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Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs. dossier grand public. © Inra, Christian Slagmulder

Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs

Le fonctionnement des exploitations en circuit court

Les circuits courts se diversifient. Consommateurs et producteurs agissent pour multiplier les formes d’approvisionnement alimentaire. Mais si la vente en directe ou via un intermédiaire peut favoriser le développement, l’essor, ou permettre la survie des exploitations, ces modes de distribution sont aussi sources de contraintes.

Par Philippe Fontaine
Mis à jour le 21/12/2016
Publié le 29/11/2016

Signalétique d'information de la tenue d'un marché bio aux jardins familiaux de Quetigny.. © Inra, Christian Slagmulder
Signalétique d'information de la tenue d'un marché bio aux jardins familiaux de Quetigny. © Inra, Christian Slagmulder

L’Inra a identifié une vingtaine de formes de circuits courts alimentaires, qui se répartissent en deux catégories. D’une part, celles où le producteur distribue lui-même ses produits auprès des consommateurs, de l’autre celles où un intermédiaire, et un seul, se charge de la distribution des produits, éventuellement après leur transformation. Pour les exploitants, la vente directe, notamment à la ferme ou sur les marchés  présente plusieurs avantages. D’abord, cela leur apporte un complément de trésorerie, qui peut représenter une vraie bouffée d’oxygène pour certains. Notamment parce que ce sont eux qui fixent le prix des produits, au contraire des filières traditionnelles qui les leur imposent. Ensuite, la vente directe permet de maintenir, ou de renouer un lien social avec le consommateur, et de redonner du sens à leur activité d'élevage. Même si la mise en marché des produits nécessite un goût pour la relation client et des compétences que certains producteurs n’ont pas et /ou ne souhaitent pas acquérir.

Les circuits courts ne cessent d’innover

Malgré tout, soucieux de s’affranchir, au moins partiellement des contraintes qu’imposent les circuits traditionnels, les producteurs inventent de nouveaux moyens de vendre leurs produits pour recouvrer une forme d’indépendance. Apparues il y a 15 ans, les Amap s’inscrivent dans ce processus. Ici, un groupe de consommateurs s’engage à payer par avance la production de l’agriculteur qui, en échange, leur fournit régulièrement un panier de produits frais et respectant l’environnement. Mais cette forme de distribution, qui oblige les maraîchers à cultiver plusieurs dizaines de produits simultanément, exige de solides connaissances et une expérience que ne possèdent pas les nouveaux installés. Et les consommateurs doivent se rendre disponibles pour aller chercher leur panier. D’autres solutions existent, moins contraignantes, à commencer par les points de vente collectifs. Ces espaces permettent à chacun des producteurs associés de valoriser un nombre plus réduit de produits, le plus généralement issus d’une agriculture durable, sinon biologique. Et les consommateurs peuvent s’y rendre quand ils veulent, avec la garantie d’avoir toujours un producteur présent dans le magasin et une diversité de produits grâce au regroupement des offres de chacun. Citons aussi La Ruche qui dit Oui !, une plateforme d’e-commerce qui met en contact les consommateurs et les producteurs locaux, déchargeant ces derniers de la gestion des commandes et sans que les consommateurs aient à s’engager. Malgré tout, les études récentes menées par l’Inra montrent que l’implication dans les circuits courts entraîne une complexification de l’exploitation et, très fréquemment, une augmentation de la charge de travail.
Notamment parce que la gamme de produits proposés en circuit court est souvent plus large qu’en circuit long. Contrepartie favorable pour le territoire mais aussi pour la transmission des savoir-faire, le surplus de travail peut inciter les petites structures à recourir à l’emploi d’un salarié ou à former des jeunes : les circuits courts créent jusqu’à deux fois plus d’emplois pour un chiffre d’affaires équivalent.

Faciliter l’accès des petits producteurs à la restauration collective

Autre débouché encourageant pour les exploitants en circuits courts, la restauration collective. Mais pour de nombreux petits producteurs, qui dégagent de faibles volumes ou qui manquent de temps ou de moyens logistiques, il est difficile de s’insérer dans ces circuits. Mais là encore, les choses évoluent. Des plateformes d’approvisionnement collectives voient le jour sur l’ensemble du territoire. A l’instar de la SCIC Terroirs Ariège Pyrénées, dont les performances font l’objet d’une étude impliquant l’Inra. Ici, les agriculteurs apportent leurs produits qui sont conditionnés puis dispatchés entre les différents centres de restauration collective. Ailleurs, ce sont les producteurs qui se relaient pour assurer cette mission, permettant à tous de profiter de ce marché immense : la restauration collective, c’est trois milliards de repas par an, en France !

Marché provençal à Le Muy (Var). © Inra, Christan Slagmulder

Circuits agroalimentaires : le local plus durable que le global ?

Vaut-il mieux consommer local, global, ou au contraire combiner les circuits d’approvisionnement ? Durant trois ans, le projet européen Glamur a comparé les filières alimentaires de onze pays dont la France, afin de mesurer leurs impacts au niveau social, environnemental, économique, éthique et en termes de santé. Les résultats de l’étude, dévoilés en mai dernier, montrent que les circuits courts se révèlent plus performants pour le bien-être animal, le développement de relations sociales locales ou encore la préservation des ressources. En revanche, les circuits longs semblent plus satisfaisants sur les questions de la sécurité sanitaire, de l’accessibilité économique ou des conditions de travail. Mais surtout, l’étude démontre que la combinaison des différents circuits peut conduire à davantage de durabilité.

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