• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Colza, un bon coût de jaune

Des progrès restent à accomplir dans les méthodes d’extraction de l’huile et le choix des variétés de colza pour exploiter complètement les ressources de cette plante. Il faut mieux connaître son génome pour améliorer son rendement en huile tout en respectant l’environnement. Des enjeux essentiels pour élaborer un biodiesel moins cher et de qualité.

Colza hybride Synergy (coobtention INRA SERASEM). © WEBER Jean
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 24/01/2013

Deuxième producteur européen de colza, la France mise particulièrement sur cette filière qui permet non seulement de produire de l’huile à usage alimentaire, mais aussi d’élaborer du biodiesel (ou diester) aujourd’hui mélangé au gazole. Cet usage a vocation à s’accroître devant la nécessité de diminuer progressivement la consommation de carburants fossiles, pétrole en tête. Mais des progrès restent à accomplir dans les méthodes d’extraction de l’huile et le choix des variétés de colza pour exploiter complètement les ressources de cette plante. En effet, l’extraction de l’huile des graines de colza nécessite actuellement leur cuisson puis un pressage, complétés par une extraction de l’huile restante dans le tourteau (reste de la graine) avec un solvant. Ensuite une « désolvantation » est nécessaire, procédé gourmand en énergie. D’autre part, le colza est une culture très exigeante en intrants, notamment en intrants azotés qui représentent près de 2/3 des dépenses énergétiques de la culture, et impactent fortement l’environnement (lessivage et émission de gaz à effet de serre).

Du bio émane Rapsodyn

Ces problématiques sont au cœur des recherches de l’Inra depuis une dizaine d’années. A travers les programmes passés Genobodies, Genergy et l’actuel et ambitieux projet baptisé Rapsodyn, les chercheurs entendent décrypter tous les secrets du colza.
Pour développer des méthodes d’extraction plus douces et plus efficaces, il fallait d’abord comprendre la manière dont le stockage de lipides était assuré dans la graine de colza. « On savait que l’huile était présente dans des petites boules appelées oléosomes, raconte Thierry Chardot directeur de recherche à l’Inra. Mais on pensait jusqu’ici qu’elles n’étaient que des sacs de lipides inertes. Nos recherches ont montré le contraire : la structure des oléosomes est complexe et évolue au gré de la croissance de la graine ». Ils ont également découvert que les oléosines, protéines présentes sur l’enveloppe des oléosomes, pouvaient notamment augmenter la stabilité des lipides contenus dans l’oléosome, rendant ainsi plus difficile l’extraction de l’huile. Une fois ces informations connues, il est possible de créer des mutations d’oléosines pour savoir ce qui, dans leur composition, joue sur l’extractibilité des lipides.

Plus d’huile et moins d’azote

Aujourd’hui, les recherches se poursuivent sur une autre problématique du colza : l'amélioration de son rendement en conditions de cultures bas intrants azotés. En mobilisant des méthodes innovantes, comme les nouvelles technologies de séquençage et de génotypage haut débit, pour caractériser au mieux les ressources génétiques disponibles, les chercheurs visent à établir une véritable carte d’identité du colza pour pouvoir ensuite créer des variétés riches en huile, mais peu consommatrices d’intrants. « En d’autres termes, l’objectif est d’apporter la bonne dose d’azote sur la bonne variété de colza au bon moment, pour assurer un rendement optimisé sur le plan agronomique, environnemental et économique », explique Nathalie Nesi, chargée de recherche à l’Inra de Rennes, et coordinatrice du programme Rapsodyn.