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Séquisol, des pistes pour le confort et la sécurité du cheval

La qualité des pistes influence la locomotion du cheval et l’apparition éventuelle de lésions. Pour étudier la dynamique des mouvements et les impacts sur le sol, un dispositif de mesure original, couplant des enregistrements de forces avec des images synchronisées, est testé sur plusieurs types de pistes, dans les conditions de l’entraînement.

Par Brigitte Cauvin
Mis à jour le 02/10/2013
Publié le 17/12/2010

Questions à Nathalie Crevier-Denoix, directrice de l’unité "Biomécanique et pathologie locomotrice du cheval" (Inra-École nationale vétérinaire d’Alfort)

Comment le projet Séquisol a-t-il été conduit ?

Sur des terrains d’entraînement, des professionnels des courses et des sports équestres nous ont accueillis pour que nous testions, avec notre dispositif complet de mesures biomécaniques, des pistes de qualités diverses. Deux partenaires privés sont associés au projet : Labosport, spécialiste de la certification des sols sportifs, travaille à la mise au point d’appareils permettant de mesurer la dureté des pistes, et Normandie Drainage, qui construit des pistes et conçoit de nouveaux sols. Séquisol est un projet labellisé par le Pôle de compétitivité "filière équine" ; il bénéficie du soutien du Fonds unique interministériel, de la Région Basse-Normandie, des Haras nationaux et du FEDER.

Dans quel contexte prend place cette recherche ?

le paramètre "qualité de la piste" est très difficile à analyser car il n’est pas indépendant d’autres facteurs de risques comme l’entretien général du sol, l’âge du cheval, la nature de sa surface d’exercice habituelle, l’entraînement en amont… Par ailleurs, les études épidémiologiques menées jusqu’ici n’ont apporté que des appréciations globales (par exemple, les pistes "dures" augmentent le risque), et surtout elles n'apportent pas d'information sur les mécanismes qui conduisent à l’apparition des lésions, ce que les mesures biomécaniques, elles, permettent. Pour un cheval de course de 500 kg, les forces exercées sur chaque sabot lors de l’appui du membre sur le sol dépassent fréquemment la tonne, mais cette force n’avait jamais pu être quantifiée dans les conditions de l’entraînement et sur différents terrains. D’une façon générale, les effets de la nature du sol sur la locomotion du cheval et sur les contraintes exercées sur son appareil locomoteur (en particulier ses tendons) n’avaient été que très peu étudiés jusqu’à présent, en raison de la difficulté de réalisation de ces mesures. 

Extrêmement sophistiqué, notre équipement utilise des capteurs de forces et de mouvements, embarqués sur le cheval, et couplés à des ordinateurs, avec parfois des liaisons assurées par câbles. La première condition était donc que le cheval soit le moins gêné possible dans ses mouvements, et qu’il puisse recommencer plusieurs fois l’exercice imposé lorsqu’il est équipé. Deux instruments entièrement originaux (parmi les 6 utilisés, simultanément) ont été conçus et développés au sein de l’Unité. Il s’agit du fer dynamométrique 3D (nous en utilisons à présent 2 sur chaque cheval – ex. : sur un pied antérieur et un pied postérieur, ou sur les 2 antérieurs simultanément), et du capteur ultrasonore mesurant la force qui s’exerce dans les tendons (procédé breveté). Notre équipement de départ, lourd et embarqué sur un sulky, nous permettait d’étudier le cheval au trot attelé. Nous faisions alors l’acquisition des données et des images à partir d’une voiture roulant en parallèle du cheval en mouvement. Aujourd’hui, nous pouvons étudier le cheval monté, quelle que soit l’allure, et c’est l’équipage cheval-cavalier qui passe pendant quelques foulées dans un couloir aménagé d’une quinzaine de mètres sur la piste à tester, devant des caméras désormais fixes.

L’unité "Biomécanique et pathologie locomotrice du cheval" est une Unité sous contrat Inra-École nationale vétérinaire d’Alfort. Ses recherches portent sur l’appareil locomoteur et la pathologie locomotrice du cheval. À l’origine de boiteries et/ou de défauts de performance, la pathologie locomotrice est la première cause de pertes économiques pour la filière équine, tant à l’élevage que lors de l’exploitation sportive des chevaux