Course contre la montre pour une alimentation mondiale durable

La planète qui réchauffe, les cultures qui en pâtissent, la démographie qui galope, le régime alimentaire inégalitaire entre ceux qui mangent beaucoup trop et ceux qui n’ont pas assez…. Alimenter durablement en 2050 une planète de 9 milliards sera l’enjeu majeur du siècle.

Marché traditionnel flottant thaillandais où l'on trouve fruits, légumes et plats cuisinés à consommer sur place.. © © INRA, LE BASTARD Chloé
Par Cécile Poulain
Mis à jour le 26/11/2015
Publié le 21/03/2014

« Dans moins de trente ans nous devrons nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains ! C’est une véritable course contre la montre qui se joue aujourd’hui sous nos yeux pour accéder au plus vite à un système alimentaire mondiale durable. C’est l’enjeu majeur du siècle car l’alimentation risque d’en être bouleversée !» explique Alban Thomas, directeur de recherche au laboratoire d’économie des ressources naturelles à l’Inra. Nourrir autant de monde dans un climat de plus en plus incertain, c’est possible, pronostiquent économistes, agronomes, nutritionnistes, écologues et sociologues fédérés dans un énorme projet de recherche sur la question (lire encadré). Ils explorent de nouveaux fronts de science, modélisent les ressources agricoles et les consommations à l’échelle planétaire, observent les déséquilibres, les tensions, évaluent la répartition des demandes alimentaires et non alimentaires…

Réduire le gaspillage

 « Nous devons mobiliser différents leviers ; apprendre à consommer moins et mieux, produire plus, recycler plus, et gaspiller moins… », analyse le chercheur. « Du champ à l’assiette, presque 300 kilos de nourriture par personne sont gaspillées en Europe et aux Etats-Unis chaque année» illustre Barbara Redlingshöfer qui a coordonné à l’Inra duALIne, une expertise sur les pertes et gaspillages. « Cette perte chute à 160 kilos en Afrique ». Plusieurs études estiment, au niveau mondial, à environ 30% les pertes et gaspillages tout au long de la chaîne alimentaire. Alors que les injonctions faites à l’agriculture d’augmenter ses productions se renforcent, la réduction des pertes et gaspillages est aujourd’hui considérée comme un levier incontournable pour accroître la disponibilité alimentaire dans le monde. Il suffirait ainsi de diviser par deux d’ici 2050 les pertes et gaspillages au long de la chaîne alimentaire pour économiser l’équivalent de 25 % de la production agricole actuelle ! Barbara Redlingshöfer détaille : « Les pertes alimentaires des pays du Nord surviennent majoritairement au stade de la distribution, de la restauration et de la consommation ; dans les pays des Sud, les pertes surviennent après la récolte, au cours des premières opérations de transformation, de stockage et de transport ». L’Inra a lancé une étude pour faire le point, filière par filière, sur les pertes et gaspillages du stade agricole, jusqu’à présent largement délaissés dans les travaux, à la distribution.

Métaprogramme GloFoods

Les disponibilités agricoles, les conséquences de la sous- et surnutrition, l’accès à l’alimentation en lien avec la pauvreté, l’instabilité des prix et les changements globaux (climat, transitions démographiques et énergétiques, etc.)… Autant d’enjeux qui sous-tendent la problématique d’un système alimentaire mondial  qui nourrira durablement, sainement et équitablement tous les humains. Le métaprogramme « Transitions pour la sécurité alimentaire mondiale » (GloFoods) a pour objectif de mobiliser les forces scientifiques pluridisciplinaires de l’Inra et du Cirad pour contribuer à éclairer les différentes dimensions de la sécurité alimentaire.

http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Dossiers/les-rencontres-du-SIA-2014/Rencontre-SIA-2014-Securite-alimentaire-mondiale/(key)/6

Site du métaprogramme Glofoods