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Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs. dossier grand public. © Inra, Christian Slagmulder

Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs

L’Inra accompagne le développement des circuits courts

Depuis sa création en 1946, l’Inra s’est efforcé de travailler en partenariat avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Mais aujourd’hui, à travers les circuits courts en particulier, le lien se fait plus fort et plus ouvert. C’est ensemble et avec les citoyens qu’ils définissent les questions à étudier, élaborent les protocoles de recherche, produisent des connaissances scientifiques et des outils pour l’action.

Par Philippe Fontaine
Mis à jour le 21/12/2016
Publié le 30/11/2016

Agricultrice en discussion avec une enquêtrice de l'Inra devant sa ferme où elle pratique la vente directe de ses fromages fermiers  "tome des Bauges AOC" (Massif des Bauges, Savoie).. © Inra, Michel Meuret
Agricultrice en discussion avec une enquêtrice de l'Inra devant sa ferme où elle pratique la vente directe de ses fromages fermiers "tome des Bauges AOC" (Massif des Bauges, Savoie). © Inra, Michel Meuret

Les circuits courts progressent d’année en année, portés à la fois par les consommateurs et les producteurs. L’Inra, loin d’être spectateur de cette évolution, multiplie les recherches pour accompagner les acteurs impliqués dans leur développement. Le programme PSDR 4 (Pour et Sur le Développement Régional) témoigne de cette implication. Cofinancé par l’Inra, il comprend 33 projets de recherche qui impliquent plusieurs disciplines, et notamment des collaborations entre sciences sociales et sciences du vivant, pour une vision complémentaire des problématiques. En outre, les projets associent les chercheurs et les acteurs de terrain (chambres d’agriculture, collectivités locales, associations de développement …). Et surtout, ils se concrétisent par la production d’outils à destination des acteurs, que ce soit des cahiers techniques, des logiciels d’optimisation des pratiques agricoles ou dans la formation professionnelle. Comme la précédente, la campagne PSDR 4 (2016-2020) comporte plusieurs projets de recherche qui se consacrent aux circuits courts. Par exemple, le projet Frugal va analyser les dispositifs de gouvernance alimentaire des métropoles du Grand ouest et de la région Rhône-Alpes. Quant au projet Perfecto, il vise à concevoir un outil d’évaluation de la performance des circuits courts en Aquitaine, à l’échelle des territoires en particulier.

Au plus près des acteurs de terrain

Cette volonté d’associer chercheurs et acteurs, dans une démarche partenariale, est une préoccupation majeure de l’Inra. Elle se manifeste aussi bien dans le cadre des projets nationaux, voire européens, qu’à l’échelle du territoire, et même d’une exploitation, si le besoin s’en ressent. Il peut s’agir par exemple de développer un micro-moulin conçu pour la mouture de petites quantités de céréales. Ou de modifier une machine à pâtes à la demande d’un paysan-pastier qui souhaite fabriquer des variétés mixtes à base de farine de blés et de légumineuses… Un sacré défi, soit-dit en passant, que les chercheurs ont relevé avec succès. Mais le lien entre l’Inra et les acteurs va parfois plus loin. Par exemple, dans le cadre de la sélection participative, les agriculteurs travaillent main dans la main avec les scientifiques de différentes disciplines pour à la fois développer des variétés adaptées à leurs besoins et produire de nouvelles connaissances sur l’innovation variétale. Cette collaboration a par exemple conduit à l’obtention des deux premières variétés de blé dur françaises destinées à l’agriculture biologique et à des variétés-populations adaptées à des terroirs spécifiques.   

Apporter des réponses aux questions futures

On le voit, l’Inra s’efforce d’apporter des réponses concrètes aux questions des acteurs. Voire d’anticiper les besoins. Le Réseau mixte technologique « Alimentation locale », co-animé par le département Sciences pour l’action et le développement de l’Inra, est un des lieux clés pour construire la rencontre autour des circuits courts. Plus largement, les modèles émergents de production et consommation, sous l'influence des acteurs urbains en particulier, sont un des domaines sur lesquels l'Inra souhaite accentuer ses efforts d’innovation et de partenariat. Un groupe de travail rassemblant des représentants de plusieurs départements de l’Inra se met en place autour de la thématique "Agriculture et alimentation en ville". Il va s’attacher à définir comment les recherches de l’Inra peuvent mener à des innovations qui répondent aux demandes des acteurs socio-économiques et aux besoins des citoyens. Le rôle et l’impact des circuits courts seront bien entendu étudiés. Et là encore, la recherche participative va être privilégiée, puisque les acteurs de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs, les acteurs des politiques territoriales et ceux du développement urbain seront impliqués dans la réflexion.
 

Recherche participative : pour des filières blé dur bio dynamiques

Reportage vidéo Sélection participative blé durs bios. © Inra, Maya Press
© Inra, Maya Press
La production française de blé dur biologique utilisé pour la fabrication des pâtes est limitée par le manque de variétés adaptées alors que la demande ne cesse de croitre. Pour lever les freins de cette production exigeante, des agriculteurs, collecteurs, transformateurs, consommateurs et chercheurs de l’Inra se sont réunis autour d’un programme de sélection participative. Ensemble, ils sont parvenus à obtenir les premières variétés de blé dur biologique répondant aux attentes des industriels semouliers tout en étant adaptées aux besoins de la filière artisanale en circuit court. Ces variétés sont largement utilisées par les artisans pastiers bio, dont les clients apprécient la faible teneur en gluten des pâtes qui en sont issues.

> Voir le reportage vidéo

La Mie’nutie : la baguette de blé dur au cœur tendre

Baguette Mie'nutie. © Inra
Baguette Mie'nutie © Inra
Obtenir une baguette croustillante à la mie bien alvéolée, à partir de 5 variétés de farine de blé dur, cela semblait impossible ! Et pour cause, le grain est si dur qu’il est très difficile de le broyer en une farine fine. Pour y parvenir, la plateforme « Fractionnement des céréales » de l’Inra a associé différentes variétés de blé dur produites localement en Languedoc-Roussillon, à des techniques de broyage et de séparation variées, jusqu’à obtenir une mouture compatible avec la fabrication de baguette. Puis, elle a défini un procédé de fabrication transposable à l’échelle industrielle. Désormais commercialisée dans les boulangeries artisanales de la région sous la marque Mie’nutie, elle suscite un engouement croissant des consommateurs qui apprécient son goût mais aussi sa durée de conservation, supérieure à celle de la baguette traditionnelle.> Lire la suite