Zoonoses : transmissions spéciales

Vache folle, grippe A, salmonellose… ces épidémies font peur et reviennent régulièrement sur le devant de la scène médiatique. Il s’agit des zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, et inversement.

Traitement d'échantillons dans un  LABORATOIRE  de type P3 (maladie à prions). © CARRERAS Florence
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 29/01/2013
Publié le 17/01/2013

La définition de l’OMS est claire : les zoonoses sont des infections et infestations qui se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa. Très nombreuses, elles sont parfois connues depuis longtemps, la rage par exemple. Mais on parle aussi de zoonoses émergentes, quand elles apparaissent chez une population où elles n’avaient jamais été identifiées avant (la grippe A en était une) ou réémergentes quand elles sont détectées alors qu’elles avaient été contenues (la fièvre jaune par exemple). Elles sont transmises par différents vecteurs : les bactéries, les virus, les parasites et les prions.

Peur bleue sur les produits crus

  • Transmission par prion : le prion est une protéine, responsable notamment de l’encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie de la vache folle, à l'origine chez l'homme de la maladie de Creutzfledt-Jakob.
  • Transmission bactérienne : la peste est une zoonose de ce type. Au Moyen Âge, elle a tué 40% de la population européenne. On trouve aussi la maladie de Lyme transmise par des tiques ou des poux, actuellement en recrudescence aux États-Unis et au Canada. Pour les salmonelloses, la contamination s’effectue en consommant des aliments contaminés crus ou peu cuits comme le lait, la viande ou les coquillages.
  • Transmission virale : la rage, la fièvre jaune ou la grippe A sont tristement connues. Si la rage, transmise par morsure ou simple léchage, a été bien contenue en Europe, elle fait encore 40 000 à 70 000 victimes chaque année en Afrique et en Asie.
  • Transmission parasitaire : la toxoplasmose ou les vers, comme le tænia, sont des zoonoses. Le tænia se trouve le plus souvent dans de la viande mal cuite sous forme de larve. Il est ingéré par l’individu et se fixe dans l'intestin.

Propagation et résistance

Toutefois, l’impact des zoonoses est à relativiser. La tuberculose, le VIH et le paludisme par exemple sont des maladies non zoonotiques qui affectent et tuent les populations dans une proportion bien plus élevée que l’ensemble des zoonoses. "Mais avec les déforestations et les facilités de déplacement des individus et des marchandises, le développement et la transmission des zoonoses s’est accru, estime Thierry Pineau, responsable du département scientifique Santé animale de l’Inra. La grippe A s’est ainsi facilement diffusée d’un continent à l’autre. Elle aurait provoqué la mort de 18 000 personnes, même si de récentes études évoquent 200 000 à 300 000 décès. Une mortalité finalement inférieure ou similaire à la grippe saisonnière. La rapide élaboration d’un vaccin a permis de contenir rapidement le virus au prix de plusieurs milliards de dollars mis sur la table par les états. Mais pour de nombreux cas de zoonoses, les traitements antibiotiques ou antiviraux sont efficaces, même si leur usage doit être très contrôlé. "L'exemple du Tamiflu, antiviral donné à un grand nombre de personnes, pour prévenir la grippe A avant la mise sur le marché du vaccin, est inquiétant : le diffuser en libre accès est quand même le meilleur moyen pour créer des résistances et se retrouver désarmé face à la pandémie suivante", prévient Thierry Pineau.