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CULTURE IN VITRO  de plantules de  MISCANTHUS .. © © INRA, WAQUET Aline

Ressources végétales pour une bioéconomie

Mis à jour le 12/09/2014
Publié le 03/07/2014

Miscanthus, sorgho, taillis à très courte rotation, algues… De nouvelles espèces à conquérir ou des classiques à utiliser autrement, tel est le défi que lance la production de carburants et de biomateriaux issus du carbone renouvelable aux chercheurs de l’Inra.

Sur les 350 000 espèces végétales recensées, environ 7000 espèces végétales sont cultivées pour la consommation, et seules 9 d’entre elles (blé, colza, haricot, manioc, pois, pomme de terre, riz, soja) assurent 75% de l’alimentation ! Des quantités colossales de ressources végétales non valorisables pour l’alimentation humaine pourraient ainsi être mobilisées pour l’énergie, la chimie ou les biomatériaux

Pour Paul Colonna, directeur scientifique adjoint alimentation et bioéconomie à l'Inra : « les recherches travaillent aujourd’hui à créer des technologies qui extraient l’énergie d’une diversité de plantes ; les biotechnologies le peuvent aujourd’hui. Il est ainsi possible de valoriser les parties végétatives de la plante, en particulier les parois des cellules végétales qui sont constituées de cellulose, hémicellulose et lignine. On peut donc faire du carburant avec la plante entière et non plus seulement les graines, comme la graine de colza, les grains de blé ou de maïs ». On va ainsi pouvoir extraire de l’énergie ou du carbone renouvelable à partir de sources de biomasse diversifiée : résidus de récolte comme la paille, ressources forestières, résidus urbains voire plantes dédiées. L’Inra explore aussi de nouvelles espèces végétales comme le genre miscanthus et le switchgrass, le Jatropha curcas L. le jojoba, le genre cuphea, le crambe, la guayule ou le pissenlit russe. On cherche le candidat idéal, la plante très productive, non comestible et poussant dans des milieux difficiles non utilisables pour l’alimentation humaine, comme des sols pollués ou des terres salines. « La surface limitée des terres que l’on peut cultiver conduit à rechercher des plantes susceptibles de croître sur des sols pollués ou non adaptés à l’agriculture alimentaire » explique Herman Höfte, directeur du projet de recherche « Biomass for the future ».

On améliore également, pour les variétés cultivées dont on connaît le métabolisme sur le bout des doigts, le blé, le sorgho, le maïs…, leurs capacités à produire, non plus seulement des graines mais aussi des tiges ou des feuilles. Algues, résidus de la pêche et de la pisciculture sont aussi de bons candidats pour fournir de la biomasse ou des carburants verts.

Contact(s)
Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes
Unité(s) associée(s) :
Institut Jean-Pierre Bourgin

En savoir plus

Biomass for the future

Le projet Biomass For the Future piloté par l’Inra a pour ambition de construire une filière de production et d'utilisation industrielle de la biomasse de miscanthus, de maïs et de sorgho. Il vise à créer de nouvelles variétés et des systèmes de culture ayant un faible impact environnemental et une composition adaptée aux applications industrielles. Le projet va jusqu’à organiser les filières au niveau local pour les secteurs des biomatériaux et des bioénergies avec la participation des industriels et des régions concernées. 24 partenaires (9 laboratoires publics, 1 institut technique, 12 PME et grands groupes dans les domaines de la biotechnologie, de l'agronomie, des semences, des composites et des matériaux de construction ainsi que 2 Communautés d'Agglomération) sont investis dans ce projet débuté en 2012.