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Agriculture et changement climatique : des solutions en marche

À l’ouverture du Salon international de l’agriculture 2015 et au lendemain du Forum international « Agriculture et changement climatique » à Paris, Jean-François Soussana dressait pour France Info l’état des lieux des conséquences du changement climatique sur l’agriculture et des responsabilités de cette dernière dans l’évolution du climat.

Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement de l'Inra, sur le stand Inra au SIA 2015. © Inra, NICOLAS Bertrand
Par Nicole Ladet
Mis à jour le 22/02/2015
Publié le 22/02/2015

Directeur scientifique Environnement à l’Inra et expert du GIEC, Jean-François Soussana relève que « pour la première fois, le dernier rapport du GIEC a pu montrer que les conséquences du changement climatique sur l’agriculture étaient mondiales. La progression du rendement est ralentie de 2 % pour le blé et 1 % chaque décennie depuis les années 80. ». Il explique « Ceci a des conséquences directes sur les prix agricoles et la sécurité alimentaire mondiale », comme cela s’est déjà produit dans les dernières années lorsque des accidents climatiques importants se sont produits en 2010 en Russie avec des répercussions sur les cours mondiaux. Et en France ? Les productions de blé et de maïs sont déjà touchées certaines années, mais elles ne sont pas les seules. La viticulture l’est également faisant souvent face au manque d’eau et à l'augmentation du degré alcoolique des vins dans un climat devenu plus chaud. Les impacts sont donc non seulement quantitatifs mais aussi qualitatifs. Le changement climatique affecte aussi les élevages. En 2003, marquée par une forte canicule estivale, la production laitière a été affectée et certains élevages de volailles ont connu une surmortalité. Certaines cultures sont cependant mieux adaptées au manque d’eau, par exemple le sorgho qui a une efficience d'utilisation d’eau plus élevée que celle du maïs.

L'agriculture, émettrice de GES mais aussi source de solutions.

L’agriculture a une part de responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les élevages émettent du méthane, l’épandage de fertilisants azotés génère lui-aussi la formation de GES. Mais elle peut également être à l’origine de nombreuses solutions pour limiter les émissions à la fois de méthane (méthanisation, modification de la composition des rations...) et de protoxyde d'azote (maîtrise de la fertilisation azoté, utilisation accrue de légumineuses)... Il est aussi possible de stocker du carbone dans la matière organique des sols et dans la biomasse végétale (conservation et meilleure gestion des prairies, couverture végétale accrue du sol, agroforesterie et implantation de haies). Enfin, les scénarii du GIEC envisagent, de manière croissante au cours du siècle, le développement de bioénergies utilisées en remplacement des énergies fossiles. Jean-François Soussana souligne « La bonne nouvelle, c’est que le monde agricole a déjà pris la mesure du problème et qu’il est déjà en train de mettre en place des solutions. En 2007, le secteur agriculture, forêt et usage des sols était responsable de 31 % des émissions mondiales de GES, il est maintenant redescendu à 24 % grâce notamment à un ralentissement de la déforestation tropicale et à une certaine baisse de l'empreinte carbone des principaux produits agricoles ». Il conclut « C'est un signal encourageant qui nous montre qu'il devrait être possible à l'avenir de nourrir la planète tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre ».

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Jean-François Soussana, directeur scientifique "Environnement", Inra

Trois événements marquants

  • L’Exposition universelle 2015 à Milan « Nourrir la planète, énergie pour la vie » du 1er mai au 31 octobre 2015, l’Inra participe dans le cadre de l’alliance de recherche Allenvi à l’élaboration des contenus présentés. Plus de 50 débats y auront lieux, plus de 15 chercheurs Inra y participeront.
  • Un cycle de colloques internationaux sur le climat qui se concluront avec la Conférence sur le Climat à Paris fin 2015 (COP21) : 
    • La troisième conférence mondiale sur l’Agriculture intelligente face au climat (Climate Smart Agriculture) qui se tient du 16 au 18 mars 2015 à Montpellier, coorganisée par le Cirad, l’IRD, Agropolis, l’Inra et les Universités de Wageningen (Pays-Bas) et Davis (Etats-Unis) ;
    • « Our common future in a climate change » (notre futur commun dans un climat qui change), conférence scientifique internationale organisée à l’Unesco à Paris du 7 au 10 juillet 2015.