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Marché alimentaire à Udaipur, Rajasthan,  INDE . © LE BASTARD Rémi

Nourrir les hommes durablement

Supermarché. © MAITRE Christophe

Un couple jette 150 kilos de nourriture par an

On estime que près d’un tiers de la production destinée à l’alimentation humaine est perdu ou gaspillé au niveau mondial. Cela implique de revoir les systèmes alimentaires et de promouvoir ceux qui sont plus économes en énergie, respectueux de l’environnement et justes sur le plan social pour toute la chaîne de production et de commercialisation au Nord.

Mis à jour le 06/02/2013
Publié le 28/01/2013

Intervention de Sylvie Colleu, Adjointe au directeur scientifique agriculture, Inra, sur Pertes et gaspillages à la distribution et à la consommation finale : faits et solutions (La sécurité alimentaire mondiale comme objectif, Salon international de l’agriculture 2011)

Dans les pays du Nord, les pertes et les gaspillages alimentaires sont considérables, 27 % par exemple aux Etats-Unis en 1995. Ils se produisent majoritairement aux stades de la distribution, de la restauration collective et dans les foyers ; Cette nourriture ainsi perdue aurait pu servir à nourrir des hommes, constat d’autant plus grave dans un contexte d’augmentation de la population mondiale. De plus, c’est un gaspillage des ressources qui ont servi à produire l’aliment : eau, énergie, sol, intrants, travail, etc. C’est aussi une source de pollution inutile et cela représente un coût non négligeable d’évacuation et de traitement des déchets ainsi générés. La répartition aux différents stades de ces pertes et gaspillages a été évaluée pour l’Union européenne : arrivent en tête les foyers (70 %), puis la restauration hors-foyer (23%), et enfin la distribution (7%). En poids d’aliments, ces pourcentages représentent respectivement 76, 25 et 8 kilogrammes par an et par personne.

Un tri sélectif des déchets alimentaires

Les distributeurs sont confrontés à une difficulté d’ajustement entre l’offre et la demande ; la gestion des produits frais est tout particulièrement délicate. Des quantités sont ainsi jetées chaque jour, une partie pour des raisons difficilement évitables (fruits pourris, emballages déchirés), une autre partie qui aurait pu être consommée si la gestion avait été plus rigoureuse. Devant l’accroissement des volumes de déchets produits par les sociétés modernes, les réglementations visant à les réduire se durcissent. Une Directive européenne déjà ancienne (1999/31/CE) prévoit la réduction de la mise en décharge des produits biodégradables comme les déchets alimentaires. Cela incite la mise en place progressive d’un tri sélectif adapté à ces déchets, aussi bien au niveau des industriels que des ménages.

Ne pas gacher, ne pas trop manger

L’étude des pertes et des gaspillages soulève plusieurs questions. Comment éviter que les dates limites de consommation et les règles d’hygiène en restauration collective qui protègent le consommateur ne provoquent trop de pertes ? Comment améliorer la conservation des aliments par des emballages protecteurs sans augmenter la production de déchets plastiques ? Faut-il finir son assiette au risque de manger trop ? Comment sensibiliser les ménages au tri sélectif des déchets organiques ? Autant de pistes de recherche à explorer dans le cadre de travaux intégrés et pluridisciplinaires.