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Marché alimentaire à Udaipur, Rajasthan,  INDE . © LE BASTARD Rémi

Nourrir les hommes durablement

Pertes et gaspillages

Au Nord comme au Sud, les pertes alimentaires représentent un tiers de la production agricole mondiale. Généré, dans les Suds au cours du transport et du stockage après la récolte et au Nord lors de la distribution et de la consommation, le gaspillage est aujourd’hui au cœur des préoccupations sur la sécurité alimentaire.

Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 17/01/2013

Entre pays du Nord et pays du Sud, caractérisés par des contextes et des systèmes alimentaires très contrastés, les pertes et gaspillages ne se situent pas aux mêmes stades de la chaîne alimentaire. © MADZAK Catherine
Entre pays du Nord et pays du Sud, caractérisés par des contextes et des systèmes alimentaires très contrastés, les pertes et gaspillages ne se situent pas aux mêmes stades de la chaîne alimentaire. © MADZAK Catherine
Des inégalités alimentaires entre pays du Nord et pays du Sud

Près d’un tiers de la production destinée à l’alimentation humaine est perdu ou gaspillé au niveau mondial ! Plus de la moitié des calories initiales produites n’ont pas été consommées ! Les pertes alimentaires sont désormais au cœur des débats sur la sécurité alimentaire dans le monde. Réduire ces pertes diminuent les pressions sur les ressources de production (eau, énergie, sol…) « Entre pays du Nord et pays du Sud, caractérisés par des contextes et des systèmes alimentaires très contrastés, les pertes et gaspillages ne se situent pas aux mêmes stades de la chaîne alimentaire. Si dans les pays du Nord ils surviennent principalement au niveau de la distribution et de la consommation, incluant la restauration domestique et hors foyer, dans les pays des Suds c’est tout le contraire. Ils sont générés surtout aux premiers stades après la récolte, au cours du stockage et du transport des denrées et des premières opérations de transformation : c’est ce que l’on appelle les "pertes post-récolte" », explique Barbara Redlingshöfer de l’Inra, qui a contribué à la prospective Inra-Cirad duALIne.

Ce sont 120-170 kg par personne et par an, dont 6-11 kg par les consommateurs eux-mêmes qui sont gaspillés dans les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du sud et du sud-est. Dans ces pays, les pertes relèvent, selon la chercheure du registre du "subi" : « les réduire nécessite des investissements publics et privés pour moderniser les équipements techniques et pour diffuser des savoir-faire adaptés. Le phénomène des pertes alimentaires est bien connu en zone rurale, mais assez peu dans les villes où des circuits de commercialisation se développent dans un contexte d’urbanisation rapide ».

Un problème profond au cœur des préoccupations

Le gaspillage est beaucoup plus important dans les pays d’Europe et d’Amérique du nord malgré de meilleures infrastructures : 208-300 kg par personne et par an de nourriture sont gaspillés, dont 95-115 kg par les consommateurs eux-mêmes après l’achat ! Pour les pays du Nord, ce « gaspillage », après récolte  est surtout dû aux comportements des consommateurs et des distributeurs qui appliquent les standards des systèmes alimentaires modernes : une réglementation sanitaire rigoureuse, des normes de qualité très élevées et un accès facile aux denrées alimentaires. « Parfois, jeter est la solution la plus rentable, observe Barbara Redlingshöfer, face à un coût de main-d’œuvre important pour déballer et ré-étiqueter des produits à emballage défectueux. De façon générale, les quantités jetées sont sous-estimées. Ni les distributeurs, ni les ménages ne perçoivent leur ampleur dans le processus de gaspillage. Gaspiller est un marqueur de notre société de consommation et traverse toutes les classes sociales ».

Origines et localisation des pertes et gaspillages

A tous les stades du système alimentaire, des pertes quantitatives et qualitatives sont possibles pour de nombreuses raisons :
Les bactéries, levures, moisissures, insectes et rongeurs peuvent dégrader les produits pendant la récolte, le stockage, le transport et en raison d’emballages défaillants ou inadaptés.
La température, lumière, oxygène, humidité, sécheresse ou les enzymes naturels réduisent la durée de conservation des produits tout au long de la chaîne alimentaire.
Au-delà de ces facteurs biologiques et physiques, l’état des équipements, des infrastructures routières et de stockage, le contexte économique, les normes d’hygiène et enfin les modes de vie modernes des ménages entraînent des pertes et gaspillages.