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Citicks espère que les Français se piquent à la collecte de tiques

Les sciences participatives associent citoyens et chercheurs et permettent notamment d’accélérer l’acquisition des connaissances. Dans le cadre du projet Citicks, plusieurs équipes de scientifiques menées par l’Inra font appel aux volontaires qui souhaitent participer à l’effort de recherche dans la lutte contre les tiques et les maladies qu’elles transmettent. Interview de Jean-François Cosson, spécialiste de l’écologie des maladies infectieuses à l’Inra de Jouy-en-Josas et coordinateur du projet.

Collecte de tiques, équipe CEFS © Ch. Maître
Mis à jour le 27/02/2017
Publié le 26/02/2017

Quel est l’objectif du projet Citicks ?

Portrait Jean-François Cosson. © Inra
© Inra
Jean-François Cosson :
Nous espérons rassembler une masse importante d’informations sur les tiques à l’échelle du territoire. On en sait vraiment encore trop peu sur ces parasites et les agents infectieux qu’ils transportent. Les participants au projet vont jouer un rôle décisif dans l’avancée des connaissances scientifiques en nous signalant leurs piqûres et en échantillonnant les tiques.

Peut-on se faire piquer en hiver et en été alors qu’il est admis que les périodes propices sont le printemps et l’automne ? Y a-t-il des heures où les tiques sont plus actives et piquent davantage ? Est-ce qu’on se fait plutôt piquer dans les forêts, dans les parcs urbains ou dans nos jardins ? Quels sont les agents pathogènes les plus présents chez les tiques ? Dans quelle région ?… Au final, il s’agit pour chacun de mieux se protéger des risques de contamination par les tiques.

Comment comptez-vous impliquer le citoyen lambda ?

J.-F. C. : Nous allons développer une application smartphone qui permettra à qui veut de prendre part à une collecte d’information sans précédent. Il suffira que ces  personnes indiquent où et quand elles ou leur animal domestique ont été piquées par une tique. Les informations seront intégrées à une base de données et la cartographie des piqûres pourra être consultée. Nous espérons avoir le même succès que nos collègues suisses. En 18 mois, ils ont obtenu près de 7 000 déclarations de piqûres de tiques et l’application a été téléchargée plus de 10 000 fois ! Nous lancerons également une collecte massive des tiques elles-mêmes avec des consignes précises pour faire parvenir les petites bêtes aux équipes scientifiques.

Notre équipe proposera également aux volontaires de co-construire le projet scientifique avec nous. Pour cela, nous avons programmé des stages de recherche. Membres d’associations de malades, naturalistes, chasseurs, randonneurs, étudiants, professionnels de santé, de la forêt ou de l’agriculture… chacun pourra s’immerger dans un laboratoire de recherche pour apprendre à reconnaître les espèces de tiques et analyser leur contenu en agents infectieux. Ce sera pour nous un moyen de transmettre notre passion pour la science, faire comprendre comment les recherches se construisent. Et inversement, nous aurons beaucoup à apprendre des citoyens qui pourront nous apporter des idées nouvelles. Notre équipe a proposé de créer un lieu pour ces échanges et ces stages dans un laboratoire du réseau « Tous Chercheurs » près de Nancy, une sorte de « QG » pour le projet Citicks (en partenariat avec l’Inra de Nancy-Lorraine, le Laboratoire d’Excellence Arbre et l’Université de Lorraine). Nous espérons que le dispositif sera prêt à la fin de cette année pour que les citoyens puissent à leur tour entrer en jeu.

En quoi ce projet peut-il aider à rapprocher citoyens et scientifiques ?

J.-F. C. : On est actuellement dans un moment de tension extrême entre les malades de Lyme et le monde scientifique. Il y a perte de confiance des citoyens envers le monde médical et inversement, incompréhension du corps médical vis-à-vis de la peur des gens. Pour gagner du terrain sur la maladie, il faut rétablir le dialogue entre tous ces acteurs, permettre aux gens de travailler ensemble et d’échanger; c’est ce qui permet de faire avancer la science. Le mouvement des sciences participatives, ou sciences citoyennes, prend ici tout son sens. Au-delà des besoins en connaissances nouvelles, l’un des objectifs de Citicks est de permettre aux chercheurs et aux citoyens d’apprendre les uns des autres et de faire tomber les préjugés.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Santé animale, Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

Vous souhaitez participer au projet Citicks ?

Plus  d’infos :

jean-francois.cosson@inra.fr ; pascale.frey-klett@inra.fr

Rejoignez Citicks sur twitter ! @ci_ticks