ceux qui cancaillent, meuglent, stridulent, hennissent, jasent, dansent en huit, sifflent, piaillent... comme ceux qui sont muets ou silencieux ou inaudibles...... dans le Courrier de l'environnement.
Des articles en ligne, des dessins
de Rousso (signalés par un (°) au bout du titre), des dossiers
entiers Lutte biologique, Animaux
domestiques et gestion de l'espace, des pages particulières sur
cet infoservice : La vache folle en ligne, un
Kiosque animaux (en chantier), les
In memoriam, un appel
à observation (de Crustacés).
Et deux liens très particuliers :
HYPPZ (les animaux qui menacent
nos cultures) et
OPIE-Insectes (site
écologique et
entomologique).
Page réalisée avec Marie Guillaume, qui vous invite à lire son introduction aux animaux du Courrier et de l'environnement, avec tous les liens vers les articles qui, ci-dessous, sont présentés par ordre bêtement chronologique.
Et veuillez prêter une oreille à notre
meuglothèque et visiter notre
cyberélev@ge, plein de bestiaux.


On en trouvera la liste complète et à jour dans la page "articles classés par thème", tout particulièrement aux rubriques Biodiversité, Productions animales, Productions végétales, Sites et espèces protégés.
[R] En ligne (par ordre historique) :
Lecomte J., Lhéritier J. N., 1988. Protection et gestion des espaces
naturels en France. CC, 5, 4-11. (L)
Alors que la France possède un arsenal juridique
élaboré en matière de protection des espaces naturels
(Parcs nationaux, parcs naturels régionaux, réserves naturelles,
arrêtés de biotope, etc.), l'inventaire des ZNIEFF (Zones naturelles
d'intérêt écologique faunistique et floristique) vient
compléter les critères d'évaluation de la valeur
écologique des territoires concernés par ces mesures. Mais
la protection des milieux naturels ne se conçoit pas sans une politique
de gestion de ces valeurs écologiques. L'UNESCO, dans ce contexte,
a défini le concept de Réserve de la Biosphère, dans
le cadre du programme MAB (Man and biosphere).
Ducluzeau R., 1989. Micro-organismes recombinés et
écosystème bactérien du tube digestif. Propositions
de programme de recherche et utilité des animaux à flore
contrôlée pour estimer les risques. CC, 6, 3-11.
(L)
Cent milliards de lactobacilles et de streptocoques : c'est
la quantité de bactéries vivantes absorbées lorsque
l'on déguste un yaourt. Imaginons un instant que ces bactéries
soient modifiées par génie génétique, afin
d'améliorer leurs qualités technologiques : on peut être
inquiet ! Pourtant, les industries agro-alimentaires vont proposer, à
brève échéance, la mise sur le marché de telles
bactéries modifiées. Pour évaluer l'impact toxicologique
et le risque d'effet pathogène pour le consommateur ainsi que l'impact
écologique sur l'écosystème de la flore intestinale,
on se sert d'animaux gnotoxéniques (associés uniquement à
des microorganismes connus) à flore totalement contrôlée
et élevés dans des isolateurs clos.
Lecomte J., 1989. Introduire, réintroduire, voilà la
question. CC, 6, 21-30. (L)
Insectes, écrevisses, poissons, oiseaux, mammifères
: les exemples d'introductions d'espèces animales effectuées
volontairement par l'homme ne manquent pas. Malgré l'ensemble des
règlementations qui relèvent de la législation
française, le contrôle de ces introductions reste difficile
et délicat : il est nécessaire de mener une action au cas par
cas, suivant l'espèce considérée et son statut, tant
écologique que juridique. Qu'elles réussissent ou non, ces
introductions répondent à des motivations très diverses,
comme la lutte biologique et la sauvegarde d'insectes pollinisateurs. Leur
échec tient souvent à la carence des analyses écologiques
préalables.
La rédaction, 1989. Réintroductions : le cas du lynx.
CC, 6, 31-32. (L)
A la fois craint et respecté en tous cas fascinant,
objet de superstitions et de légendes, tour à tour lynx, chien
ou loup mais toujours « bête sauvage » le Lynx a commencé
à être éradiqué au XVIe siècle. Absent
de France depuis le début du XXe siècle, il est réintroduit
en 1983, dans le cadre d'un programme scientifique : douze Lynx d'Europe,
capturés dans les Carpates slovaques et relâchés en Alsace.
Ce qui ne se fait pas sans heurts, ni dérapages et actes de braconnage,
en dépit du consensus local entre le comité de suivi de
l'opération et les opposants au projet. La réintroduction du
Lynx est une question d'éthique : la protection de l'espèce
et la valorisation du patrimoine naturel du Massif vosgien sont les premiers
objectifs visés.
Clergeau P., 1989. Vers une gestion des populations d'oiseaux ravageurs
: l'exemple de l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris).
CC, 9, 11-17. (L)
(°)
Grégaire et opportuniste, l'Etourneau sansonnet se
révèle un véritable fléau pour l'agriculture
: des populations très nombreuses font d'importants
prélèvements sur les productions céréalières.
