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Polygala myrtifolia, polygale à feuille de myrte. Arbuste d'ornement sur lequel a été identifiée la bactérie Xylella fastidiosa en 2015 en Corse. © Wikimedia commons, Yellow cat & A Barra

Xylella fastidiosa, la recherche mobilisée

La bactérie au contrôle d’identité

Xylella fastidiosa est une bactérie qui provoque des maladies chez les plantes. Mais qui est-elle vraiment ? D’où vient-elle ? Comment affecte-t-elle les plantes hôtes ? Relevé d’identité bactériologique.

Mis à jour le 22/10/2015
Publié le 20/08/2015

Xylella fastidiosa est une bactérie dite phytopathogène, c’est-à-dire qui rend les plantes malades. Endémique (elle sévit de manière permanente) aux Amériques, du nord au sud, elle s’attaque aux vaisseaux conducteurs de la sève de nombreuses cultures (vigne, agrumes, café, arbres fruitiers et ornementaux, arbres forestiers, …) et plantes sauvages. X. fastidiosa est génétiquement diverse : six sous-espèces ont été décrites à ce jour, plus ou moins en lien avec une aire de répartition aux Amériques et une gamme de plantes hôtes (cf. encadré). Les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont produit une liste de plus de 309 espèces de plantes hôtes possibles. Dans l’Union européenne, X. fastidiosa a été observée pour la première fois en octobre 2013 dans les Pouilles au sud de l’Italie (sur des oliviers), puis le 22 juillet 2015 en Corse (sur des arbustes d’ornement exotiques, les polygales à feuilles de myrte). Un caféier ornemental porteur de la bactérie a par ailleurs été identifié et détruit en avril 2015 dans un marché de la région parisienne.

Cartographie des six sous-espèces de Xylella fastidiosa

En l’état actuel des connaissances scientifiques, six sous-espèces ont été identifiées à ce jour, chacune ayant des hôtes spécifiques et une aire de répartition géographique distincte. Les publications scientifiques sont nombreuses, en particulier aux USA, l’une des aires  d’origine de X. fastidiosa, depuis l’apparition de la maladie de Pierce sur les vignes californiennes puis ensuite la contamination d’autres végétaux, parmi lesquels les oliviers.
Les chercheurs américains ont conclu en 2014 que X. fastidiosa ne serait pas la cause des dessèchements observés sur oliviers en Californie, n’ayant pas réussi à reproduire les symptômes de la maladie ni à ré-isoler la bactérie à partir des symptômes obtenus de manière concluante. On sait aussi que les souches isolées en Californie sur ces oliviers et celles isolées sur les oliviers italiens n’appartiennent pas aux mêmes sous-espèces (sous-espèce multiplex pour les oliviers américains et sous-espèce pauca pour les italiens).
  Xylella fastidiosa : six sous-espèces identifiées dans le Monde. © Inra, INZERILLO Pascale
Xylella fastidiosa : six sous-espèces identifiées dans le Monde © Inra, INZERILLO Pascale

Privée de sève, la plante se dessèche

Détecter les plantes contaminées, une difficulté majeure

Limitée au xylème des plantes, autrement dit aux vaisseaux conducteurs de sève brute, la bactérie forme des biofilms, agrégats qui finissent par boucher ces vaisseaux et limitent ainsi la circulation de la sève. La plante, privée de sève, montre alors des symptômes de dessèchement. Assez peu caractéristiques, ces symptômes peuvent être facilement confondus avec ceux consécutifs à un stress hydrique d’une autre origine ; ils sont d’ailleurs accentués en cas de sécheresse. Après inoculation dans une plante, l’apparition des premiers symptômes peut nécessiter plusieurs mois. Bon nombre de plantes hôtes sont asymptomatiques, c’est à dire porteuses de la bactérie mais ne présentant pas de symptôme : ceci pose une difficulté majeure pour la détection des plantes contaminées.

      

Les insectes, vecteurs de dissémination

Le seul mode de dissémination naturel de X. fastidiosa est le transport par des insectes « vecteurs » qui ont acquis la bactérie en ayant préalablement aspiré la sève d’une plante infectée. Il s’agit en effet d’insectes piqueurs suceurs, qui se nourrissent de la sève des plantes et donc précisément dans les vaisseaux où prolifère la bactérie. Ensuite, lorsque l’insecte se déplace sur une autre plante, cela conduit à la dispersion de la bactérie entre plantes d’une même parcelle ou entre parcelles, à des distances qui dépendent des capacités de vol de chaque espèce d’insecte vecteur. Cependant, lorsque les plantes contaminées ne présentent que pas ou très peu de symptômes, la quantité de bactéries présente dans les plantes est restreinte, et la transmission par insecte est donc limitée.
L’homme, par ses activités, peut également disséminer X. fastidiosa via le transport de matériel végétal (plants) ou d’insectes vecteurs contaminés. La transmission de la bactérie par les outils de taille contaminés ou les opérations de greffage serait, quant à elle, assez faible.