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Ressources génétiques

Dans un contexte d’intensification de l’agriculture, de l’élevage et de l’aquaculture, de standardisation des conditions de production et d’accroissement des échanges, la gestion des ressources génétiques vise à préserver, voire promouvoir, la diversité génétique, que celle-ci se situe intra- ou entre populations (variétés, races, souches, etc.) La gestion des ressources génétiques concerne les végétaux, les animaux et les mircoorganismes. L’Inra a constitué de nombreuses collections de ressources génétiques dans ces trois groupes d’espèces pour les besoins de ses recherches.

La gestion des ressources génétiques

Les ressources génétiques sont "la fraction de la diversité génétique générale du vivant dont les hommes font usage par la domestication et la sélection"*. Ces dernières ont engendré un foisonnement de diversité qu’il est facile d’observer et dont Darwin rendait déjà compte dans son ouvrage "L’Origine des espèces", en consacrant le premier chapitre à "la variation des espèces à l’état domestique". Avec les méthodes de la génétique, on peut étudier la part héréditaire de cette variation. Les outils de la biologie moléculaire et de la génomique permettent de quantifier la diversité génétique et d’en préciser la structure au sein des espèces.

Le concept de ressource génétique est apparu en 1967, accompagnant la "révolution verte" : à côté de la diffusion de variétés plus performantes dans les pays du Sud, il s’agissait pour la FAO de conserver les cultivars traditionnels locaux, considérés comme patrimoine commun de l’humanité et ressource en libre accès. En 1993, la Convention pour la diversité biologique définit ainsi les ressources génétiques : matériel génétique d’origine végétale, animale ou microbienne contenant des unités fonctionnelles de l’hérédité et ayant une valeur effective ou potentielle. Dans un contexte d’intensification de l’agriculture, de l’élevage et de l’aquaculture, de standardisation des conditions de production et d’accroissement des échanges, la gestion des ressources génétiques vise à préserver, voire promouvoir, la diversité génétique, que celle-ci se situe intra- ou entre populations (variétés, races, souches, etc.).

On distingue trois principaux modes de gestion/conservation des ressources génétiques, les deux premiers permettant une gestion dynamique, évolutive, de la diversité génétique :

  • In situ. Les organismes sont maintenus vivants dans leur environnement habituel : exploitations agricoles, milieu « naturel », etc.
  • Ex situ (in vivo). Les organismes sont maintenus vivants hors de leur environnement habituel : station expérimentale, arboretum, parc zoologique, laboratoire, etc.
  • In vitro (ex situ). Certains matériels biologiques sont prélevés à une époque donnée et conservés en local réfrigéré (graines…) ou dans l’azote liquide (semence, embryons, cellules somatiques, ADN…).


Les moyens mis en œuvre diffèrent sensiblement selon le groupe d’espèces.

Chez les végétaux, la notion de ressources génétiques est très large : depuis les 12 cultures majeures, façonnées par l’homme depuis près de 10 000 ans et qui représentent aujourd’hui 80% de l’alimentation, jusqu’à des espèces sauvages, non domestiquées (dont le poids économique peut être important comme certains bois précieux), en passant par les espèces sauvages apparentées aux espèces cultivées, réservoir de diversité indispensable aux améliorations futures. Autant que possible, l’accent est mis sur une gestion dynamique de la diversité, que ce soit au champ, à la ferme ou en milieux naturels. Les banques de graines, publiques ou privées, et autres réseaux de collections restent des pièces essentielles des dispositifs de conservation des ressources phytogénétiques, notamment pour les plantes de grande culture.

Chez les animaux, les objectifs de la gestion des ressources génétiques sont, d’une part, de préserver la variabilité intra-population des races ou lignées soumises à d’intenses pressions de sélection et, d’autre part, d’éviter la disparition des races à effectifs limités. Dans les deux cas, la gestion s’effectue très majoritairement in situ en s’appuyant largement sur des dispositifs de sélection très structurés et sur l’organisation sociale correspondante. La cryoconservation est généralement considérée comme un moyen complémentaire et une assurance ultime. Les espèces aquacoles, de domestication plus récente que les espèces terrestres, présentent la particularité de cohabiter dans l’environnement avec les populations sauvages, au point que les échappements causent parfois des problèmes en terme de diversité. La stagnation des captures par la pêche et les demandes croissantes en produits aquacoles incitent à entreprendre l’élevage de nouvelles espèces, soulignant le continuum entre diversité sauvage et domestiquée.

Chez les microorganismes, bactéries et champignons sont exploités par l’homme dans de multiples domaines en raison de leur diversité métabolique. Il peut s’agir ainsi de la production de molécules d’intérêt biomédical, de l’utilisation d’enzymes dans des procédés industriels ou encore de la mise en oeuvre à des fins de bioremédiation des capacités de dégradation de composés toxiques. L’exploration de cette extrême diversité n’en est cependant qu’à ses débuts puisque l’on considère que la très grande majorité de la flore microbienne, en particulier celle du sol et du tube digestif, reste à ce jour non cultivée. Des pans entiers de ces ressources génétiques restent donc largement méconnus et les méthodes d’investigation les plus récentes devraient permettre de les caractériser à l’échelle du génome.

Dans tous les cas, les questions d’accès aux ressources génétiques revêtent une importance croissante. Des négociations internationales tentent de faire émerger des règles permettant à la fois le partage de ces ressources et la reconnaissance des droits des communautés locales qui les ont entretenues. La gestion des ressources nécessitant que ces dernières soient inventoriées et caractérisées avec précision, la constitution de bases de données et l’accès aux informations correspondantes se révèlent alors critiques.
* Fridlansky et Monoulou, 2006

 

L’évolution en action dans la gestion des ressources génétiques : l’exemple de la gestion dynamique du blé tendre.

La gestion des ressources génétiques végétales peut se faire de façon statique, en conservant des graines à basse température, ou de façon dynamique, ...>>>




Rédaction :  E. Verrier, Inra-AgroParisTech, F. Lefèvre, Inra, P. Bertin, Univ. de Strasbourg, P. Boudry, Ifremer & Mission communication
Contact scientifique :  Etienne Verrier
Unité :  Génétique animale et biologie intégrative, Inra-AgroParisTech
Département :  Génétique animale
Date de création : 23 Novembre 2009
Date de dernière mise à jour : 10 Février 2010
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