Face à ces pestes aviaires, l'homme n'a jamais cessé
d'élaborer des systèmes de lutte variés, plus ou moins
efficaces et plus ou moins radicaux, allant de l'épouvantail au
lance-flamme. Aujourd'hui, il s'agit d'apporter des réponses
adaptées, par le biais d'études approfondies du ravageur, suivant
les aspects géographiques, écologiques, etc. sans oublier l'impact
environnemental des stratégies de lutte envisagées.
Guilbot R., 1990. Groupe national d'études et de réflexions
pour la conservation des insectes et de leurs milieux (GNERCIM).
CC, 10, 23-25. (L)
Le GNERCIM est crée à l'heure où la
conservation des espèces devient préoccupation nationale. Il
vise à susciter une réflexion autour de la protection des insectes
et de leurs milieux, valorisant les mesures de sauvegarde et les études
biocénotiques. L'OPIE est à l'origine de sa création,
soutenu par le ministère de l'Environnement. Le GNERCIM a pour vocation
de devenir un véritable conseil national et un interlocuteur reconnu
auprès des ministères et des collectivités locales.
Laurent P.J., 1990. Point sur les risques engendrés par l'introduction
intempestive de Procambarus clarkii, l'Ecrevisse rouge des marais
de Louisiane. CC, 11, 7-10. (L)
L'écrevisse rouge, Procambarus clarkii, naturellement
la plus répendue des zones marécageuses de Louisiane,
représente une ressource économique importante. Sa rapidité
de reproduction et sa grande capacité d'adaptation à de nouveaux
milieux a donné lieu à des introductions intempestives dans
de nombreux pays, dont la France. Mais elle est redoutable pour l'environnement
: l'emportant dans la compétition pour les ressources du milieu, elle
menace de faire disparaître les espèces autochtones, à
qui, de plus, elle peut transmettre une mycose. La France a pris un
arrêté en 1983, interdisant l'importation et la commercialisation
de P. clarkii à l'état vivant. Ce qui
ne l'empêche pas de l'introduire... congelé
et cuisiné.
Guilbot R., 1991. Exemples de lutte biologique en milieux urbain et
péri-urbain. CC, 13, 30-34.
(L) (°)
Ces milieux urbains et péri-urbains offrent aux insectes
abris et nourriture. Les interventions phytosanitaires, nécessaires
à la protection des espaces urbains contre les insectes phytophages
et autres ravageurs, ne tiennent pas compte de la fragilité des
équilibres biologiques. Plus sûre en matière de protection
de l'environnement, la lutte biologique est à privilégier.
L'auteur nous en présente différentes stratégies à
travers trois exemples : la lutte biologique contre les insectes
défoliateurs en Loire-Atlantique, la démoustication dans trois
régions de France et l' « opération coccinelles »
à Caen.
Untermaier J., 1991. Pour la faune sauvage de l'an 2000. CC, 14, 8-18.
(L)
Le projet de réforme de l'arrêté du 17
avril 1981, fixant la liste des mammifères protégés,
est à l'origine d'une réflexion sur le problème des
animaux dits « nuisibles », qui pose les jalons de la définition
d'une nouvelle politique concernant la faune sauvage. France Nature
Environnement, opposée à toute régression de la protection
de la faune sauvage, élargit le débat aux rôles de
l'écologie et des sciences sociales, respectivement fondement et moteur
de la conservation, et s'interroge sur le re-positionnement de la notion
même de protection de la nature.
Rouland P., 1991. La réintroduction du castor en France. CC,
14, 35-42. (L)
Après avoir disparu de la faune européenne entre
le XVIIIe et la fin du XIXe siècles, le Castor (Castor fiber
galliae Desmaret ou Castor albicus galliae Geoffroy) opère
son retour au XXe siècle : les réintroductions, menées
en France depuis 30 ans, ont permis une amélioration de son statut.
A l'origine de ces introductions, des mesures de protections et le manifeste
de plusieurs intérêts (biologique, culturel, écologique,
naturaliste et pédagogique). L'Office national de la chasse, l'ONC,
assure le suivi des opérations de ré-introductions. Ainsi,
on peut affirmer qu'en France, le Castor se porte bien.
Thiéry D., 1991. Les phéromones de ponte : une nouvelle
arme contre les insectes ? CC,15, 21-24
(L)
(°)
Sur le principe du détournement d'un mode de communication
chimique, cette nouvelle technique met en oeuvre les phéromones de
pontes (« anti-oviposition »), qui régulent ou suppriment
naturellement le comportement de ponte des insectes. Une fois répandues
sur les cultures, elles peuvent se transformer en répulsif efficace
. Le procédé est loin d'être complètement au point.
Reste à identifier les médiateurs chimiques et à analyser
les comportements induits chez les insectes. Deux formulations ont fait l'objet
d'un dépôt de brevet INRA-CNRS.
