• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Le génome porcin révèle de nouvelles similitudes avec l’homme

Des chercheurs ont mené l’étude la plus complète conduite sur le génome du porc domestique et de ses homologues sauvages et ont découvert des ressemblances alors inconnues, inattendues et possiblement bénéfiques entre les porcs et les humains.

Des éleveurs de porcs en agriculture biologique conduisent leurs lots charcutiers en plein air et ceci jusqu'à la montée dans le camion avant abattage (Isère).. © Inra, MEURET Michel
Par Cécile Poulain d'après Service de presse
Mis à jour le 11/02/2013
Publié le 14/11/2012

Les scientifiques d’un consortium international, qui implique l’Inra, ont comparé le génome du porc que l’on retrouve communément dans les fermes, Sus scrofa domesticus, avec celui de 10 races de sangliers présents en Europe et en Asie. Ils ont également comparé son génome avec celui de l’Homme, de la souris, du chien, du cheval et de la vache. Cette nouvelle analyse apporte des éléments de compréhension des mécanismes en jeu dans la résistance aux maladies mais aussi pour la production de viande de haute qualité et une meilleure efficacité alimentaire. A terme, cela favorisera la sélection de porcs de meilleure qualité, une diminution des coûts de production et une amélioration de la durabilité.

Une connaissance sur l'évolution de l'espèce

Depuis 10 000 ans, l’homme et le porc partagent une relation étroite et complexe. De la domestication aux pratiques d’élevage moderne, les humains ont façonné le génome du porc. Les ancêtres du porc domestique sont apparus dans le sud-est asiatique et ont progressivement migré vers l’Eurasie. Une comparaison entre les sangliers asiatiques et européens a révélé des différences génétiques significatives, notamment dues à leur scission il y a environ 1 million d’années. Les différences sont telles que l’on peut les considérer comme des sous-espèces distinctes. Ces deux groupes ont également perdu en diversité génétique, il y a environ 20 000 ans, probablement suite à une glaciation. La compréhension des gènes gouvernant les caractéristiques propres au porc pourrait permettre de comprendre comment et pourquoi il a été domestiqué par l’homme. Il est possible que sa capacité à manger ce que l’homme n’apprécie guère soit l’une des raisons.

Fin nez, mais un piètre goûteur

Certaines familles de gènes subissent une évolution assez rapide chez le porc domestique, notamment des gènes de l’immunité et de l’olfaction. Le porc présente un plus grand nombre de gènes olfactifs que l’homme, la souris ou le chien. Alors que les porcs ont un odorat plus développé que les humains ou d’autres mammifères, leur sens du goût est quelque peu réduit. Ils peuvent ainsi consommer des aliments très salés que chacun de nous trouverait répugnants. Les porcs ont moins de gènes codant pour les récepteurs du goût amer que chez les humains, et les gènes impliqués dans la perception du goût sucré ou umami (le 5ème goût) sont différents entre le porc et l’homme.

Un modèle pour la médecine humaine

Les résultats de l’analyse du génome confirment également que le porc peut être utilisé comme modèle pour la recherche biomédicale et ainsi contribuer à l’amélioration de la santé humaine. Les chercheurs ont poussé les analyses plus loin en séquençant le génome de 48 autres porcs. Ils ont ainsi pu identifier de nombreux variants de gènes responsables de maladies humaines, dont les protéines associées étaient identiques chez le porc, confirmant l’intérêt d’utiliser ce dernier comme modèle en biomédecine. Parmi les affections concernées : l’obésité, le diabète, les maladies de Parkinson et d’Alzheimer.
Cette étude a aussi des perspectives importantes dans le domaine de l’élevage car de nombreux cousins proches des ancêtres du porc existent encore, et portent en eux des gènes qui pourraient être potentiellement intéressants pour l’amélioration génétique du porc domestique.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Denis Milan, Chef du département scientifique de Génétique animale