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Bovins de garde

Le clonage doit permettre de mieux comprendre le développement des caractéristiques agronomiques remarquables de certaines espèces de bovins. Et d’observer aussi les interactions entre le potentiel génétique et l’environnement. La production par clonage à visée commerciale doit être surtout réservée à une élite d’animaux à haut potentiel génétique ayant des caractéristiques particulières.

Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 29/01/2013
Publié le 24/01/2013

Le clonage des animaux n’est pas nouveau. Depuis les années 1990, la technique visant à reproduire un individu à partir de son ADN a été expérimentée et affinée. A l'Unité Biologie du Développement et Reproduction à l’Inra de Jouy-en-Josas, de nombreux bovins ont été clonés : « Au départ, les recherches étaient surtout motivées par la compréhension des premières phases de développement de l’individu. Et dans un cadre agronomique comme le nôtre, l’intérêt de reproduire un individu qui a des performances agronomiques remarquables à l’identique était aussi un enjeu, raconte Hélène Jammes, chercheure de l’unité. Enfin, le recours au clonage ouvrait une voie de recherche tentant de comprendre comment un noyau de cellule somatique (une cellule de la peau par exemple) pouvait être « reprogrammée » en noyau exprimant des gènes embryonnaires».

Une élite surveillée à haut potentiel génétique

Au sein du domaine expérimental de Bressonvilliers, tous les animaux bénéficient d’un suivi clinique et zootechnique : de nombreux paramètres ont été étudiés concernant leur développement, leur croissance, l’âge de la puberté, leur fertilité, leur production laitière, etc. Conclusion : un animal issu du clonage qui arrive à l’état adulte est un animal sain, aux performances similaires à celles des animaux non clonés. Mais la production d’animaux par clonage à visée commerciale doit être surtout réservée à une élite d’animaux à haut potentiel génétique et/ou ayant des caractéristiques particulières. Car l’efficacité du clonage est loin d’être satisfaisante. « Actuellement chez le bovin, les chiffres de réussite du clonage sont compris entre 5 et 20%, 20% étant un maximum », explique Hélène Jammes. Ainsi sur 100 embryons créés et implantés chez des vaches receveuses, seuls 5 à 20 veaux naissent au final. De plus, le clonage nécessite une surveillance très soutenue tout au long de la gestation, soit 282 jours chez les bovins.

Un phénotype évolutif

A l’Inra, l’animal cloné est avant tout un modèle d’études extrêmement précieux. « Depuis quelques années, on sait que des marques apposées sur le patrimoine génétique, dites « épigénétiques », participent à la variabilité des phénotypes (apparence physique, caractères agronomiques…) entre individus », poursuit Hélène Jammes. Chez les animaux clonés, comme chez des jumeaux monozygotes humains, bien que le patrimoine génétique nucléaire soit le même, des marques épigénétiques différentes viennent s’apposer au cours de la vie, en fonction de l’environnement, des expositions aux pathogènes… Ces marques modifient l’expression de certains gènes et, par conséquent, le phénotype. « Nos études menées chez les bovins clonés permettent, à patrimoine génétique identique, de comprendre comment se construit un phénotype en fonction de marques épigénétiques différenciant les individus les uns des autres », commente Hélène Jammes.  Notre objectif est de comprendre les interactions entre environnement, potentiel génétique et épigénétique afin de mieux contrôler l’expression du potentiel des animaux hautement sélectionnés ».