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couverture livre elever et tuer des animaux. © PUF

Elever et tuer des animaux

Est-il possible d’élever des animaux, puis leur donner la mort pour en consommer les produits ? Pour Sébastien Mouret, sociologue à l’Inra, la réponse est clairement « oui » ! Il l’explique dans sa thèse, publiée sous forme d'ouvrage (prix Le Monde de la recherche universitaire en 2011).

Publié le 11/04/2012

Ne plus manger de la viande ou des fromages ? L’ éleveur fait naître des animaux,...le consommateur mange leurs produits, se vêt de cuir ou de laine, utilise des poils et des plumes pour son confort. Entre les deux moments, il y a la « mort animale », soit prématurément, soit en fin de vie. Sur la planète, certains animaux ont une vie douce et protégée, d’autres sont maltraités ; mais ce sont toujours des vies de relation et de travail partagés avec l'Homme.

L’animal d’élevage, en-jeu

Les mouvements de défense des causes animales, ainsi que ceux qui refusent l’idée d’élevages industriels pour produire de la viande, du lait, des oeufs...posent des questions fondamentales. Mais elles s’appuient souvent sur l’idéalisation des rapports entre les hommes et les animaux, prenant image sur l’échange avec l’animal de compagnie. L'entrée dans ce sujet confronte l’humain à sa propre mort, entre évitement ou acceptation, et là est la difficulté de conduire les réflexions.

Ce travail de sociologie entraîne dans un espace à re-construire autour de la question de la mort animale : elle est pensée dans l’intimité, et certains refusent de manger de la viande ; elle est entrevue par l’écran médiatique, et c’est violent...évidemment ; sa réalité est cachée pour la plupart d’entre nous. Plongeant au cœur de la complexité et de la confusion des ressentis, l’auteur ouvre la fenêtre : il est possible d’envisager la vie des animaux de ferme « autrement », en considérant mieux le travail commun fourni par l’homme ET l’animal, « avec » l’animal.

D’amour et de respect, mais pas toujours

Comme le disent les premiers mots de la préface : « Ce livre n’est pas un argumentaire pour personnes pressées qui voudraient ensuite croiser le fer : pour ou contre la libération animale ? ».  Après une courte introduction en forme de parodie de « Soleil vert », il s’agit d’envisager plusieurs angles à la réflexion actuelle : la souffrance des animaux, l’engagement moral de les tuer, les excès d’un élevage sans éthique envers l’animal, la banalisation de la violence.

Une bibliographie claire et copieuse permet d’approcher l’ampleur des difficultés à soutenir les débats, car ce sont plusieurs décennies de publications qui traitent de la condition et de la souffrance animales. En essayant de rester sur le fil du rasoir tout en abordant clairement les conditions de l’élevage, l’auteur apporte ici « du grain à moudre » à ceux qui refusent l'élevage, comme à ceux qui respectent l'animal avant l'abattoir.

Ce livre est publié à la suite de la thèse que Sébastien Mouret a soutenue en 2009. Pour ce travail, il avait reçu le prix "Le Monde de la recherche universitaire" et la possibilité d’éditer aux Presses Universitaires de France.

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"Elever et tuer des animaux"

Sébastien Mouret est sociologue à l'Unité mixte de recherche Innovation-Montpellier.

PUF/Presses Universitaires de France - Collection « Partage du savoir » - 2012, 212 pages, 23 €.

Voir le sommaire sur le site de l'éditeur.