• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
TROUPEAU  d'ovins de race mérinos d'Arles - Domaine du Merle, Salon-de-Provence (Bouches du Rhône). © Marc VINCENT

Sélection animale : Comment ? Pourquoi ? Par qui ?

Les méthodes de sélection animale

Plus un animal d’élevage est performant pour un objectif donné, plus il aura de chances de devenir géniteur. L'éleveur fonde son choix sur les critères de sélection : performances observables et propres à l’animal étudié (comme sa production de lait), informations concernant son ascendance et sa descendance, données génétiques.

Mis à jour le 29/01/2013
Publié le 20/05/2010

Au fil des années, les méthodes permettant d’identifier avec précision le potentiel génétique des reproducteurs se sont perfectionnées.

La sélection sur performance

C’est la méthode la plus ancienne et la plus classique, elle ne nécessite pas de connaître les généalogies. Dans un milieu donné, plus la performance est élevée, plus la valeur génétique est élevée, en probabilité. Cette méthode est surtout efficace pour les caractères mesurables sur le candidat et très héritables.

La sélection sur ascendance et descendance ou sélection sur apparentés

Taureau Charolais. © MAITRE Christophe
Taureau Charolais. © MAITRE Christophe
La sélection sur ascendance
consiste à choisir un reproducteur sur la base de la valeur de ses parents. Cette méthode nécessite de connaître les généalogies et la valeur des parents. Elle est précoce mais sa précision est limitée par le fait qu’une partie de la valeur du descendant ne peut pas être prédite à partir des parents (c’est pour cela que deux frères sont différents). Cette imprécision est due au fait que chaque parent porte deux copies de chaque gène, potentiellement de valeurs différentes, et c’est le hasard qui décide quelle copie est transmise au descendant.
  
La sélection sur descendance consiste à choisir un reproducteur sur la base des performances de ses descendants. Cette méthode nécessite de connaître les généalogies, de procréer des descendants et de les mesurer. Elle est donc longue et coûteuse, mais sa précision est très élevée, potentiellement totale si le nombre de descendants est suffisant. L’une des principales faiblesses de la sélection sur descendance réside dans sa lenteur. Prenons l’exemple de la production laitière des vaches. Pour sélectionner un taureau en fonction des performances de ses filles, il faut procréer un nombre suffisant de filles, enregistrer pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, leur production laitière et autres critères. Il faudra donc plusieurs années (environ 5 ans) pour accumuler les données nécessaires pour estimer le potentiel génétique du taureau.

Pendant des siècles, seule la sélection sur performance propre a été utilisée. La sélection s’est améliorée ensuite en prenant en compte l’ascendance. Ce n’est que dans le courant du XIXe siècle que la sélection sur apparentés s’est généralisée dans toutes les espèces. Ces approches ont fait la preuve de leur efficacité, même si elles sont compliquées à mettre en œuvre dans les grosses espèces ou pour les caractères difficiles à mesurer, et qu’elles sont limitées pour les caractères peu héritables.

La sélection assistée par marqueurs

Technologie de génotypage de SNP haut débit par puce ADN utilisée notamment pour la sélection assistée par marqueurs des animaux.. © Inra, BOSCHER Marie-Yvonne
Technologie de génotypage de SNP haut débit par puce ADN utilisée notamment pour la sélection assistée par marqueurs des animaux. © Inra, BOSCHER Marie-Yvonne
Contrairement à la méthode précédente, la sélection assistée par marqueurs ou SAM ne se base pas uniquement sur les performances des apparentés. Elle consiste à repérer, à l’aide de marqueurs génétiques (séquences localisées dans le génome dont les variations peuvent être suivies au fil des générations), les régions chromosomiques, appelées QTL (quantitative trait locus), qui influent sur les caractères d’intérêt. Ces régions sont constituées d’un ou plusieurs gènes. Elles sont étudiées dans le but de déterminer le ou les gènes qui influent sur les performances. La précision des méthodes est liée à la distance entre le gène et le marqueur. Plus la distance sera petite, plus la SAM sera précise. Il n'est pas nécessaire de connaître les gènes en cause sur le caractère (par exemple dans la régulation de la production de lait) puisque c'est la présence des marqueurs génétiques situés à proximité de ces gènes que l'on étudie.

La sélection génomique

La génomique est une science émergente, qui étudie les fonctions et la structure des gènes et ouvre de nouveaux horizons pour la sélection animale.

Tandis que la SAM n’intègre dans l’estimation des valeurs génétiques que l’étude des marqueurs de quelques régions chromosomiques, la sélection génomique intègre des marqueurs couvrant le génome dans son ensemble. La sélection génomique est une extension de la SAM. Cette dernière méthode de sélection a été rendue possible grâce aux données récentes de séquençage de génomes et aux progrès des méthodes statistiques et des moyens de calcul (informatique). Son avantage tient du fait que la valeur génétique d’un animal peut être prédite précisément dès sa naissance, à partir d’un échantillon d’ADN.

L'analyse des génomes d'animaux d'élevage a pris de l'ampleur ces dernières années et on peut espérer que la sélection génomique sera plus précise, plus efficace et moins coûteuse.

Grâce à la sélection assistée par marqueurs et à la sélection génomique, l’analyse d’un échantillon biologique (sang, poils…) permet de prédire la valeur génétique d'un reproducteur potentiel avant même de la vérifier sur sa descendance. C’est un gain de temps considérable. De plus, il y a moins d’erreurs dues à la distinction entre des critères innés et acquis.