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Moyen de transport chargé au maximum , Rajasthan, Inde. © LE BASTARD Rémi

A pertes de vue

Les pertes sont désormais au cœur des débats sur la sécurité alimentaire dans un monde où l’on s’attend à une augmentation de la population humaine à 9 milliards d’ici 2050. Elles sont aussi un enjeu pour réduire les pressions sur les ressources de production (eau, énergie, sol…). Les limiter reste une bataille quotidienne pour les agriculteurs, et notamment pour les millions de paysans dans les pays du Sud.

Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 28/01/2013

Intervention de Barbara Redlingshöfer, ingénieur d’étude au sein de la Mission d’anticipation recherche/société et développement durable à l’Inra. elle nous éclaire sur les enjeux de recherche actuels (La sécurité alimentaire mondiale comme objectif, Salon international de l’agriculture 2011)

Dans les pays des Sud, les pertes alimentaires surviennent surtout après la récolte, au cours des premières manipulations de transformation, de stockage et de transports (pertes post-récolte). On distingue les causes directes des éléments de contexte responsables des pertes :

Causes directes entraînant une perte de quantité et/ou de qualité :

Accidentelles, dues à la manipulation des outillages, dégâts causés par des oiseaux, des rongeurs et des insectes et leurs traces (présence de plumes, poils, excréments), conditions physiques (chaleur, froid, humidité), dégâts causés par des microorganismes (mycotoxines), respiration et transpiration des produits.

Causes liées au contexte dont :

Compétences techniques inadéquates (récolte, emballage, toutes manipulations) ; manque d’outillage adéquat ; manque d’équipements de stockage à la ferme et central, et notamment en stockage au froid, de récipients de transport, d’emballages ; manque d’équipement de séchage ; moyens de transport inadéquats, infrastructure routière et de ponts insuffisante ou en mauvais état ; standards réglementaires de qualité (calibres, normes sanitaires…), situation du marché défavorable (manque de transparence, niveau de prix bas).

L’ampleur des pertes :

Pour les céréales, le riz en particulier, les études s’accordent pour estimer un taux de pertes globales d’environ 15 % (Grolleaud, 2002 ; Liang et al., 1993), avec une variabilité importante entre pays, zones climatiques et procédés. Pour les produits périssables, les pertes seraient comprises entre 15 et 50 %, voire au-dessus pour les fruits fragiles. Les solutions techniques restent à trouver dans les domaines dela transformation et du stockage, du conditionnement et de l’organisation des circuits de commercialisation. Outre les questions techniques de filière, il y a un grand besoin de développer l’infrastructure routière rurale pour accéder aux marchés. Il faut aussi créer des conditions économiques et politiques pour développer un commerce agricole dynamique.