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FRELON asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina nigrithorax. © Inra, Karine MONCEAU

Comment empêcher le frelon de faire son miel des abeilles

Invasif et nuisible

Le caractère invasif et nuisible du frelon à pattes jaunes vient d’être confirmé par un arrêté ministériel en décembre 2012 qui le classe « dans la liste des dangers sanitaires de deuxième catégorie pour l'abeille domestique Apis mellifera sur tout le territoire français. »

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 08/02/2013

Frelon asiatique à pattes jaunes,  Vespa velutina.. © Inra, Karine MONCEAU
Frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina. © Inra, Karine MONCEAU
L’éradication du frelon à pattes jaunes doit maintenant être considérée comme un leurre. son implantation géographique trop étendue et les niveaux de population trop importants. Originaire du sud-est de l’Asie, Vespa velutina nigrithorax a été détecté pour la première fois en France en 2004 dans le Lot et Garonne. Depuis, au moins 2 000 nids ont été par exemple officiellement détruits en 2011, en Aquitaine et Midi-Pyrénées.

En sept années seulement, Vespa velutina a colonisé plus de la moitié du territoire, envahissant d’abord le sud-ouest, épicentre de l’invasion, avant de remonter vers le nord et l’est. Les pays frontaliers ne sont pas en reste. Signalé pour la première fois en Espagne en 2010, le frelon à pattes jaunes est aussi présent au Portugal, en Belgique, et  suspecté en Italie. L’extension est donc désormais européenne, à une vitesse pour l’instant imprévisible.

Menace économique et écologique

Cette invasion biologique est surtout préoccupante pour la filière apicole car les abeilles domestiques constituent l’une des proies préférées du frelon. Leur abondance favorise la multiplication du prédateur.
 
On ne dispose pas encore d’études sur plusieurs années pour quantifier son véritable impact (taux de prédation, impact sur la profession, production de miel…) Mais certains apiculteurs professionnels en Aquitaine et en Gironde estiment toutefois avoir perdu 30 à 50 % de leur cheptel. Une autre étude coordonnée par le Rucher Périgourdin auprès de 420 apiculteurs adhérents au GDSA 24 mentionne, en 2010, 6 % de ruches détruites et près de 30 % très affaiblies à cause du frelon. Les causes de mortalité des ruches étant multifactorielles, la nuisibilité du seul frelon reste compliquée à établir.

Vespa velutina a donc trouvé en France un climat comparable à celui de son aire d’origine, l’Asie continentale. Climat d’autant plus favorable que notre abeille domestique (Apis mellifera) n’a pas, à la différence de l’abeille chinoise, de stratégie de défense (encore efficace). Le frelon n’a pas non plus de prédateur naturel dans le pays. Résultat : pour l’instant, rien ne vient contrarier son expansion.

Pour Denis Thièry, directeur de l’unité Save, Inra Bordeaux, « c’est un point positif que cette invasion biologique soit après huit années reconnue comme nuisible. Le classement sur la liste des dangers sanitaires de catégorie 2 signifie que le plan de lutte sera décrété au cas par cas à l’échelle locale. Actuellement, il n’existe aucun plan de lutte coordonné entre les communautés urbaines ».

A propos de

Les dangers sanitaires de deuxième catégorie sont les dangers sanitaires pour lesquels il peut être nécessaire, dans un but d'intérêt collectif, de mettre en œuvre des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte définies par l'autorité administrative ou approuvées dans les conditions prévues à l'article L. 201-12.

En savoir plus : Code rural et de la pêche maritime : art. L201-1, ordonnance 2011-862

Le nombre de cas déclarés de piqûres par hyménoptère n’a pas augmenté dans les départements les plus touchés par l’invasion du frelon. Rappelons que le venin de Vespa velutina n’est pas plus dangereux pour l’homme que celui d’autres hyménoptères (guêpe, frelon européen, abeille). Seul un choc est à craindre chez les personnes qui sont allergiques aux piqûres de ces insectes. A ce jour, la quasi-totalité des attaques de frelons asiatiques sur l’homme en France ont eu lieu à proximité de nids actifs ou de nids décrochés mais incomplètement détruits, voire accidentellement lors de travaux de jardinage ou d’entretien d’espaces verts.

Signaler la présence d’individus ou un nid de frelons asiatiques

- à l’INPN, Inventaire nationale du patrimoine français : http://inpn.mnhn.fr/espece/signalement/vespa  
- à votre mairie.