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Climat : l'appel de la forêt

Le changement climatique affectera rapidement et durablement les forêts françaises. A terme : de nouvelles essences, d’autres maladies et une organisation différente des parcelles. La hausse des températures et les modifications de précipitations propres au réchauffement climatique auront un impact durable sur nos paysages. Ainsi, en évoquant une hausse de 2C° d’ici à 2100, l’équivalent du domaine méditerranéen s’étendrait jusqu’à la Loire.

Forêt en automne. © BEHR Patrick
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 16/01/2011

La hausse des températures et les modifications de précipitations propres au réchauffement climatique auront un impact durable sur nos paysages. Ainsi, en ne retenant que le scénario modéré du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), évoquant une hausse de 2C° d’ici à 2100, l’équivalent du domaine méditerranéen s’étendrait jusqu’à la Loire. Le problème que rencontrent aujourd’hui les chercheurs est d’évaluer les réponses potentielles des forêts. D’abord parce que nous n’avons jamais connu un changement climatique d’une telle ampleur sur un temps aussi court.
Ainsi la mutation de la flore forestière (arbres, herbacées, mousses, fougères…) ne pourra être assurée par une traditionnelle migration des espèces qui se fait souvent au rythme de quelques mètres par an, voire par siècle. Trop lente donc pour aller investir le nord. « Ce qu’on risque d’observer donc, ce n’est pas à une migration de toute la flore méditerranéenne vers le nord de la France, mais plutôt à une recomposition totale des paysages, des cortèges floristiques, etc. De nouveaux équilibres, donc de nouveaux écosystèmes inconnus aujourd’hui, vont se mettre en place », observe Vincent Badeau, ingénieur de recherche à l’Unité Mixte Ecologie et Ecophysiologie Forestières de l'Inra Nancy.

De nouvelles maladies pour les arbres

Pour les arbres, la perspective est encore plus compliquée. Car si de nombreux généticiens estiment qu’ils ont des capacités d’adaptation considérables en raison de leur immense diversité génétique, on ne sait en fait pas grand-chose d’eux. Seules certaines essences sont mieux connues. C’est le cas du hêtre notamment. « Il réagit énormément au stress hydrique, explique Vincent Badeau. On s’aperçoit que quel que soit le modèle de changement climatique retenu, modéré ou fort, on va plutôt vers une régression de son aire de répartition ». Les problèmes ne s’arrêtent pas là : les pathogènes - champignons, bactéries, insectes – s’accroissent avec la hausse des températures et remontent vers le nord. Ainsi, même si les arbres s’adaptent au climat, ils seront aussi menacés par une recrudescence de maladies et l’apparition de nouvelles, venues du sud.

Des forêts différentes à l’avenir

Il est donc nécessaire de mieux connaître l’écologie forestière et de mettre au point des modèles qui permettent de prendre toutes ces données en compte. Mais quelques pistes sont déjà étudiées pour adapter les forêts. Impossible d’irriguer, il va donc falloir changer les pratiques sylvicoles et travailler sur le bilan hydrique des parcelles. «  Nous développons des outils (1) permettant aux gestionnaires de mieux comprendre donc de mieux contrôler la surface évaporante des parcelles. Dans certaines conditions,  il faudra limiter le nombre d’arbres à l’hectare », poursuit Vincent Badeau. Les chercheurs évaluent également la possibilité d’implanter des provenances méridionales à de plus hautes latitudes pour favoriser la diversité génétique. L’objectif est de planter des arbres disposant d’un patrimoine génétique capable de résister à un avenir incertain.

(1) Voir le site https://appgeodb.nancy.inra.fr/biljou/