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On a séquencé le génome du champignon de Paris

Le récent séquençage du génome du champignon de Paris en octobre 2012 identifie les mécanismes génétiques en jeu dans la formation de ce champignon et ses capacités d’adaptation au milieu dans lequel il vit. Ces travaux permettent de mieux comprendre le rôle des champignons forestiers dans la décomposition de la matière organique, essentielle dans l'écologie des milieux forestiers et des prairies.

Champignon de couche (champignon de Paris).. © Inra, GUINBERTEAU Jacques
Par Cécile Poulain d'après Service de presse
Mis à jour le 11/02/2013
Publié le 08/10/2012

Des chercheurs (1) ont analysé en 2012 le génome de deux variétés de champignons de Paris, l’une poussant dans un désert californien et l’autre utilisée en culture. En comparant le répertoire de gènes de ces champignons saprophytes (qui dégradent les feuilles et les bois morts, les cadavres, etc.) avec ceux de plusieurs champignons xylophages (qui dégradent uniquement le bois mort), les scientifiques ont mis en évidence différents mécanismes enzymatiques propres au champignon de Paris.

Une meilleure compréhension du champignon forestier

Il possède en effet un arsenal d’enzymes de détoxication et de dégradation de la matière organique, matière d’origine animale ou végétale décomposée dans le sol, particulièrement performant. Ainsi, l’étude révèle, chez le champignon de Paris, l’existence de 24 formes d’une peroxydase (une enzyme permettant l’oxydation) particulièrement efficace dans la dégradation des acides humiques, acides s’accumulant dans l’humus des litières forestières, des prairies ou le compost dans les champignonnières, là où les champignons xylophages n’en présentent qu’une seule. Ces résultats permettent de mieux comprendre comment les champignons décomposeurs du bois et d’humus, en agissant de concert, jouent un rôle écologique majeur et assurent le recyclage du carbone dans l’environnement. Ces travaux confirment également le lien entre la niche écologique de ces champignons et leur patrimoine génétique.

Des résultats probants

Par ailleurs, les scientifiques ont identifié un ensemble de facteurs génétiques contrôlant la croissance et la formation du champignon de Paris. Ouvrant la voie à de nouvelles améliorations génétiques de cette espèce, ces résultats aboutiront à la sélection de nouvelles souches pour la filière agroalimentaire. Depuis plus de 300 ans en effet, le processus de fructification du champignon de Paris est maîtrisé dans les champignonnières à des fins alimentaires. La production mondiale dépasse les 1 400 000 tonnes dont plus de 100 000 tonnes par an pour la France (essentiellement dans la région du Val de Loire). À l’état sauvage, le champignon de Paris est plutôt rare et pousse principalement sur les litières dans les forêts (surtout de cyprès) et les prairies.

 

(1)  Equipes de l’Inra, du CNRS, des universités de Lorraine et d’Aix-Marseille2 dans le cadre d’un vaste projet de séquençage d’une trentaine de génomes de champignons saprophytes mené aux États-Unis par le Joint Genome Institute. Les unités de recherche impliquées : Interactions arbres/microorganismes (Inra/Université de Lorraine),  Mycologie & sécurité des aliments (Inra) ; Architecture et fonctions des macromolécules biologiques (CNRS/Aix-Marseille Université).