Hawlitzky N., 1992. La lutte biologique à l'aide de
Trichogrammes. CC, 16, 9-26. (L)
L'emploi des Trichogrammes, auxiliaires de lutte biologique
contre les ravageurs phytophages, rassemble les intérêts de
chercheurs du monde entier. Ces parasitoïdes pondent dans les oeufs
d'autres insectes et s'y développent à leurs dépens,
éliminant les ravageurs avant même que ceux-ci n'aient
commencé à faire des dégâts : un atout important
qui justifie la place accordée aux Trichogrammes parmi les Insectes
les plus étudiés dans le contexte de lutte biologique.
Particulièrement bien détaillé, l'exemple concluant
de la lutte contre la Pyrale du maïs, réalisé par l'INRA
et ses collaborateurs universitaires ou privés, souligne l'ampleur
des travaux de description, d'expérimentation, tableaux et schémas
à l'appui. Nouvel objectif d'étude : la garantie de
l'efficacité de la lutte par Trichogrammes dans les régions
chaudes. A suivre...
Jourdheuil P., Grison P., Fraval A., 1991. La lutte biologique : un
aperçu historique. CC, 15, 37-60.
(L)
Le principe général de la lutte biologique repose
sur l'attibution du rôle d'auxiliaire de l'homme, dans son combat contre
les ravageurs de cultures, à un organisme vivant. Alors qu'en
matière d'écologie, la lutte biologique tend à être
considérée comme une unité conceptuelle, les praticiens
lui reconnaissent une grande diversité. Elle est née dans un
contexte où la préoccupation était de pallier les
insuffisances de la lutte chimique, se joignant à celle-ci. Actuellement
elle répond au souci de combattre les ravageurs dans le respect de
la nature : la lutte biologique constitue la base de la lutte
intégrée. Les auteurs, en revisitant les grands
événements marquants de son histoire, proposent plus qu'un
simple aperçu chronologique : l'intérêt appliqué
des organismes entomophages sert de support à une réflexion
sur les principes de recherches coordonnées et structurées,
sur la pluridisciplinarité des savoirs mis en jeu et sur
l'internationalisation de la démarche. Le rôle déterminant
de l'INRA dans l'histoire de la lutte biologique passe autant à travers
la création et le développement de stations
spécialisées que par le travail et la persévérance
de chercheurs illustres. Un hommage rendu à ces pionniers, en quelque
sorte...
Cayrol J.C., Djian-Caporalino C., Panchaud-Mattei E., 1992. La lutte
biologique contre les Nématodes phytoparasites. CC, 17, 31-44.
(L)
Ils sont discrets, petits, mais occasionnent des dégâts
sur de nombreux types de cultures dont l'incidence économique revêt
un caractère mondial : les nématodes phytophages, parce que
particulièrement résistants, donnent du fil à retordre
aux agriculteurs. Majoritairement employés, les nématicides
chimiques sont efficaces mais risquent, à brève
échéance, d'être interdits d'utilisation, compte tenu
de leur toxicité. Le développement de moyens de lutte alternatifs
est impératif. L'INRA, pionnier en la matière avec le
dépôt d'un brevet concernant l'emploi d'un champignon
prédateur, propose un véritable inventaire de ces moyens
biologiques. Champignons nématophages, plantes mycorhizées,
bactéries et plantes nématicides, encore à l'étude,
apportent des solutions très prometteuses.
Guy P., 1992. Diversité biologique : ambiguités, erreurs
scientifiques, risques politiques. CC, 18, 87-88.
(L)
Derrière les mots, il y a les textes. Et la diversité
de leurs interprétations. L'emploi massif des termes «
biodiversité », « ressources génétiques »
et « indigènes » justifie une mise au point, dont les
définitions constituent le point de départ. Un retour aux textes
originels, donc, et à ceux des articles 2 et 8 de la Convention sur
la diversité biologique, signée en juin 1992 à
Rio-de-Janeiro, lors d'un sommet de la terre qui «...est plus un
départ qu'un aboutissement ».
Chaubet B., 1992. Diversité écologique, aménagement
des agro-écosystèmes et favorisation des ennemis naturels des
ravageurs : cas des aphidiphages. CC, 18, 45-63.
(L)
La pratique d'une agriculture plus saine et respectueuse de
l'environnement selon les principes de l'agro-écologie, passe par
la préservation et le renforcement du rôle des antagonistes
des insectes ravageurs. Mais le problème n'est pas simple, puisqu'il
implique la conception d'agrosystèmes à fonctionnement proche
de celui des écosystèmes naturels : les aphidiphages et, par
voie de conséquence, les ravageurs, se trouvent sous la dépendance
de la diversité des espèces végétales qui composent
la biocénose. Plusieurs échelles sont donc à prendre
en compte pour l'intervention contre les ravageurs : celle du champ cultivé
et celle de la région.
