• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Pour des industries alimentaires plus économes en eau

L’industrie agro-alimentaire est grande consommatrice d’eau potable alors que les ressources mondiales s’amenuisent. Le programme européen Susclean tente de trouver des solutions pour limiter le gaspillage des entreprises tout en respectant la qualité des produits.

Système expérimental de  PURIFICATION  permettant de recycler les eaux usées dans les distilleries (notament celle produisant de l' ETHANOL ). Gros plan sur le tube contenant la membrane spiralée semi-perméable qui filtre l' EAU .. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 25/01/2013
Publié le 17/01/2013

Avant d’arriver dans nos assiettes, les produits alimentaires passent par un long processus, allant du champ au distributeur, en passant souvent par l’usine pour être nettoyés, fabriqués, transformés. Un long chemin qui nécessite de grandes quantités d’eau. Ainsi en ne prenant en compte que la phase de transformation d’un aliment, il faut par exemple 10 à 20 litres d’eau pour une salade en sachet, 1,5 litre pour un litre de lait ou encore 100 litres pour un litre d’alcool. L’eau sert aussi à la composition de nombreux produits comme les sorbets ou le jus de fruit. Mais l’eau potable est une ressource qui se raréfie, et il est donc nécessaire de la préserver dans une optique de développement durable.  Une fois utilisée, les industriels ne peuvent rejeter l’eau sans la traiter au préalable ce qui coûte de plus en plus cher.

Moins d’eau, moins de chlore

Le projet européen Susclean que coordonne Thierry Benezech, directeur de recherche à PIHM (Processus aux interfaces et hygiène des matériaux, Inra Lille) tient compte de ce constat. Lancé en janvier 2012, il a pour but d’élaborer des propositions visant à limiter l’utilisation de l’eau et celle du chlore, substance polluante, dans le nettoyage des industries agro-alimentaires. « Nous travaillons avec un industriel qui produit des salades en sachet et nous analysons la quantité d’eau utilisée pour le nettoyage des salades comme pour celui des outils. S’il est difficile d’économiser l’eau nécessaire au produit qui a besoin d’un milieu humide pour ne pas se déshydrater, il est possible de proposer des solutions innovantes, peu ou pas consommatrices d’eau et de chlore, pour laver les machines et les espaces », explique Thierry Benezech.

Ces techniques doivent bien entendu préserver toutes les qualités du produit et notamment l’hygiène. L’eau est aujourd’hui omniprésente dans les procédures sanitaires. Pour éliminer les biofilms par exemple, ces colonies de bactéries qui adhèrent aux canalisations, et qui sont responsables de 40% des toxi-infections alimentaires en France. Dans ce cadre, les chercheurs proposent notamment de modifier les surfaces pour limiter le développement de ces bactéries, ou encore d’utiliser des détergents plus respectueux de l’environnement et qui nécessitent moins d’eau.

Reste que le chlore est très efficace et peu cher. Il n’est donc pas aisé de le remplacer. « Aux Pays-Bas, l’utilisation du chlore est interdite, mais la seule alternative que les industriels hollandais ont trouvée est d’utiliser beaucoup plus d’eau. Peut-on alors diminuer les quantités d’eau sans recourir au chlore ? C’est une vraie question qui se pose et qui justifie notre projet actuel », souligne Thierry Benezech.