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Interview Yves Le Conte, unité Abeilles et environnement. © Inra

Abeilles, des recherches en phase avec les besoins

Pesticides, prédateurs, pathogènes… les abeilles doivent faire face à un grand nombre de fléaux qui mettent en péril cette espèce indispensable. Chercheurs, ingénieurs, filières agricoles et apicoles se mobilisent pour trouver les causes de ce déclin très préoccupant et proposer des solutions. Interview d’Yves Le Conte, directeur de l’unité Abeilles et environnement dans le cadre du Carrefour de l’innovation agronomique « Abeilles »  le 15 novembre à Avignon.

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 28/11/2016
Publié le 18/11/2016

La mortalité des colonies d’abeilles a augmenté de près de 30 % en quinze ans. Pourtant, les bienfaits pour l’homme de ces insectes discrets demeurent essentiels. 35 % de ce que nous mangeons dépend directement de leur laborieux travail. Pour ce qui est de la biodiversité, 84 % des espèces végétales cultivées en Europe et 80 % des espèces sauvages nécessitent le savoir-faire tout particulier des abeilles. Pour sauver cet écosystème si fragile, les chercheurs sont à pied d’œuvre.

L’effet cocktail des dangers

Au premier rang, les pesticides. L’Inra travaille sur les effets des insecticides à faible dose sur le métabolisme des abeilles. Ces recherches ont permis d’initier l’interdiction de pesticides comme le Gaucho en 1999, le Régent en 2004 ou encore le Cruiser en 2013. Des victoires significatives mais insuffisantes. Les scientifiques étudient aussi les effets de ces produits chimiques au niveau cellulaire. Ainsi, un test a été mis au point qui permet d’évaluer le développement des larves d’abeilles exposées à certains insecticides. Il s’agit de prédire l’impact de ces composés sur la physiologie des abeilles avant d’autoriser leur mise sur le marché. Les pathogènes et les nouveaux prédateurs, menacent également la vitalité des colonies (cf vidéo). La recherche est donc sur tous les fronts pour bannir ces pathogènes et autres parasites. Enfin, les changements environnementaux et l’agriculture intensive viennent également prélever leur dîme sur la bonne santé des colonies d’abeilles, en particulier dans un paysage complexe et sous des conditions météorologiques défavorables. Ce déclin est préoccupant, mais les résultats des chercheurs redonnent un certain espoir aux apiculteurs.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Santé des plantes et environnement
Centre(s) associé(s) :
Provence-Alpes-Côte d'Azur

Pour aller plus loin

Abeilles. Impact des pesticides, performance des colonies, relations abeilles et plantes

Carrefour de l’innovation agronomique, 15 novembre 2016, Avignon

Carrefour de l'Innovation agronomique sur les Abeilles, 15 novembre 2016, Avignon. © Inra, VASTER Mélanie
© Inra, VASTER Mélanie
Pour comprendre le déclin des abeilles sauvages et domestiques et mieux concevoir des solutions techniques capables de l’enrayer, l'Inra, l’ACTA, l’ADAPI et l'ITSAP-Institut de l'abeille se sont associés en 2010 en créant une Unité Mixte Technologique PrADE "Protection des abeilles dans l'environnement. Un nouveau partenaire, Terres Inovia, a depuis rejoint l’UMT.
Le colloque a présenté les principaux résultats acquis par l’Unité PrADE notamment sur l’impact des facteurs de pressions (modifications environnementales, expositions aux pesticides, parasites et pathogènes) sur les performances des colonies d’abeilles domestiques  ainsi que  les outils opérationnels pour l'aide au raisonnement de la protection des abeilles.

> Vidéos des interventions

Des ateliers de démonstrations ont permis d'illustrer les innovations technologiques :