Sauvant D., 1992. La production de méthane dans la biosphère
: le rôle des animaux d'élevage. CC, 18, 65-70
(L)
(°)
Les animaux d'élevage contribuent à l'effet de
serre via... les produits gazeux de leur digestion : en cause, le méthane,
qui provient de la dégradation en anaérobiose de la biomasse
végétale ingérée, sous l'action de la microflore
du tractus digestif de ces animaux. Mais il ne s'agit pas, sous prétexte
de diminuer ces productions de méthane, de s'engager dans une
réduction naïve et irréfléchie des élevages
bovins, groupe d'animaux le plus méthanogène à
l'échelle de la terre. Sont analysés en détail les facteurs
inhérents à la production de ce gaz, alliant les formules
biochimiques de fermentation et de production d'énergie aux
caractéristiques biologiques des différentes espèces
animales en cause, étude des rations alimentaires comprise.
Pascal M., 1993. Perspectives de lutte biologique contre les Rongeurs
champêtres. CE, 19, 45-52. (L)
L'image attendrissante du petit rongeur champêtre s'assombrit
lorsque l'on évoque le nombre de pathologies virales qu'il est susceptible
de transmettre. Alors, lutte chimique, lutte bactériologique ou
utilisation des prédateurs naturels ? Dans l'état actuel des
connaissances, cette dernière voie semble la plus adaptée.
A condition toutefois d'opter, à court et à moyen termes, pour
le renforcement des effectifs de prédateurs autochtones, dans le cadre
d'une lutte intégrée contre ces rongeurs.
Pouvreau A., 1993. Les Bourdons pollinisateurs menacés. CE,
19, 63-70. (L)
L'action pollinisatrice des bourdons assure la reproduction
des espèces végétales, qui leur fournissent le nectar
dont ils se nourrissent. Ceci est d'autant plus vrai que les bourdons
développent certaines affinités spécifiques vis à
vis de certaines légumineuses, le Trèfle violet en particulier.
Malheureusement cet insecte est aujourd'hui en danger. Quelles sont donc
les facteurs responsables des fluctuations de ces populations ? Le problème
est de taille puisque l'équilibre de l'écosystème est
en jeu.
Rivière J.L., 1993. Les animaux sentinelles. CE, 20, 59-68.
(L)
(°)
(°)
En matière d'écotoxicologie, tous les polluants
issus des activités humaines et contaminant l'environnement sont
dangereux. La valeur des résultats des mesures de pollution obtenus
par les méthodes de chimie analytique n'est plus à démontrer,
même ces dernières pêchent par le manque d'appréciation
du risque toxique de ces polluants.L'utilisation d'animaux sentinelles se
présente comme une méthode complémentaire, capable de
fournir des données concernant les risques de toxicité encourus
par ces espèces elles-mêmes, mais aussi par les autres espèces
du milieu, l'homme en particulier. Une évaluation détaillée
de la mise en pratique de tels dispositifs.
Sabatié M.R., 1993. Ecosystèmes menacés. CE,
20, 74. (L)
Côte méditerrannéenne, côte atlantique
ou eaux continentales, la dégradation des milieux aquatiques au Maghreb
est alarmante. Les pollutions, tout comme les pêches intensives et
souvent irrespectueuses, affectent tant les écosystèmes que
l'avifaune et les espèces aquatiques, s'en trouvent menacées.
Les impacts socio-économiques, tels que la baisse de certains rendements
en pêche côtière ou hauturière, sauront-ils susciter
une prise de conscience de la part des autorités concernées
?
Pinet J.-M., 1994. Cervidés et sangliers. Des élevages de
diversification ? CE, 21, 21-26.
(L)
(°)
Cette étude s'intéresse aux élevages de
venaison, c'est-à-dire destinés à consommation,
distingués des élevages d'animaux pour la chasse. Le cas de
la France fait suite à une présentation statistique des
élevages de Cerfs (Cervus elaphus), de Daims (Cervus dama)
et de Sangliers (Sus scrofa sl.) au niveau européen, qui met
en évidence la faible consommation annuelle par habitant. En dépit
de contôles sanitaires particulièrement rigoureux, la venaison
et l'élevage de gibiers, quasi inconnus en France, constituent un
marché prometteur dont l'image reste à construire.
Arnould J., 1994. Genetic Park : Des aventuriers de l 'Arche
perdue à Jurassic Park: quand un théologien rencontre un
dinausaure...CE, 21, 60-61. (L)
(°)
...que peuvent-ils se raconter ? Le dinausaure peut se targuer
d'être l'acteur-vedette d'un film (Jurassic Park), tiré d'un
livre de M. Crichton (Jurassic Park), oubliant qu'il est le messager de ce
dernier : le débat sur les manipulations génétiques
constitue en effet le centre d'intérêt du roman. Et le
théologien de rappeler que le problème n'est pas récent
: il en est déjà question dans le Livre de la Genèse...
C'est le rapport de l'homme au temps qui va réunir le biologiste et
le théologien, autour du processus d'héritage, fondement même
de l'évolution.
Larrère R., 1994. Sauvagement artificiel. CE, 21, 35-37.
