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Chargés de communication, en substance

Les phéromones, ces substances chimiques qu’émettent les êtres vivants, intéressent les chercheurs de l’Inra depuis plus de 30 ans. Présentes chez les animaux et certains végétaux, les phéromones sont un vecteur de communication entre individus d’une même espèce. Les scientifiques se sont penchés sur la signification de ces substances chimiques et leurs possibles applications.

Fourmi (Camponotus vagus): échange trophallactique . © DAUMAL Jeanne
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 25/01/2013
Publié le 24/01/2013

L'étude des phéromones a permis à la science d’avancer sur le terrain agronomique et environnemental. « Les phéromones, provoquant des comportements très déterministes, on peut utiliser la science des phéromones pour fabriquer des attractifs qui vont servir à manipuler les comportements des insectes pour protéger les cultures par exemple, explique Michel Renou, chercheur de l’unité de physiologie de l’insecte de l’Inra de Versailles. C’est le cas avec la méthode de la confusion sexuelle notamment ». Elle vise à brouiller la communication entre femelles et mâles de papillons nocturnes, responsables de dégâts importants dans les cultures de vigne, de pommes, ou de maïs. A partir de nombreux points, on émet dans la culture autant de phéromones que de milliards de femelles. Les mâles ne peuvent alors plus localiser les femelles. S’ensuit une réduction drastique des accouplements qui limite le nombre de chenilles, sans épandre d’insecticide. « L’une des motivations est donc de tirer parti de ces substances très actives sur le comportement des animaux et qui ne sont pas toxiques », ajoute Michel Renou.

Une réponse comportementale ou physiologique

Etudier les phéromones animales et végétales a également permis de mieux comprendre le fonctionnement du vivant. Chez les êtres vivants, les phéromones ont une importance particulière pour la communication au sein d’une même espèce. Elles déclenchent une réponse chez un individu qui peut être de nature comportementale, le fait de fuir par exemple, ou physiologique. Elles sont perçues par le système olfactif des animaux. On distingue plusieurs catégories de phéromones en fonction des comportements dans lesquels elles sont impliquées, dont les principales sont :

Les phéromones sexuelles : elles sont émises par un individu d’un sexe, insecte ou mammifère, pour indiquer à l’autre sexe une disposition à être fécondée par exemple. Certains papillons détectent un partenaire sexuel à plus de 10 kilomètres.

Les phéromones d’agrégation : elles sont émises soit par les mâles soit par les femelles pour réunir des individus. On les retrouve notamment chez les insectes sociaux. Pour un être solitaire en revanche, cette substance n’est pas utile.

Les phéromones de piste ou de trace : elles sont connues chez les fourmis notamment, qui lorsqu’elles vont de la fourmilière jusqu’à une ressource alimentaire marquent leur itinéraire, ce qui permettra à d’autres congénères de suivre la piste.

Les phéromones d’alarme : ce sont des substances libérées en cas de blessure ou d'attaque, qui déclenchent la fuite (pucerons) ou l'agression (abeilles) chez les autres individus de la même espèce. On les trouve aussi chez les poissons.

Les phéromones de territoire : on les retrouve chez les mammifères, dans l’urine des chiens et des chats par exemple. Moyen pour eux de marquer leur territoire et de le repérer.

Les humains « ressentent » les odeurs

Plusieurs études montrent que l’humain aussi sécrète des phéromones via la sueur, les sécrétions vaginales ou le sperme. Mais la perception de ces phéromones par l’homme et leur impact font encore débat chez les chercheurs. Les odeurs seraient « apprises » et les réponses non prédéterminées comme c’est le cas pour les phéromones animales. Reconnaître l’odeur corporelle de la mère n’implique pas nécessairement une « phéromone » mais la capacité d’apprendre à reconnaître des odeurs complexes.  Elles possèderaient un effet physiologique : des femmes restant longtemps ensemble auraient ainsi tendance à faire concorder leur cycle de règles. Mais les effets comportementaux resteraient faibles. Même si de plus en plus d’études soulignent que les phéromones ont une influence sur le choix du partenaire sexuel. A suivre donc.