CHENILLE  -  PROCESSIONNAIRE DU PIN  au sol parmi les aiguilles de pins.

Processionnaire du pin : une chenille sous haute surveillance

Chenille processionnaire : les armes de la contre-attaque

Face à la chenille processionnaire, l’homme est loin d’être sans défense ! De nombreux moyens de lutte ont déjà fait leur preuves, tandis que de nouvelles méthodes respectueuses de l’environnement sont mises au point, notamment dans les labos de l’Inra. Le but : contrôler les populations de chenilles, et minimiser leur capacité de nuisance.

Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 02/08/2013
Publié le 08/07/2013

Equipement nécessaire en laboratoire pour l'ouverture des nids de chenilles processionnaires du pin. © MARTIN Jean-Claude
Equipement nécessaire en laboratoire pour l'ouverture des nids de chenilles processionnaires du pin. © MARTIN Jean-Claude

Il existe actuellement une belle palette de méthodes pour contrer une infestation de chenilles processionnaires. Celles-ci peuvent être divisées en deux : les méthodes curatives et les méthodes préventives. A chaque situation (période de l’année, surface à traiter, zone urbaine ou rurale, étape du cycle de la chenille…), il existe une méthode adaptée.

Méthodes curatives : haro sur la chenille !

La méthode la plus évidente, consiste tout simplement à détruire manuellement les nids, et à incinérer (sous réserve d’autorisation de brûlage)  les chenilles récoltées. Ceci n’est possible que pour des petites surfaces et pour des arbres ne dépassant pas les 3 ou 4 mètres de hauteur. Un équipement de protection est indispensable pour se protéger du courroux des chenilles attaquées.

Méthode classique pour les grandes surfaces, l’épandage de Bt est utilisé depuis plus de cinquante ans. Le Bt, Bacillus thuringiensis, est un microorganisme qui tue les chenilles de lépidoptères. Il est généralement répandu grâce à des canons atomiseurs. La chenille processionnaire étant la seule larve de papillon se développant en hiver sur les résineux, cet insecticide microbiologique a un impact limité sur les autres insectes qui sont en général en phase d’hivernation.  Néanmoins, suite au Grenelle de l’Environnement, il est désormais interdit d’épandre le Bt par hélicoptère ou ULM, sauf dérogation préfectorale.

L’art de la séduction est une arme très efficace contre les papillons. En effet, grâce à des pièges diffusant des phéromones de synthèse imitant celle des femelles, on peut attirer et éliminer une part importante des mâles d’un terrain donné. Ceci réduira d’autant le nombre de fécondations, et donc de pontes et de nids de processionnaires. L’unité expérimentale Entomologie et forêt méditerranéenne, a mis au point un modèle de piège performant et particulièrement bien adapté aux arbres et aux espaces verts.

Le moment de la procession est le moment idéal pour capturer toutes les chenilles d’un arbre. Il suffit d’y installer un piège à chenilles tout simple : une collerette entourant le tronc de l’arbre, percé d’un trou débouchant dans un sac plastique. Ces éco-pièges sont particulièrement recommandés pour les particuliers qui voient leur jardin infesté.

Méthodes préventives : mettre à profit la biodiversité

La mésange est un important prédateur de la  processionnaire  du pin.
La mésange est un important prédateur de la processionnaire du pin.
Les chercheurs de l’Inra tentent d’utiliser d’autres espèces végétales ou animales pour minimiser l’impact de la processionnaire. Le but n’est pas son éradication, mais de maintenir sa population dans des limites acceptables et donc de prévenir leur pullulations.

L’une de ces méthodes consiste à poser, en ville ou en forêt, des nichoirs à mésanges. Ces gracieux oiseaux insectivores peuvent en une seule journée dévorer une quarantaine de chenilles, prélevées directement dans l'abri de soie. Cette méthode est actuellement à l’étude dans quatre sites expérimentaux de l’Inra.

Planter une haie de feuillus à la lisière d’une forêt de pins peut protéger cette dernière des attaques de la processionnaire. En effet, les chercheurs ont remarqué que certaines essences, en particulier le bouleau, ont la faculté de cacher la vue des pins pour les processionnaires, voire de les éloigner grâce à des odeurs répulsives. Cette méthode innovante est actuellement testée par les chercheurs de l’unité Biodiversité, gènes et communautés de l’Inra de Bordeaux-Aquitaine. 

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Jean-Claude Martin, unité expérimentale Entomologie et forêt méditerranéenne, Inra Paca (Avignon)
  • Hervé Jactel, unité mixte de recherche Biogeco (équipe Écologie des communautés). Inra Bordeaux