(L) (°)
Les terrains en friche, les forêts abandonnées et autres
broussailles, conséquences de la déprise agricole, sont les
symboles d'un retour à la nature. Acteurs de cet ensauvagement, les
animaux captifs issus de zoos ou d'élevages sont progressivement
ré-introduits et placés en liberté surveillée.
Le suivi de ces opérations passe par le biais d'un discours,
pédagogique ou médiatique, qui traduit une confusion entre
« ensauvagement » et « domesticité ». De quoi
donner lieu à des (ré-)introductions « sauvages »,
sous couvert de protection des espèces...
Pascal M., 1994. La Baleine bleue. CE, 21, 62-63.
(L)
(°)
Bien que protégée officiellement depuis trente
ans, les populations de Baleine bleue (ou Grand Rorqual) ne cessent de
s'amoindrir. Elles étaient d'un quart de million dans les années
trentes, aujourd'hui, il en resterait à peine un millier. Entre des
règlementations imprécises et les accusations injustifiées
visant un autre amateur de plancton, le Petit Rorqual, tout est bon pour
laisser l'animal le plus grand du monde, seul, face à son funeste
destin.
Gibon A., 1994. En Ecosse. CE, 21, 64-66
(L)
(°)
Le domaine de Glen Tanar abrite la station expérimentale de
Glensaugh qui, au-delà des caractères pédagogique,
commercial et touristique, est le siège de plusieurs axes de recherche
: l'écologie du pâturage, l'agro-foresterie et le bien-être
animal. Ce dernier point concerne notamment la diversification des productions
animales, s'intégrant dans l'élaboration de systèmes
dits « alternatifs ». Les premières tentatives ont
été entreprises sur le Cerf (Cervus elaphus), la
Chèvre cashmere, le Guanaco (Lama guanicoe) et les ovins
(marché de la laine).
Pascal M., 1994. Je suis le Chat qui s'en va tout seul et tous lieux se
valent pour moi. CE, 23, 68-70. (L)
kipling reconnaît à ce felin domestique son
caractère indépendant et mystérieux : l'histoire de
l'introduction du Chat (Felis catus) sur l'archipel des Kerguelen
le serait tout autant si elle n'avait pas pris la tournure d'une enquête
policière. Car il s'agit là d'une véritable expérience
d'acclimatation à un milieu totalement nouveau. Probablement issu
d'un seul couple fondateur, relique de l'une des deux introductions
précédentes infructueuses, le Chat de Kerguelen s'est
implanté malgré tout, grâce à la qualité
de ses gènes et sous l'action d'une pression sélective forte.
Si bien implanté qu'on en a été réduit à
limiter leurs populations par le biais d'une maladie virale... Le Chat aimait
les lapins mais un peu trop les oiseaux.
La biodiversité dans sa perspective historique (conférence)
par Pierre-Henri Gouyon. CE, 23, 72-78. (L)
La vision idéale de la nature serait bel et bien en
voie de disparition. L' « harmonie de la Nature » peut-elle se
justifier devant les extinction massives d'espèces, à l'instar
des Dinosaures et de 70% des espèces existantes à l'époque
? Le polymorphisme génétique au sein d'une espèce suffit-il
à garantir la biodiversité ou bien doit-on tenir compte de
la multiplicité des espèces dans un environnement donné
? Autant de problématiques que l'auteur nous amène à
considérer d'un point de vue historique. De Linné à
Darwin, comme lors du passage d'une vision créationniste à
une vision évolutionniste, de l'eugénique à
l'eugénisme, la réflexion des scientifiques prend peu à
peu une teinte plus sombre. « La société perd confiance
en la capacité de l'humain à gérer son propre environnement
en même temps que les scientifiques perdent confiance en la faculté
de la Nature à s'optimiser elle-même ». Plus qu'un constat,
une démarche méditative sur la complexité du
monde....
Rouland C., 1994. Les mécanismes de production de méthane
par les Termites en forêt tropicale. CE, 23, 57-62.
(L)
(°)
« Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es ...
» ... et la quantité de méthane que tu produis ! C'est,
en gros, ce que rapporte une étude menées sur des Termites
(Termitomyces) des forêts tropicales. Répartis en trois
groupes suivant leur régime alimentaire, xylophages, humivores ou
champignonistes, ils jouent un rôle important dans la décomposition
des matières organiques. Leur digestion entraîne une émission
de méthane, dont les humivores, puis les champignonistes sont les
plus gros producteurs. Vingt-sept millions de tonnes seraient ainsi
diffusées chaque année dans l'atmosphère ...
Houdebine L.M., 1994. La transgenèse animale et ses risques.
CE, 23, 45-55. (L)
(°)
Entre peurs, fantasmes et réalités biologiques,
la transgénèse animale a bien du mal à occuper une position
objective dans l'esprit du public. Pourtant, en ouvrant la voie de la
compréhension des grandes fonctions biologiques, elle a
intégré l'évantail d'outils désormais indispensables
aux biologistes de la recherche fondamentale. Cette étude offre une
analyse pertinente des risques inhérents à cette technique,
concernant aussi bien l'homme, l'environnement, que l'animal lui-même.
