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XYNTHIA  - photo 2

Après la tempête Xynthia, une activité agricole à reconstruire

Le 27 février 2010, la tempête Xynthia touchait très durement le littoral atlantique. En Charente-Maritime (17) et en Vendée (85), l’eau salée a inondé des terres agricoles consacrées pour les deux tiers aux grandes cultures et pour un tiers aux prairies. Sur le terrain, l’Inra s’est associé aux Chambres départementales d’Agriculture qui soutiennent les agriculteurs et les conseillent sur la conduite à tenir.

Par Brigitte Cauvin
Mis à jour le 02/10/2013
Publié le 15/12/2010
Mots-clés : INONDATION - TEMPÊTE

3 questions à Jean-Michel Hillaireau, assistant ingénieur au domaine expérimental de Saint-Laurent-de-la-Prée, Inra Poitou-Charentes

Quel a été l’apport de l’Inra dans la gestion des dégâts de la tempête sur les sols agricoles ?

Après le retrait de l’eau, les terres étaient devenues compactes, salées, asphyxiées, et ainsi impropres aux cultures. Il fallait élaborer un plan opérationnel pour restaurer un état des sols propice au développement des plantes. Nous avons apporté une aide méthodologique dans le cadre de l’appui collectif organisé auprès des agriculteurs par les chambres d’agriculture et les autres acteurs du développement agricole.
Depuis l’inondation, l’Inra contribue au diagnostic de l’importance des dégâts, avec une cartographie de la répartition des sols atteints.
Après avoir hâté l’évacuation de l’eau des parcelles, les agriculteurs ont réalisé un travail mécanique dans les champs durant l’été pour fissurer le sol en profondeur et émietter les mottes de terre en surface. Ils ont ensuite épandu du gypse afin de redonner au sol une structure poreuse, rétablir la circulation de l’eau et abaisser la salinité par drainage.

Quel est le bilan fin 2010 ? S’approche-t-on d’un retour à la normale au moins pour une partie des exploitations ?

L’ampleur des dégâts est variable d’une exploitation à l’autre, et la remise en état sera lente et difficile.
Globalement, dans les prairies, l’inondation a fortement diminué la pousse de l’herbe au printemps et amoindri la récolte de foin, dégradant le stock de fourrages pour l’hiver, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Elle a également affecté la flore en favorisant les espèces halophytes et cet effet se répercutera sur plusieurs années. En ce qui concerne les céréales, le bilan de la campagne 2010 a été catastrophique. La forte salinité du sol a détruit les blés semés à l’automne 2009, et compromis la croissance des cultures de printemps (orge, tournesol…)
En dispersant les argiles, le sel a engendré des problèmes d’instabilité de la structure du sol. Actuellement, il est encore trop tôt pour se prononcer sur une éventuelle amélioration des terres, mais la période hivernale est favorable au dessalage des parcelles drainées. Ainsi, les céréales implantées à l'automne 2010, avant le retour de la pluie, poussent sans problème de stress salin.
En attendant un retour à la normale, il faut prendre du recul, être patient jusqu’au printemps avant d'établir un diagnostic à partir de nouvelles analyses.

Quels enseignements pour le long terme ?

Une mobilisation de crise n’est possible que parce qu’il y a des compétences, des connaissances et de l’expérience acquises de longue date. C’est grâce à cette expertise forgée sur le domaine expérimental de Saint-Laurent-de-la-Prée que l’Inra a pu être présent dans l’urgence auprès du monde agricole.
La mobilisation a été générale tant pour le suivi technique sur le terrain (environ 200 prélèvements de sol pour les analyses) que pour le montage administratif des dossiers d’indemnisation.
Les perspectives d’avenir s’organisent autour d’actions de prévention et de restauration des marais : la réfection du réseau hydraulique, le renforcement des digues de protection, le traitement des terres cultivées (travail du sol, gypsage). C’est une démarche collective, inscrite dans le long terme, qui associe différents partenaires : instituts, chambres d’agriculture, coopératives, négoce, Inra, Conseil général...

Au domaine expérimental de l’Inra à Saint-Laurent-de-la-Prée, Jean-Michel Hillaireau et Claude Chataigner apportent leurs compétences aux Chambres d’agriculture, aux côtés d’autres interlocuteurs professionnels (Arvalis, le Cetiom, les coopératives, le négoce agricole…). Après la catastrophe, les partenaires ont élaboré et diffusé des notes techniques rédigées pour chacune des cultures. Les résultats des analyses de sol aident les agriculteurs à situer leur cas particulier et à programmer les travaux de restauration des sols.

Pour aller plus loin :