L'agriculture entre contrats et
contrôles
à
l'Université d'été de l'innovation rurale
Marciac (Gers), les 7 et 8 août 2002
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Le 31 juillet 2002
De M. André
En réaction à l'article de
François Leger
Il me semble en effet que le lien entre territoire et projet dans le cadre des contrats, qu'il s'agisse des CTE ou des contrats de pays, est distendu. La dimension collective dans la définition des objectifs et la participation à leur réalisation n'est pas encore effective. Or l'orientation vers un développement rural durable par la voie contractuelle suppose l'existence d'une dynamique sociale qui soutiendrait et contribuerait à cette nouvelle voie. Instaurer une démocratie locale particpative est nécessaire. Le développement local ne concerne pas seulement le monde agricole! Cependant il faut trouver les moyens, notemment financiers et les procédures à mettre en oeuvre pour impulser cette dynamique. Néanmoins, il me semble que cela dépend aussi de la bonne exécution des contrats . Or assurer l'exécution des obligations nécessite des contrôles. Ces contrôles doivent être effectifs et s'accompagner éventuellement de sanctions. Les partenaires au contrat doivent être conscients de leurs obligations et des responsabilités qui les accompagnent. Le contrôle ne doit pas être vécu comme une contrainte mais comme une garantie de bonne exécution et de crédibilité du rôle des agriculteurs dans l'aménagement du territoire.
Le 9 août 2002
De Georges Bories
gbories@toulouse.inra.fr
Bonjour! Quelques réflexions à l'issue des deux journées
passées à Marciac, concernant particulièrement l'aspect
"agriculture et contrôles".
Le terme "contrôle" possède une connotation très
négative dans la mesure où il présuppose la
possibilité d'une déviation involontaire (faute professionnelle)
ou intentionnelle (fraude), et où il annonce l'intrusion d'un tiers
et éventuellement une sanction (économique ou pénale).
Les acteurs de l'agriculture nous ont dit combien ils percevaient
négativement le poids croissant de la procédure, en terme de
coût matériel et humain, et d'impact psychologique. Même
"l'auto-contrôle", forme atténuée dans la mesure où
il fait appel à la responsabilisation directe de l'acteur, apparait
comme une remise en cause du "professionnalisme" de l'agriculteur.
Mon expérience personnelle de la mise en place des Bonnes Pratiques
de Laboratoire (BPL) dans un laboratoire de recherches de l'INRA m'amène
à opérer un rapprochement conceptuel et à proposer en
lieu et place la notion de "Bonne Pratique Agricole".
Le concept de BPL remonte aux années 1982 (OCDE). Il est l'aboutissement
d'une réflexion visant à corriger des déviances graves
(fraudes) apparues dans la conduite d'études de toxicologie
expérimentale destinées à évaluer la
sécurité de médicaments humains, réalisées
sous la responsabilité de firmes pharmaceutiques dans le cadre de
l'homologation de nouveaux médicaments. Plutôt que de définir
des protocoles et d'accréditer des méthodes, les BPL se sont
fixées pour objectif de maîtriser :
- l'environnement des laboratoires conduisant ces études, tant en
ce qui concerne les éléments matériels (bâtiments,
matériel scientifique, hygiène et sécurité)
qu'humains (qualification du personnel) ;
- l'environnement des études avec un accent essentiel mis sur la
traçabilité et l'archivage.
Il est à remarquer que le coût induit par ces mesures
représente un surcroît d'environ 25%!
La transposition au domaine de l'agriculture peut apparaitre a priori
comme irréaliste en terme de lourdeur de gestion et de coût.
Et pourtant la chaîne alimentaire tombe secteur après secteur
sous le couvert de concepts similaires: BPL pour ce qui concerne l'homologation
des intrants (pesticides, médicaments vétérinaires,
additifs à l'alimentation animale), Bonnes Pratiques Industrielles
pour ce qui concerne l'alimentation animale, Bonnes Pratiques de Fabrication
au niveau de l'industrie agro-alimentaire.
Les Bonnes Pratiques Agricoles auraient l'avantage de couvrir l'environnement
de l'activité sans interférer directement avec celle-ci.
L'adéquation sanitaire et en terme de bien-être animal des
bâtiments d'élevage, l'adéquation sanitaire des locaux
de stockage et de transformation des produits, la traçabilité
des intrants (engrais, pesticides, énergie) et des productions, la
qualification des personnels (au travers de fiches indiquant niveau initial
et formations) constituent des éléments essentiels propres
à garantir la chaîne de traçabilité des produits
alimentaires et le "professionnalisme" des opérateurs. Par contre
cette approche n'interfère en rien avec la stratégie et les
décisions de l'agriculteur qui reste libre de fixer le niveau
d'exigence qu'il souhaite atteindre ou que d'autres contraintes (contractuelles
par exemple) lui imposeraient: il est simplement tenu de décrire
les mesures qu'il entend prendre pour atteindre cet objectif, et
prouver qu'il les applique, chose attestée par la
traçabilité des opérations. Cette démarche s'inscrit
totalement dans la démarche gestionnaire de l'entreprise agricole,
quelle que soit sa taille.
Une telle stratégie s'inscrit dans le cadre de la Norme ISO 9000,
etdemande la définition d'un référentiel adapté
à la situation particulière de la (des?) agriculture(s).
Le
De
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