Néanmoins, la rapidité des progrès réalisés,
ces dernières années, dans les domaines du génie
génétique et des biotechnologies, laisse présager des
résultats bénéfiques... pour peu que le dialogue s'instaure
entre biologistes et citoyens.
Lamotte M., 1995. A propos de la biodiversité. CE, 24, 5-12.
(L)
(°)
La biodiversité ou diversité biologique se place
sous le signe de la multiplicité : celle des paysages et des
écosystèmes, comme celle des niveaux auxquels on se situe pour
l'estimer. Intra- et interspécifique, entre écosystèmes
et entre biotopes, cette diversité reste garante de l'évolution
des êtres vivants, puisque sa diminution nuit à leur capacité
de s'adapter à des changements de milieux. Cependant, seuls les groupes
les mieux connus sur le plan taxinomique permettent de quantifier cette
diversité. Par ailleurs, des domaines de la biologie, nécessaires
à cette évaluation, comme la systématique, sont en voie
de sous-développement. Le ralentissement de la dégradation
du patrimoine biologique passe donc par un investissement et une concentration
des efforts dans trois domaines prioritaires : la conservation des
écosystèmes, la survie des espèces, ainsi que le maintien
de la diversité biologique chez les plantes cultivées et les
animaux domestiques.
Vissac B., 1995. Populations bovines et systèmes agraires dans
les marais de l'Ouest. CE, 24, 49-58.
(L)
(°)
Où l'exemple de l'élevage bovin comme fondement
de la réflexion sur l'agriculture « science de localité
». Force est de constater que sous couvert de modernisme, l'agriculture
s'est coupée de ses fondements sociaux et territoriaux
élémentaires. La population animale sert de base à
l'expérimentation sociologique tentée en vue de rassembler
les tenants des tendances productives, associés aux agronomes et ceux
des tendances conservatrices. Elle-même définie sous deux angles,
biogénétique et anthropologique, elle devient le
«totem», support d'identification. La race Maraîchine des
marais de l'Ouest illustre ce concept : rusticité et extensif ou
muscularité et valorisation commerciale ? Local ou global ? Les
éleveurs sont au coeur d'un débat complexe qui nécessite
la mise en place de systèmes hybrides, fédérateurs,
dans le cadre des mesures agroenvironnementales.
Godin J., Vivier E., 1995. Les Mustélidés dans les forêts
du Nord de la France. CE, 25, 53-62. (L)
Fouine, putois, belette et hermine, autant de petits carnassiers que
les chasseurs cherchent à détruire sous prétexte qu'ils
seraient si nombreux et si voraces que le gibier subirait des pertes
intolérables. Une analyse des résultats de capture sur une
période relativement longue, associée à l'examen des
régimes alimentaires des populations de ces espèces de
Mustélidés, montrent qu'ils ne sont aucunement des " nuisibles
".
Clergeau P., 1995. La maîtrise des oiseaux en milieu urbain.
CE, 26, 5-12. (L)
(°)
Pigeons, étourneaux, goélands, corbeaux sont des oiseaux
indésirables dans beaucoup de villes qu'ils assourdissent de leurs
cris et salissent de leurs déjections. Comment réduire leur
présence ? Les moyens techniques les plus perfectionnés (poisons,
stérilisants, effarouchement) resteront sans effet durable si on ne
prend pas en compte les habitudes de vie de ces oiseaux, qui circulent entre
ville et campagnes avoisinantes, dans une stratégie de gestion
intégrée.
Faure J.-M, Mills A., 1995. Bien-être et comportement chez les oiseaux
domestiques. CE, 26, 19-28. (L)
(°)
Les animaux sont-ils élevés dans les meilleures conditions
possibles ? Pour pouvoir répondre à un public inquiet, les
chercheurs zootechniciens mettent en oeuvre les sciences de l'environnement
et observent les réactions de poules et de cailles dans divers dispositifs
expérimentaux ingénieux. Ils sont ainsi en mesure de proposer
des adaptations de l'environnement d'élevage et aussi des adaptations
de l'animal.
Vissac B., 1995. Le jésus et les marchands du Temple dans les franches
montagnes. CE, 26, 45-47. (L)
Où il est question d'un élevage de vaches d'une race
particulière (Montbéliarde), avec le lait desquelles on fait
un fromage typique (le comté), fabrication qui permet d'engraisser
des cochons, dont on tire un saucisson court fumé (dans les tuyés)
et fameux (le jésus de Morteaux). Que s'est-il passé lorsqu'on
a voulu améliorer la race de vaches ?
