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Trous d'air en forêt

Des chercheurs de l’Inra étudient l’impact des vents sur les massifs forestiers pour définir un aménagement du territoire durable plus résistant aux aléas climatiques. Plus de 130 tempêtes ont été identifiées comme ayant causé des dégâts notables aux forêts dans l'Union européenne depuis 1950. Après la tempête de 1999, l’Inra a monté un projet baptisé Venfor.

Après la tempête, forêt domaniale d'Amance. (54) © BEHR Patrick
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 24/01/2013
Publié le 16/01/2011
Mots-clés : CLIMAT - FORET - TEMPÊTE - VENT

Les tempêtes sont un phénomène répandu en Europe, le long des côtes de l'Atlantique surtout. Pourtant aucun système ne permettait jusqu’au début du 21e siècle d’analyser les causes et les conséquences de telles destructions.
« Après la tempête de 1999, l’Inra a monté un projet baptisé Venfor, raconte Yves Brunet, chercheur. L’idée de départ était à long terme d’essayer de comprendre ce qui fait tomber les arbres, pourquoi ils tombent à certains endroits et pas à d’autres, ou comment ils résistent au vent ».

Fragmentation de la forêt

Pendant 5 ans, le gros du projet a consisté à développer des modèles pour pouvoir calculer et analyser ces effets. Ces recherches ont permis de mettre en évidence le problème des lisières, ces zones de délimitation entre une forêt et une clairière, une plage ou une prairie. « La lisière fonctionne un peu comme un obstacle et les arbres y sont soumis à des turbulences particulières », explique Yves Brunet. Mais ce qu’a surtout mis en évidence Venfor, c’est la nécessité de ne pas s’arrêter à l’impact des vents sur des parcelles. Pour une meilleure défense face aux tempêtes, il faut analyser leurs tracés et leurs variations à l’échelle d’un paysage entier. « On a démontré à partir de résultats de calculs que le découpage de la forêt dans l’espace, ce qu’on appelle la fragmentation de la forêt, peut avoir un impact très fort sur l’intensité de la turbulence. Pour un même vent qui arrive sur une forêt, elle peut augmenter ou diminuer selon le niveau de fragmentation », poursuit Yves Brunet.

Simuler la tempête

Une étude de 4 ans a donc été lancée par l’Inra, en faisant notamment appel à un expert écossais, Barry Gardiner. « A partir de mars-avril prochain, on va mettre en place une série de mesures dans une soufflerie spécialisée en Australie, relate-t-il. Nous avons mis au point une maquette de forêt dans laquelle nous allons introduire des clairières de taille variable de façon à simuler toute une gamme de fragmentation des paysages. Sur chacun de ces paysages, nous allons ensuite faire des mesures précises pour acquérir une base de données sur la façon dont le vent va se comporter ». Une manière de savoir comment, à vent similaire au départ, le paysage modifie les caractéristiques de ce vent. Et de faire des préconisations assez larges en termes d’aménagement ou de réaménagement du territoire, et non plus seulement aux sylviculteurs. C’est la grande nouveauté.

Dégâts et dévastation de la foret landaise, près du domaine de Pierroton, après la tempête de décembre 1999.. © Inra, PAILLARD Gérard

En chiffres

Le bilan des grandes tempêtes françaises

15 octobre 1987 : elle a surtout frappé les côtes britannique et bretonne. 21% de la forêt bretonne est rasée en 6 heures, soit 8 fois la production annuelle bretonne de bois.

26 au 28 décembre 1999 : les tempêtes Lothar et Martin ont sévi partout en France. On estime à 6,9 % la superficie boisée ainsi endommagée. La moitié des dégâts concerne l’Aquitaine et la Lorraine.

24 janvier 2009 : la tempête Klaus a particulièrement sévi dans les Landes et au nord de l’Espagne. Selon l’évaluation des dégâts conduite par l’IFN sur treize départements du sud-ouest de la France, elle a mis à terre 42,5 millions de mètres cubes de bois. L’Aquitaine concentre 88 % de la superficie forestière affectée et a perdu 30% de son stock d’arbres.