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Reportage vidéo à l'Inra Bordeaux-Aquitaine. Vergers de l’unité expérimentale arboricole et unité Adaptation du cerisier au changement climatique.. © Maya press

Le temps des cerises

Depuis les années 1950, l’Inra Bordeaux-Aquitaine s’intéresse au cerisier. Des programmes de création variétale, dont est issue la cerise Folfer, à ceux sur l’adaptation des arbres au changement climatique, voici des recherches qui savent s’accorder à l’air du temps ! Visite guidée dans les vergers de l’unité expérimentale arboricole où sont produites les cerises de demain et au laboratoire où sont évalués les hybrides qui deviendront peut-être les nouvelles variétés plantées dans 20 ou 30 ans.

Par Patricia Léveillé - Vidéo : Maya Press
Mis à jour le 20/06/2016
Publié le 16/06/2016

Depuis les années 50, l’Inra a conduit des programmes d’amélioration variétale du cerisier. S’appuyant sur une importante collection de ressources génétiques conservée et gérée à Bordeaux, l’Institut possède une grande expertise et est un des leaders européens en matière de création variétale de cerisiers.

Été 2007 : un festival de nouvelles cerises sur le marché

Des programmes successifs de sélection pendant 30 ans ont été nécessaires pour aboutir à une série de variétés de cerises nouvelles dont les six variétés, Folfer, Ferdouce, Fertille, Fermina, Ferdiva et Fertard. La racine « FER » désigne le domaine de la Grande Ferrade, du centre Inra de Bordeaux-Aquitaine. Ces cerises plantées en France depuis 2002 sont apparues sur le marché en 2007 et la variété Folfer remportait l’oscar de l’obtention végétale remis au salon international de la filière fruits et légumes (SIFEL) 2005. Ses gros fruits, fermes, de couleur foncée, croquants et très sucrés présentent des atouts intéressants autant pour les consommateurs que pour les producteurs.

En attendant de nouvelles variétés

Un des problèmes majeurs des cerisiers reste l'extrême sensibilité du fruit à l'éclatement sous l'effet de l'eau de pluie. Le changement climatique va s’accompagner d’une intensification des précipitations, notamment au printemps et à l’été, qui frappe de plein fouet les vergers. Autre effet de l’évolution du climat, les températures plus douces en hiver perturbent les cycles des arbres et  entrainent des pertes de production. Ainsi, l’expertise de longue date et la méthodologie éprouvée de l’Inra en création variétale font le pont pour mener des recherches à la pointe des nouvelles techniques pour comprendre ces mécanismes et aider les cerisiers à surmonter les effets du changement climatique au bénéfice des nouvelles variétés qui viendront colorer les étals de nos marchés demain.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes
Centre(s) associé(s) :
Bordeaux Aquitaine
Drosophila suzukii mâle adulte. © Inra, Myriam Siegwart

Anticiper les effets indésirables des insecticides

Après l’interdiction du diméthoate en Europe en 2016, les producteurs de cerises ont obtenu des dérogations pour utiliser deux autres familles chimiques pour lutter contre Drosophila suzukii. Mais pour contrer l’apparition de résistance à l’avenir, il leur faudrait avoir plus de choix dans la façon de traiter. Myriam Siegwart, de l’unité Plantes et systèmes de culture horticoles, collabore à un projet de recherche, SusZsuz, dont le but est de trouver des techniques pour estimer la sensibilité des insectes ravageurs à différents insecticides. Depuis un an, l’ingénieur attrape dans ses filets la Drosophila suzukii. Elle imagine des techniques pour estimer précisément les niveaux de sensibilité de populations de drosophiles à des insecticides. Cette année un échantillonnage, en partenariat avec l’Anses et la Fredon, est programmé à travers la France et bientôt en Europe pour constituer un réseau de surveillance de résistance de cette espèce invasive : « Si nous parvenons à comprendre comment la Drosophila suzukii devient résistante à telle ou telle molécule, il sera plus facile de conseiller les arboriculteurs dans l’utilisation des produits ou autres techniques de lutte. Ils pourront savoir aussi quel insecticide est devenu inefficace et ne plus l’employer ».

Contact : Myriam Siegwart, unité Plantes et systèmes de culture horticoles, Inra Paca