Landais E., Bonnemaire J., 1996. La Zootechnie : art ou science ? CE,
27, 23-44. (L)
(°)
Les précurseurs furent des vétérinaires, enseignants
à l'école d'Alfort, qui voulurent créer à la
fin du XVIIIe siècle une science de l'élevage des animaux
domestiques et la zootechnie naquit du besoin d'enseigner. Au sortir de la
Seconde Guerre mondiale, un effort nouveau de recherche, d'enseignement puis
de développement a été consenti en faveur du secteur
des Productions animales de l'INRA nouveau-né. Puis la discipline
s'est morcelée, tiraillée entre sciences fondamentales et
applications. Depuis les années 80, elle ne peut plus avoir comme
seules finalités l'approfondissement des connaissances ou la maximisation
du rendement des élevages et le profit des éleveurs. Les pratiques
et systèmes d'élevage, englobant le milieu, l'homme et l'animal
deviennent l'objet des recherches et c'est sur ce complexe que se mesurent
les effets des changements proposés. Les métiers de zootechnicien
ont complètement changé et la zootechnie représente
un projet scientifique nouveau, hybride, ressortissant à la fois aux
sciences du vivant et à celles de l'homme et qui peut réhabiliter
l'art complet de l'ingénieur qu'elle a été.
Joachim J., 1996. Populations et dialectes : cas du Pinson des arbres.
CE, 27, 5-16. (L)
(°)
Les théories nées de l'observation des peuplements animaux
et végétaux d'îles plus ou moins grandes et plus ou moins
proches du continent peuvent trouver des illustrations dans des lieux qui
nous sont familiers. Le morcellement des habitats - dû par exemple
à l'activité de l'Homme - y reproduit en effet les conditions
d'un archipel. Ainsi notre Pinson des arbres, Fringilla coelebs, a-t-il
à sa disposition, dans le Grand Sud-Ouest de la France, des forêts
et des bois très discontinus. Il ne s'y maintient que grâce
à des phénomènes d'émigration à partir
de foyers, l'ensemble fonctionnant en métapopulation. C'est
grâce aux chants, différents d'un individu à l'autre
et d'un groupe à l'autre (dialectes), que l'auteur a pu mettre en
évidence ces mouvements de population, qui confortent les théories
des biogéographes et démécologues.
Mallet C.-G., 1996. Les représentations plastiques de l'animal.
CE, 27, 135-143. (L)
(°)
Un sujet qu'aucun livre ne traite dans sa globalité, richement
illustré de vignettes de la plume de l'auteur.
Blanc N., 1996. La relation à l'animal en milieu urbain. CE,
28, 43-48. (L)
(°)
Etudiant dans un cadre pluridisciplinaire (sociologie, géographie,
écologie) les représentations de la nature en ville, l'auteur
cherche à cerner la place de l'animal. Deux enquêtes sont
relatées ici. La première (à Rennes), dans des immeubles
collectifs portait sur les blattes (insectes dictyoptères) :
vis-à-vis de ces petits animaux dégoûtants les gens ont
des attitudes négatives qui traduisent leur mal-être social
et urbain. La seconde (à Lyon) se consacrait au chat, à la
fois hôte de la maison et animal errant au dehors (où il
caractérise les lieux) ; c'est par nature un chasseur... Le chat renvoie
en tous cas bien plus facilement à la nature que le cafard !
Avec un encadré entomologique "les blattes, hôtes de nos
maisons" de Jacques d'Aguilar.
Landais E., 1996. Elevage bovin et développement durable. CE,
29, 59-72. (L)
(°)
Transformateurs, distributeurs et consommateurs piloteraient-ils
l'élevage (bovin), signant ''la fin des paysans ?'' et...se passant
des zootechniciens ? La crise de la ''vache folle'' montre d'une part, que
la technique d'élevage peut influer lourdement sur le comportement
du consommateur et, d'autre part, que l'élevage laitier intensif tel
qu'il est mené n'est pas durable. Les chercheurs ont, suite à
ce scandale, reçu leur lot d'opprobre pour avoir fait des vaches
carnivores.
Les arguments techniques et économiques sont pour l'incorporation
de protéines animales à la ration des vaches ; les consommateurs
de bifteck le rejettent. Il faut en proscrire l'usage. Et voir comment, par
une approche plus globale, ne plus se faire surprendre.
Quant à l'élevage bovin laitier intensif, avec ses bases familiales
et syndicales, il pèse un poids politique considérable. Les
troupeaux et les exploitations s'agrandissent, le cheptel s'améliore,
le pré reste, à titre symbolique. Chaque vache devaient produire
plus, sous l'oeil de la caméra de télésurveillance et
derrière l' image de verts pâturages... Un amalgame explosif
? La prochaine crise touchera-t-elle la production laitière
à propos des hormones, de modifications génétiques
(très suspectes), du ''sacrifice'' en masse des petits veaux, des
effets environnementeaux d'une maïsiculture envahissante? L'extensification
serait une saine réaction - et l'idée fait sont chemin, à
la faveur de crises... que l'INRA doit tenter de prévenir.
