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Le projet devenu le livre, par Isabelle Jarry Lorsqu’en octobre 2007, Patrick Legrand, qui dirigeait alors la ME&S de l’INRA, m’a emmenée à Dijon visiter le bâtiment du CMSE fraîchement achevé (les équipes n’avaient pas encore emménagé), et que devant Jacques Brossier il a évoqué la possibilité que j’écrive « le roman du bâtiment », j’ai cru à une boutade. Certes j’écris des romans, mais le CMSE n’était pas précisément un sujet romanesque, et d’ailleurs, la commande n’était pas celle d’une fiction. Il s’agissait plutôt de relater l’histoire d’une genèse, dont le produit final était le nouveau bâtiment du centre INRA de Dijon, tout beau et flambant neuf. J’ai donc visité les lieux, assisté à son inauguration en décembre, puis à la pose de la plaque dans le hall, j’ai rencontré les différents acteurs, dramatis personae comme on disait avant, les directeurs d’unités, les membres des équipes, les architectes, etc. Et j’ai pris des notes, et des photos, et des notes encore. Et au bout de quelques mois, je me suis rendu compte que tout cela ne faisait pas un livre. Parce que la matière en était trop disparate, trop incohérente par rapport à une narration classique, à une «forme» écrite. Chaque personne qui m’avait parlé avait un point de vue, et bien sûr ce n’était jamais le même en fonction de mes interlocuteurs. Je parvenais bien à me faire une idée, mais elle était multiforme, et parfois même contradictoire. J’ai cru abandonner… Puis les mots de Patrick Legrand me sont revenus en mémoire, et j’ai trouvé le défi plus intéressant qu’il ne m’avait paru de prime abord. Un roman… Pourquoi pas ? Il se trouve que dans le même temps, je commençais à travailler sur un projet d’essai dont le thème est « la science considérée comme un sujet de roman dans la littérature du XIXe siècle ». C’est un sujet passionnant, auquel je travaille avec un historien des sciences. J’identifie la manière dont les écrivains s’emparent du fait scientifique, et l’abordent dans le cadre d’une fiction, la littérature romanesque étant le lieu par excellence où s’inscrivent l’imaginaire collectif et la préscience de l’écrivain. Nous travaillons sur un corpus d’une quinzaine d’œuvres. Je me suis dit que j’allais considérer ma tentative romanesque comme une sorte de « travail pratique » à cet essai. Et écrire mon propre roman « de science » à partir des données fournies à l’occasion des entretiens dijonnais, et aussi des différentes thématiques que j’avais pu voir émerger au CMSE lors de mes fréquentes visites sur place. Afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté, j’ai choisi de décaler l’intrigue dans le temps, et d’anticiper quelque peu. Mais la volonté de me démarquer de la réalité n’est pas l’unique raison de ce choix : l’anticipation, ainsi que je l’ai remarqué dans bon nombre d’œuvres du corpus, est une bonne manière pour le romancier de mettre en perspective des données dont il souhaite expérimenter la pertinence. C’est un artifice narratif qui offre beaucoup de liberté et qui laisse à l’imagination, un champ beaucoup plus large que la réalité. C’est là où la fiction nous est utile… Voici donc le cadre du roman : un bâtiment de recherche, des équipes, une discipline : celle de la microbiologie des sols. L’action se passe à Dijon, sur le site de l’INRA, à l ‘intérieur du nouveau bâtiment du CMSE. Tout le reste relève de l’imagination, avec en filigrane une certaine lecture de la science d’aujourd’hui, livrée du point de vue d’un écrivain.
Toutes les questions que vous vous posez sur l’élaboration du roman, les
choix thématiques et narratifs, l’histoire, les contraintes du genre romanesque,
les sources scientifiques peuvent être posées à l’adresse : roman.du.cmse@gmail.com. Isabelle Jarry
Annonce de la parution du livre sur le site des Editions Stock 4ème de couverture du livre © 2009, INRA MaR/S, tous droits réservés |
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