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Les auteurs de ce petit guide, un géologue, un botaniste, un agronome et un enseignant agriculteur, ont croisé leurs savoirs et associé leurs compétences.

Petit guide de l’observation du paysage

Les auteurs de ce petit guide, un géologue, un botaniste, un agronome et un enseignant agriculteur, ont croisé leurs savoirs et associé leurs compétences.

Mis à jour le 08/10/2019
Publié le 08/10/2019

On est souvent seul devant un paysage mais on peut tenter soi-même de mobiliser les connaissances dont on dispose dans différents domaines et chercher à les croiser. Lorsque l’on observe à plusieurs, chacun a sa lecture et on est surpris par la vision de l’autre. On découvre un autre point de vue. Le paysage se révèle alors plus complexe que prévu. Cette multiplicité des visions est une découverte pour qui est attentif au regard de l’autre. Le paysage semble contenir « tous les visibles de tous les voyants » (Merleau-Ponty).

Date de 1ère publication : 2006

Les auteurs

Jean-Pierre Deffontaines, géoagronome et directeur de recherche émérite à l’Inra, suggère une observation du paysage agricole, fruit de regards croisés. Il est décédé en 2006 après la parution de la première édition de ce guide.

Jean Ritter, botaniste et photographe, à l'Université de Franche Comté, est spécialiste de la flore et de l’écologie des groupements végétaux alpins, sous l’angle des rapports entre taxonomie et phytosociologie.

Benoît Deffontaines, géologue-géomorphologue à l'Université de Marne-la-Vallée, propose une évolution du paysage à l'échelle des temps géologiques.

Denis Michaud, éleveur-producteur de lait destiné au fromage de Comté, à Reculfoz (Haut-Doubs), et professeur à l'école d'agriculture de Levier (Doubs), est président de la Commission agriculture-forêt paysages du Bureau du Parc naturel régional du Haut-Jura. 

 

Petit guide de l’observation du paysage 

Editions Quae - coll. Guide pratique – 36 pages, 3 octobre 2019 – 17 euros

EXTRAITS

• Le paysage est partout présent. Il est à ce point fréquent autour de nous qu’on ne le regarde plus, qu’on ne le voit pas. L’attention s’éveille devant un paysage nouveau ou exceptionnel, mais pourquoi s’intéresser à un paysage ordinaire ? À cela, plusieurs raisons.  Le paysage est notre cadre de vie et bien souvent celui de nos activités. Il influence, sans que l’on n’y prenne garde, notre humeur, notre comportement, nos façons d’être et de faire. 

Le paysage fournit des informations concrètes et directes sur le climat, sur le vivant qui nous entoure, sur les formes du relief mais aussi sur ce que font les hommes dans ce territoire. Il change en permanence et donne un accès direct à la réalité. Regarder par la fenêtre le temps qu’il fait, la lumière, la vitesse et la direction des nuages, plutôt que d’en rester au bulletin météo à la télévision. 

Le paysage intervient de plus en plus dans l’économie de nos sociétés. Il influence même le prix du foncier. Il participe aux activités individuelles et collectives, qu’elles soient industrielles, agricoles ou touristiques, par exemple l’escamotage des balles d’ensilage enrubannées de plastiques dans de nombreuses régions agricoles. Il devient un critère essentiel de la qualité de notre vie. Il est dorénavant l’objet de politiques publiques au niveau national mais aussi européen. En 2006, la France a signé la Convention européenne du paysage mettant en commun la double perspective de conservation et de création du paysage. 

Enfin, le paysage devient un véritable moyen d’échange et de dialogue entre acteurs locaux. Il s’avère un outil pertinent pour élaborer des projets locaux de développement territorial, projets d’aménagement et d’environnement comme la réhabilitation d’anciennes terrasses de culture.   

 

• Face à un paysage, se poser des questions 

Il n’y a pas d’observation sans questions. Elles sont nombreuses devant un paysage. Il faut orienter son regard en choisissant l’une de ces questions. Elle pourra toujours évoluer au cours de l’observation. Les questions sont très diverses selon les compétences et les centres d’intérêt de chacun. 

Celles du géologue : quels sont les types de roches et les déformations tectoniques subies ? Quelle est l’histoire géologique ancienne et récente ? 

Du botaniste : quel est l’état, la structure et la dynamique de la végétation ? 

De l’agronome-géographe : quelle est la situation, le fonctionnement et la dynamique de l’activité agricole ? Quelles sont les pratiques clés qui transforment le paysage ? 

De l’éleveur maire de sa commune : comment distinguer dans le paysage les enjeux relatifs à l’évolution de l’agriculture et aux interactions avec les activités non agricoles et quelles informations retirer pour l’action ?