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Un cortège de maladies à surveiller

Les conditions climatiques des régions chaudes favorisent le développement d’un ensemble de maladies infectieuses et parasitaires qui représentent pour les pays du Nord comme du Sud un risque sanitaire et économique important. Les recherches de l’Inra et du Cirad accompagnent les pays du Sud pour protéger la santé publique en contrôlant les maladies zoonotiques.

INPREST  ( INSTALLATION  Nationale pour la Recherche sur les Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles) inaugurée le 08 juillet 2008 en présence de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Marion Guillou, Présidente Directrice Générale de l'INRA. En zone confinée, prélèvement de salive sur une chèvre à l'aide d'un écouvillon. © VASSEUR DELAITRE Gilles
Par Cécile Poulain
Mis à jour le 07/02/2013
Publié le 17/01/2013

Foyers de grippe aviaire toujours latents en Asie, incursions régulières du moustique véhiculant la fièvre de la vallée du Rift en Egypte, invasion du Sud de l’Europe par un moucheron vecteur de la fièvre catarrhale ovine et de la peste équine, progression de la peste porcine africaine vers les états baltes… « Les conditions climatiques des régions chaudes favorisent le développement d’un ensemble de parasites et d’arthropodes vecteurs de maladies infectieuses et parasitaires. La présence de ces maladies représente pour les pays du Nord un risque constant d’introduction d’agents pathogènes et de vecteurs », remarque Renaud Lancelot, épidémiologiste au Cirad.

Qu’elles soient uniquement animales, ou qu’elles soient transmises à l’homme (zoonoses) ces maladies d’origine exotique présentent un risque sanitaire et économique important. « Les pouvoirs publics français l’ont compris : microorganismes et pathogènes ne connaissent pas de frontières ! Malgré les restrictions budgétaires fortes, les maladies émergentes infectieuses, particulièrement les maladies vectorielles, sont l’une des premières priorités du ministère des Affaires étrangères, lorsqu’il intègre le Sud dans ses préoccupations » analyse Dominique Martinez, directeur de l’UMR de l’Inra-Cirad Contrôle des maladies animales exotiques et émergentes (CMAEE). Il observe : « Suite à l’émergence de la fièvre catarrhale ovine et du virus H5N1, les ministères de l’Agriculture et de la Santé se sont rapprochés de la recherche pour trouver des solutions aux problèmes sanitaires. L’effectif de notre unité de recherche sur la santé animale a doublé depuis 2005 : il faut pouvoir répondre au mieux aux risques causés par ces maladies émergentes et proposer des méthodes de lutte ». Car la seule mise au point du vaccin n’est pas suffisante : entre la découverte du vaccin contre la peste bovine et son éradication mondiale en 2011, il s’est écoulé une cinquantaine d’années pendant lesquelles les équipes sur le terrain diagnostiquaient, vaccinaient, surveillaient.

Les réseaux de surveillance

La surveillance sanitaire est aujourd’hui l’un des points clefs de la lutte contre les maladies animales émergentes. Le réseau CaribVET créé par le Cirad en 1998 pour surveiller et contrôler les maladies animales dans la région Caraïbe est un modèle que les organisations internationales essayent de répliquer dans d’autres régions du monde. « Depuis une trentaine d’années, le réseau Cirad travaille sur le vecteur de la cowdriose, la tique Amblyomma variegatum qui infecte et tue (jusqu’à 90 % de mortalité) les ruminants domestiques sensibles. La cowdriose est répandue dans la presque totalité des pays d’Afrique subsaharienne et est présente depuis 1928 dans les Caraïbes d’où elle menace le continent américain. Pour répondre à ce problème sanitaire, la recherche s’est intéressée aux questions de terrain et a tissé des partenariats en santé animale avec les vétérinaires et les laboratoires de la région Caraïbe. Cela a abouti en 1998 à la création de CaribVET » explique Renaud Lancelot. Cette réussite dans l’épidémio surveillance a été dupliquée sur le pourtour de l’Océan Indien avec Animal Risk, en Méditerranée avec le réseau méditerranéen en santé animale Remesa… Pour Dominique Martinez, « la création de réseaux régionaux de surveillance contribue à transmettre des alertes rapides que l’on connecte à la recherche et dont on exploite directement les données. Les allers-retours entre la recherche et la surveillance vétérinaire sont de plus en plus encouragés et bénéfiques pour l’ensemble de la filière animale ».