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Embolie gazeuse dans une feuille de noyer. Vue microscopique d'une feuille de noyer montrant une bulle d'air (embolie) dans un vaisseau d'une petite veine. Cette embolie se forme en période de sécheresse et peut entrainer le dessèchement de la feuille. © COCHARD Hervé

Quand les arbres souffrent, ça s'entend !

Les progrès technologiques permettent de déceler des sons émis par les plantes lors d’épisodes critiques de leur vie, telle que l’embolie gazeuse. Les chercheurs sont à l’écoute…

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 22/09/2014
Publié le 14/08/2014

La sécheresse peut conduire à l’embolie gazeuse

Les plantes sont sensibles à la sécheresse car la plupart n’ont pas de réserves d’eau : une plante perd par transpiration au niveau des feuilles quasiment toute l’eau qu’elle puise dans le sol. C’est du reste cette transpiration foliaire qui est le moteur du flux de sève ascendante, le xylème. Si la sécheresse se prolonge, la plante est exposée au phénomène d’embolie gazeuse, c’est-à-dire la pénétration d’air par cavitation dans les vaisseaux du xylème en dépression, interrompant la circulation de la sève. Un trop grand nombre de vaisseaux embolisés conduit au dépérissement de l’arbre.

Les végétaux nous "parlent"

« Lors de ces évènements critiques, les végétaux nous « parlent », explique Thierry Ameglio, en émettant des ultrasons que nous pouvons déceler avec des appareils acoustiques adaptés. Ce phénomène est connu depuis les années 70, mais les progrès technologiques récents nous permettent d’aller plus loin ».

En effet les chercheurs ont enregistré les sons brefs émis dans les ultrasons par les arbres lors de la pénétration de bulles d'air dans les vaisseaux. Grâce à une méthode originale de préparation de fines tranches de bois qui reproduit les conditions de stress hydrique, les chercheurs ont montré que chaque entrée d'une bulle d'air se traduit par un "click".

Ces résultats sont susceptibles de conduire à des applications pour suivre la progression des phénomènes de cavitation et d'embolie gazeuse. Un sujet à fort enjeu dans le contexte de réchauffement du climat auquel sont soumises les forêts.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie, Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Centre(s) associé(s) :
Auvergne - Rhône-Alpes

Pour en savoir plus

Reportage photographique pour l'ouvrage «L’art d’acclimater les plantes, le jardin de la Villa Thuret» de Catherine Ducatillion et Landy Blanc-Chabaud, aux  EDITIONS QUAE. © © INRA, SLAGMULDER Christian
© © INRA, SLAGMULDER Christian

Voir le dossier complet sur la communication chez les plantes.