divers plastiques, boîtes de conserve ou canettes métalliques. Un composé chimique potentiellement dangereux pour la santé, en particulier pour les femmes enceintes et les nourrissons.

Biberon. © MAITRE Christophe
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 24/01/2013
Publié le 16/05/2012
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Depuis quelques années, les médias se sont emparés du sujet. Le bisphénol A, un composé utilisé dans de nombreux produits du quotidien perturberait le système hormonal et pourrait engendrer différents troubles de la santé. Depuis le début de l’année, le bisphénol A est interdit dans les contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans. Ce sera en 2015 pour les autres. Quels sont les vrais risques encourus par la population ? Le bisphénol A fait partie de notre quotidien. On le trouve dans le polycarbonate, constituant de plastiques durs, comme les CD et DVD ROM, ou encore les biberons. Ainsi que dans les résines époxy, laques internes de certaines boîtes de conserve et de canettes, ou dans certaines peintures.

« Perturbateur endocrinien »

 « Ce composé mime l'action de l'œstradiol (hormone féminine naturelle). C'est à ce titre ce qu’on appelle un "perturbateur endocrinien", c'est-à-dire qu'il est soupçonné de venir déranger le fonctionnement "normal" du système hormonal », explique Daniel Zalko, chercheur au centre Inra de Toulouse. Les nombreuses études sur le bisphénol A chez l’animal ont montré des effets décelables lorsque l'exposition a lieu durant la période périnatale (pendant le développement dans l'utérus, et lors des premières étapes après la naissance).

« En 2011, nous avons découvert, chez la souris exposée durant son développement, des problèmes liés à la fécondité et de fertilité, qui rappellent (et c'est loin d'être la seule étude à ce sujet), les problèmes observés chez l'homme. Conclure directement à l'implication de composés chimiques comme le bisphénol A dans la survenue d'effets identiques chez l'homme est impossible, précise Daniel Zalko, mais les soupçons sont légitimes. »

Facile à transmettre et à éliminer

Par ailleurs, les chercheurs de l’Inra de Toulouse ont démontré que le bisphénol A, transmissible par voie orale, l’était aussi par voie cutanée, spécialement quand il est présent sous forme libre, pour les papiers thermiques : tickets de caisse, tickets de transports, reçus de banque… « Ceci étant, le bisphénol A n'a rien d'un poison violent, tempère Daniel Zalko. Les données actuelles ne permettent pas de conclure à des effets  chez l'adulte. De plus, il ne s'accumule pas dans l'organisme, et est évacué assez rapidement ». Il convient toutefois, au vu des nombreux résultats publiés, de limiter son exposition.