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La réflexion menée dans cet ouvrage porte sur le paysage agricole et vise à recommander les organisations paysagères les plus susceptibles d’améliorer la santé des cultures et les moyens de leur mise en œuvre.

Paysage, biodiversité fonctionnelle et santé des plantes

La réflexion menée dans cet ouvrage porte sur le paysage agricole et vise à recommander les organisations paysagères les plus susceptibles d’améliorer la santé des cultures et les moyens de leur mise en œuvre.

Mis à jour le 12/09/2019
Publié le 12/09/2019

Ces 20 dernières années, la prise en compte du rôle de la biodiversité en agriculture est montée en puissance. Parmi la biodiversité hébergée dans les milieux agricoles, certaines espèces dites « bioagresseurs » affectent la santé des cultures et la production agricole. Au contraire, d’autres espèces, dites « auxiliaires », servent d’ennemis naturels limitant ces populations nuisibles. D’autres, enfin, jouent un rôle dans la pollinisation, une fonction majeure pour certaines productions agricoles. 

Par leurs rôles, tous ces organismes contribuent à la biodiversité fonctionnelle sur laquelle l’agriculture cherche à s’appuyer pour produire de manière plus durable. Un grand nombre de ces espèces se déplacent en dehors des parcelles cultivées au cours d’une saison de culture, ou d’une année à l’autre, selon la localisation des cultures sur les paysages.  

 

Les auteurs

Sandrine Petit, directrice de recherche, est investie sur la thématique de la régulation biologique des bioagresseurs à l’échelle du paysage à l’Inra de Dijon.

Claire Lavigne est directrice de recherche et travaille sur la thématique de la régulation biologique des bioagresseurs à l’échelle du paysage à l’Inra d’Avignon.

Paysage, biodiversité fonctionnelle et santé des plantes

Editions Quae / Educagri – coll. Sciences en partage – 304 pages, septembre 2019 – 39 euros

EXTRAITS

La reconnaissance de la biodiversité et de ses rôles en agriculture a pris un formidable essor ces dernières années, en réponse à la nécessité de considérer et de préserver la santé des écosystèmes et des hommes. L’idée que la biodiversité représente un atout pour l’agriculture a fait son chemin et appelle à une transformation des systèmes agricoles, non seulement vers une réduction de l’utilisation des pesticides et autres intrants de synthèse, mais aussi vers une meilleure valorisation de la biodiversité fonctionnelle et des fonctions écologiques associées. Cet ouvrage collectif témoigne des nombreuses avancées scientifiques sur notre compréhension des facteurs modulant la biodiversité fonctionnelle dans les espaces cultivés de nos paysages. Cet état des lieux fait apparaître quelques consensus sur les caractéristiques des paysages à promouvoir pour renforcer la biodiversité fonctionnelle et offre ainsi des options sur ce qui est faisable aujourd’hui et envisageable demain pour gérer durablement nos paysages agricoles. Cet ouvrage démontre dans le même temps que le maintien d’une biodiversité fonctionnelle en agriculture peut résulter de déteminants multiples et d’interactions complexes, pointant ainsi l’idée qu’il n’existe pas nécessairement de solutions génériques applicables à toutes les situations et qu’il est nécessaire de s’appuyer sur des développements contextualisés. Le paysage est aussi et surtout un objet qui relie des acteurs humains multiples et des processus écologiques. Ce livre illustre combien il est important de comprendre le fonctionnement de dynamiques socio-écologiques pour identifier les mécanismes permettant de les transformer. 

C’est également un témoignage de l’effervescence qui anime les différentes communautés scientifiques impliquées sur ces questions, sans aucun doute en raison de l’importance des enjeux mais aussi du fait des avancées récentes, techniques ou conceptuelles, qui offrent de passionnantes perspectives dans l’étude des systèmes socio-écologiques. Du côté des processus écologiques, il reste de nombreux points à élucider autour des effets de l’hétérogénéité des ressources et des paysages, à des échelles spatiales et temporelles emboîtées, sur la biodiversité et les fonctions qu’elle supporte. Il reste aussi à généraliser des études intégrées, permettant de traiter simultanément de plusieurs fonctions utiles en agriculture : outre la régulation des bioagresseurs des cultures et la pollinisation, d’autres fonctions supportées par la biodiversité fonctionnelle, telles que la fertilisation des sols, la limitation des processus d’érosion, le stockage du carbone, et d’autres encore, sont attendues. Il convient d’en analyser les synergies ou les antagonismes afin d’identifier des voies de compromis entre ces diverses fonctions. Ces questions autour des compromis n’ont de sens que si elles sont traitées en lien avec les acteurs humains qui vivent et gèrent les paysages. La prise en compte de la diversité des acteurs et des facteurs qui influencent leurs actions dans l’analyse des processus biophysiques à l’échelle des paysages reste un défi scientifique qu’il faudra impérativement relever pour avancer. La mise en œuvre d’expériences d’accompagnement de la conception collective et participative de paysages agro-écologiques dans les territoires apparaît comme une voie opérationnelle pour faire progresser la compréhension des dynamiques socio-écologiques à l’œuvre dans nos paysages agricoles. 

Nous sommes aujourd’hui à l’aube de révolutions technologiques majeures. L’agriculture numérique, les données environnementales massives, la bio- informatique sont autant d’horizons qui s’ouvrent et qui pourraient apporter des éclairages et des questionnements nouveaux pour l’étude et la mise en place de paysages agricoles durables. Devant l’urgence de trouver des solutions ou des principes adaptables à chaque contexte, un enjeu majeur sera de renforcer la coopération entre différents acteurs et de combiner les connaissances scientifiques, ces technologies modernes et les savoirs locaux afin de concevoir et de gérer des paysages multifonctionnels et durables.