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Un guide pratique pour sélectionner et préparer au mieux le cheval athlète d’endurance.

Le cheval athlète d'endurance

Un guide pratique pour sélectionner et préparer au mieux le cheval athlète d’endurance.

Mis à jour le 20/02/2019
Publié le 19/02/2019

L’endurance équestre est en plein essor international

L’endurance équestre est en plein essor international ces dernières années. C’est une discipline exigeante, dont la réussite en épreuve à vitesse libre résulte d’une accumulation de petits détails qui font que le bon cheval arrive en bonne forme au bon moment sur la bonne course… Ce guide apporte des notions scientifiques et des éléments clés pour améliorer pratiques et techniques dans ce sport extrême et répondre aux préoccupations dans le travail du cheval d’endurance : la sélection (race, morphologie, locomotion, origines), la préparation physique et mentale (entraînement, alimentation) et la gestion en compétition (risques d’élimination, critères d’alerte en course…) y sont détaillées.

Le cheval d’endurance de race Pur sang Arabe a fait l’objet de plusieurs projets de recherche dont un projet important de 2011 à 2018 (Projet GenEndurance) qui a étudié les relations entre les performances sportives, la génétique et les caractères physiologiques et biomécaniques qui déterminent l’aptitude à l’endurance. A partir de ces projets de recherche, de nombreuses publications scientifiques ont été faites mais une synthèse sous la forme d’un guide pratique était nécessaire afin de disséminer les nouvelles connaissances acquises pour les éleveurs, les cavaliers, les entraîneurs et les vétérinaires. Ce livre rédigé par les membres de l’équipe de Biologie intégrative et génétique équine de Jouy-en-Josas permet de combler ce besoin de vulgarisation et de formation dans la filière équine.  

 

L’auteur, Céline Robert, est vétérinaire et professeur à l’école vétérinaire d’Alfort. Elle a notamment codirigé avec Eric Barrey, de l’unité Génétique animale et biologie intégrative à l’Inra de Jouy-en-Josas, le projet GenEndurance. 

 

Le cheval athlète d’endurance : sélection, préparation, compétition 

Editions de l’Institut français du cheval et de l’équitation, coll. Guide pratique – 2018, 128 pages – 20 euros

EXTRAITS

L’effort musculaire produit une quantité considérable de chaleur : seuls 20 à 25% de l’énergie produite par le métabolisme musculaire est convertie en travail mécanique ; les 75-80% restant sont dissipés sous forme de chaleur. L’excès de chaleur produit par le muscle lors d’une course d’endurance pourrait faire monter la température corporelle de plus de 10°C si les mécanismes de thermorégulation n’existaient pas. La chaleur intramusculaire est évacuée vers l’extérieur depuis les muscles jusqu’à la peau via une vasodilatation périphérique et une augmentation de la température cutanée. Quatre mécanismes permettent de rafraîchir la peau : conduction, convection, radiation et surtout évaporation (figure 15). La sudation assure entre 65 et 80% de la thermorégulation selon les conditions climatiques : la contrepartie est une perte d’eau et d’électrolytes qui entraîne une déshydratation si elle n’est pas compensée pendant la course. 

L’entraînement en endurance augmente le volume plasmatique, augmentant ainsi la quantité de liquide disponible pour la production de sueur nécessaire à la thermorégulation. La sudation démarre plus rapidement pendant l’effort et la sueur est plus diluée en électrolytes. L’entraînement à l’endurance induit aussi des mécanismes de récupération des électrolytes au niveau rénal et intestinal, électrolytes présents en grande quantité dans la sueur. Enfin, la vascularisation et la perfusion de la peau augmentent et sont optimales après environ deux années d’entraînement. 

(...) L’appareil locomoteur est constitué du squelette, des articulations, des muscles et de leurs tendons, et des fascias et gaines qui les entourent. Chez le cheval, les formations tendineuses sont particulièrement développées, que ce soit dans les parties distales des membres ou axiales. Ainsi, certains muscles sont entièrement fibreux chez le cheval comme le muscle inter-osseux 3 (= ligament suspenseur du boulet) ou le muscle troisième péronier (= corde fémoro-métatarsienne). Ces formations fibreuses fonctionnent comme des élastiques capables d’emmagasiner de l’énergie et de la restituer très rapidement. Elles contribuent à rendre la locomotion du cheval particulièrement efficace et économique. L’ensemble des formations de l’appareil locomoteur fonctionnent en synergie et se remodèlent sous l’influence de l’exercice. Le développement des masses musculaires avec l’entraînement est l’élément le plus visible. Cependant, l’os, les tendons et les ligaments se renforcent également sous l’effet des stimulations mécaniques si celles-ci sont d’intensité suffisante. La trame osseuse répond dès qu‘elle est stimulée par des forces d’amplitude élevée et les tissus mous (ligaments, tendons) se développent lors d’exercices en puissance. L’adaptation du système myo-arthro-squelettique est longue et lente ; l’entraînement doit donc être progressif pour laisser le temps aux différentes structures de s’adapter aux contraintes du sport. Un entraînement insuffisant expose à des lésions en compétition sous l’effet d’une sollicitation trop intense ; un entraînement trop rapide ou trop fort expose à des blessures à l’entraînement ou en course. 

Chez le cheval, il existe un couplage entre la respiration et la locomotion. Au petit trot, la respiration est indépendante de la locomotion chez le cheval d’endurance. Au trot rapide (plus de 8,5 m/s), apparaîtrait un couplage entre la foulée et la respiration. Au galop, la fréquence respiratoire est exactement la même que la fréquence de foulées, donc inférieure à deux cycles respiratoires par seconde (Cottin et al. 2010). Des foulées amples et régulières permettent une respiration plus profonde, tandis que des foulées courtes et rapides ne permettent pas au cheval d’utiliser au maximum sa capacité ventilatoire (expiration trop courte). L’entraînement du cheval d’endurance doit donc lui apprendre à galoper bien cadencé et détendu, pour favoriser une respiration efficace indispensable au métabolisme aérobie.

Le système nerveux intervient à tous les niveaux de l’organisme, il régule et adapte le fonctionnement des organes lors d’un effort. On distingue le système nerveux central (SNC), le système nerveux moteur (SNM) qui coordonne les mouvements, le système nerveux autonome (SNA) avec ses deux composantes ortho sympathique et parasympathique, et le système endocrinien (SE) qui régulent les processus du métabolisme énergétique. 

(...) Avec l’entraînement, le SNA et le SE induisent des adaptations métaboliques structurales et fonctionnelles.

(...) L’entraînement doit comporter des phases de récupération, pendant lesquelles l’organisme assimile les stress subis avant d’élever le niveau d’entraînement. 

L’effort d’endurance sollicite l’ensemble des systèmes physiologiques. Chacun présente des capacités d’adaptation à l’effort demandé. Ces adaptations sont lentes à se mettre en place et demandent un entraînement spécifique ; mais elles sont indispensables pour développer au mieux les aptitudes du cheval, préserver sa santé et assurer sa longévité sportive.