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ELEVAGE de porcs © Christophe Maître

Réduire les antibiotiques pour un élevage durable

Mis à jour le 20/02/2017
Publié le 08/09/2014

Réduire la consommation d’antibiotiques dans les élevages n’est pas si facile ! Des chercheurs de toutes disciplines et les professionnels de terrain tentent ensemble de proposer des alternatives aux antibiotiques.

Nécessaires pour la santé et à l’origine de progrès médicaux immenses, les antibiotiques ont été consommés à l’excès en santé humaine comme animale entraînant une diffusion très rapide des résistances bactériennes aux antibiotiques. La Commission européenne a estimé que les infections causées par les micro-organismes résistants sont responsables du décès de 25 000 patients chaque année en Europe. Les coûts directs et indirects se chiffreraient à plus d’1,5 milliard d’euros par an !

Pendant longtemps les responsabilités n’étaient pas assumées, santé humaine ou santé animale s’accusant réciproquement de cette diffusion d’antibiorésistance dans l’environnement. Pour Benoît Doublet, chercheur à l’Inra, « on n’a jamais prouvé des transferts de résistance entre l’élevage et l’homme, mais on suspecte tout de même la chaîne alimentaire via les abattoirs notamment, ou encore via les éleveurs au contact d’animaux. Mais aujourd’hui la réflexion est globale pour éviter la diffusion de l’antibiorésistance à l’environnement dans tous les milieux… » D’autant plus que  «la course contre la montre à la recherche de nouveaux antibiotiques s’essouffle : de nombreuses résistances sont apparues et depuis les années 90 beaucoup moins d’antibiotiques sont mis sur le marché», explique Thierry Pineau, directeur du département santé animale à l’Inra, « il a ainsi fallu créer des moratoires pour limiter leur usage, et trouver des pistes pour réduire les antibiotiques ».

Réduire leur usage de 25% en cinq ans

En France, le ministère en charge de l’agriculture a ainsi lancé en 2011 le plan national Ecoantibio 2017 pour diminuer de 25% l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire. Un objectif ambitieux que doit relever la recherche sur ce domaine : « réduire les antibiotiques fait appel à de nombreux leviers et des domaines de recherche très différents, tant en sociologie qu’en génétique, microbiologie, production animale ou qu’en pharmacie » analyse Christian Ducrot directeur adjoint du département santé animale, qui détaille « les sociologues s’essayent ainsi à comprendre la perception des éleveurs qui ont tendance à surévaluer les risques de maladies de leurs animaux. Les pharmaciens conçoivent des antibiotiques à action très ciblée pour éviter leur contact avec des bactéries non pathogènes. Les microbiologistes examinent quant à eux le mécanisme d’acquisition de résistances bactériennes aux antibiotiques tandis que les zootechniciens imaginent des systèmes d’élevage plus robustes : tout un programme !».

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Santé animale

« réseau recherche antibiotiques animal »

Christian Ducrot anime depuis 2013 le réseau R2A2 « réseau recherche antibiotiques animal » qui réunit autour d’une même table plus d’une centaine de chercheurs de toutes disciplines ainsi que des professionnels concernés par les résistances bactériennes aux antibiotiques dans les élevages. « Toutes les problématiques de recherches autour des alternatives qui permettent de préserver la santé animale sans avoir à recourir aux antibiotiques sont pertinentes lorsqu’elles sont examinées avec des chercheurs de tous bord mais aussi avec les vétérinaires, les industries pharmaceutiques, les instituts techniques, les éleveurs, les enseignants… » Ce think tank monte des projets interdisciplinaires sur la thérapeutique, la prévention ainsi que des composantes économiques et sociales pour réduire l'usage des antibiotiques.

Pour en savoir plus sur le métaprogramme Gisa : http://www.gisa.inra.fr/