Illustration de couverture Jean-Paul Riopelle, Série de Fleurs, En chemin, 1986 © Adagp, Paris 2009

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L'œuvre d'art de Michel Biot

« La terre nourricière »
Quadriptyque. Etude en stratification

L’ensemble des 4 toiles superposées s’inspire de l’idée de stratification dans le sol et d’interactions multiples qui y règnent, avec en trame un élan vers la surface qui trouve son acmé dans l’explosion végétale

 

Toile 1 : à la surface du sol, à l’exaltation vers la lumière des herbes, des pollens, des odeurs des plantes. photo © Inra
Toile 2 : plus proche de l’humus, raconte le romantisme vivant dans les plantes à la joie de sortir de terre, de s’élever, de donner vie. photo © Inra

Toile 3 : fait plus allusion aux strates et aux racines dans leur désir de vie et d’exaltation. photo © Inra

Présence du minéral dans les toiles 2 et 3. Présence de la vie primaire, microbienne, bactérienne.

Toile 4 : le minéral, l’eau. Les marbres, les basaltes, les racines prises en fossilisation. photo © Inra
 
Texte : Michel Biot, 2007
   

Michel Biot, dont les racines plongent dans le Sud de la Bourgogne, exerce aujourd’hui dans son atelier de Boulogne-Billancourt, ville qui accueille beaucoup d’artistes.

Le peintre, dont l’univers se nourrit de la vie intérieure des éléments de la nature, a dès le départ été enthousiasmé par un travail sur des thématiques de recherche de l’INRA. Dès lors, une rencontre, des échanges et une collaboration sympathique et fructueuse s’engageaient.

« Ma vocation de peintre a commencé dès l’âge de 8 ans, avec dès le départ une émotion forte devant les éléments vivants et de renouvellement de la nature. J’observais les insectes à l’aide d’un microscope et dessinais les élytres, les yeux, les antennes… Je n’ai cessé depuis de peindre, de regarder, de m’émouvoir, de dessiner et de réaliser que si le grain ne meurt la plante ne vivra pas. D’où cet amour pour les vieilles souches, les racines, les ravinements, la vie intérieure des éléments de la nature ».

« Lorsque j’ai une émotion, j’ai toujours envie de la transmettre. Le peinture pour moi c’est la transmission aux autres d’une émotion, d’un ressenti ».

« Je dessine beaucoup dans la nature. Je fais des croquis et prends des notes. Le dessin oblige à être attentif et à faire que le crayon monte comme la sève dans la feuille ».

Son approche a-t-elle quelque chose de scientifique ? « Je suis plus dans le domaine des sens, de la phénoménologie que de la science, mais cela se rejoint peut-être, notamment sur le plan de l’observation, la curiosité ».

« …la chair de chaque couleur, de chaque son, de chaque texture tactile, du présent et du monde, c’est que celui qui les saisit se sent émerger d’eux par une sorte d’enroulement et de redoublement, foncièrement homogène à eux, qu’il est le sensible même venant à soi, et qu’en retour le sensible est à ses yeux comme son double ou une extension de sa chair… …Chaque paysage de ma vie, parce qu’il est, non pas un troupeau errant de sensations ou un système de jugements éphémères, mais un segment de la chair durable du monde, est prégnant, en tant que visible, de bien d’autres visions que la mienne ; et le visible que je vois, dont je parle, même si ce n’est pas l’Hymette ou les platanes de Delphes, est le même numériquement que voyaient, dont parlaient Platon et Aristote… »

Merleau-Ponty, Le visible et l’invisible.

L’œuvre de Michel Biot est présentée dans de nombreux musées en France et à l’étranger, notamment à Dijon par le biais de la donation Granville. Michel Biot expose en permanence à la galerie Châtelet Victoria, 19 avenue Victoria, 75001 Paris.

 

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