A travers cet ouvrage, deux sociologues livrent une analyse de la modernité sur la question paysanne. Ils y décortiquent le développement du capitalisme aux dépens du monde paysan  - plus de 60% de la population avant 14-18, à peine 3% aujourd’hui - et l’emprise grandissante de la technique puis des technosciences.. © Inra

Le Sacrifice des paysans

A travers cet ouvrage, deux sociologues livrent une analyse de la modernité sur la question paysanne. Ils y décortiquent le développement du capitalisme aux dépens du monde paysan - plus de 60 % de la population avant 14-18, à peine 3 % aujourd’hui - et l’emprise grandissante de la technique puis des technosciences.

Mis à jour le 09/02/2017
Publié le 03/02/2017

L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines

Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage montre de quelle manière en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie.

L'époque est aujourd'hui aux fermes-usines et aux usines que l'on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience. 

Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique dans lequel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années. Les « Trente Glorieuses » d’après-guerre ont préparé ce que les auteurs qualifient de  « Quarante Honteuses » traversées par de multiples crises. 

Toutes ces raisons ont empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse…   

 

Le Sacrifice des paysans

Une catastrophe sociale et anthropologique 

Éditions L’Échappée - 336 pages, 2016 - 19 euros 

 

Pierre Bitoun est sociologue à l’Inra, dans l’unité Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoire (Inra, AgroParisTech). Il mène également un travail de recherche sur les citoyens-consommateurs des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). 

Yves Dupont a été chercheur à l’Inra-Paris, maître de conférences puis professeur de socio-anthropologie à l’université de Caen, professeur émérite et membre du conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique (Criigen).