Tasei J.N., 1996. Impact des pesticides sur les Abeilles et les autres
pollinisateurs. CE, 29, 9-18. (L)
(°)
L'activité des insectes pollinisateurs est essentielle au bon
rendement de très nombreuses productions agricoles. Abeilles sociales
et solitaires butinent les fleurs, lesquelles reçoivent les insecticides
épandus par l'agriculteur. Elles sont ainsi contaminées soit
directement, au travers de leur tégument, soit indirectement, le toxique
étant ingéré avec le nectar ou le pollen par les adultes
ou par les larves. L'impact sur les populations d'Hyménoptères
pollinisateurs est dépendant de nombreux facteurs : environnement
(climat et flore), espèce et stade cibles, dosage et formulation de
l'insecticide.
Moreau J.P., 1996. La maladie de la " vache folle " est-elle oui ou non
transmissible à l'homme ? CE, 29, 81-84.
(L)
(°)
La transmition de l'Encéphalopathie spongiforme bovine peut
se faire également par des Acariens du foin ; les symptômes
ne seraient-ils pas devenus évidents suite à des carences ?
; distingue-t-on bien tous les prions en cause ? Quelle est l'importance
de la prédisposition génétique des sujets humains ?
Les scientifiques anglais auraient-t-ils relié ESB et maladie humaines
pour obtenir des mesures drastiques contre une ESB galopante?
Avec un lexique.
Mallet C.G., 1996. L'art naturaliste, une écologie ? CE, 29,
123-126. (L)
Les illustrations scientifiques, associant exactitude et maîtrise
du dessin (de l'aquarelle... ) regagnent en faveur. Une exposition
intitulée "Dessiner la nature" (sept. 1996, à l'Espace
Electra) a montré des manuscrits anciens. Le Ier Salon
des artistes naturalistes vient de se tenir au Muséum en novembre
1996, rassemblent oeuvres anciennes et contemporaines. Visite
critique...
Rivals Claude, Artois Marc., 1996. le Renard... sauvage et familier, un
miroir de l'homme ? CE, 29, 47-58.
(L) (°)
Animal commun, familier de l'homme (jusqu'en ville) qui le voit rarement,
le Renard, ex-Goupil, est chassé, accusé de véhiculer
la rage, de ravager les poulaillers. Omnivore, capable de s'adapter à
toutes sortes de milieux, l'animal a pu résister aux chasses féroces
qu'on a menées contre lui grâce à de fameuses ruses.
Son comportement -réel ou supposé- a alimenté les fantasmes,
illustré les comptes et les romans, nourri la langue d'expressions
savoureuses dont beaucoup perdurent. En chair et en os, il est le dernier
fauve, un gibier à pourchasser et un ennemi à éradiquer.
Une évaluation correcte de son rôle écologique et la
distribution d'appâts vaccinaux devraient mener à sa
réhabilitation.
Bourbouze Alain, 1997. Des agdal et des mouflons. CE, 30, 63-72.
(L)
Dans une partie reculée du Haut-Atlas marocain, la vie pastorale
est organisée au sein des tribus et des fractions, avec notamment
la mise en défens temporaire de pâturages d'altitude, les
agdal. Une intéressante faune sauvage (les mouflons notamment),
des paysages étonnants et des souvenirs émouvants de la
résistance au colonisateur - Le Tazigzaout - pourraient
y faire venir des visiteurs et, avec eux, un nécessaire essor
économique. Ceci dans le cadre d'un parc. L'administration
forestière saura-t-elle s'adapter ?
Tran Gilles, 1997. La complainte des folles. CE, 30, 129-132 .
Voir
http://www.ina.fr/CP/Artichaud/Tran/gtp11.htm
d'où l'article a été repris.
Gilles Tran expose à sa galerie cybernétique
du www.ina.fr/artichaud/Tran/gtran.fr.htm de la « grande toile ».
La complainte des folles est extraite du « Livre des Commencements »,
dans lequel figurent également « C'est ici que nous vivons »,
« Ailleurs, l'herbe est plus verte », « Les créatures
de nulle part », etc. La complainte se compose de quatre nouvelles
virtuellement illustrées : « les migrantes », « Mammelles
», « La baigneuse d'Urk » et « Prions! », que l'auteur
assaisonne d'une pointe d'humour... vache !
Larrère Catherine, Larrère Raphaël, 1997. Le contrat
domestique, CE, 30, 5-19. (L)
(°)
Quelque chose s'est rompu dans les relations que l'humanité
entretient, depuis des siècles, avec ses animaux domestiques ;
la crise de la " vache folle " le fait ressortir. L'idée
cartésienne de l'animal - l'animal-machine - a eu son
utilité ; on en a vu très vite les inconvénients,
pour l'homme lui-même (son âme, son statut...), pour l'homme
(dé)considérant l'animal, pour l'animal enfin. Par
sensibilité et utilitarisme, on a pris la défense du
bien-être de l'animal, l'animal domestique, s'entend. Celui-ci
- l'idée est fort ancienne - serait lié par un pacte
à l'homme ; pour certains, il serait titulaire de droits... La
relation homme-animal domestique est en tout cas complexe et sans doute
convient-il de réinventer des règles de civilité pour
encadrer les prétentions (zoo)techniques par une éthique.
David Jean-R., 1997. La biodiversité : mode passagère ou
révolution conceptuelle ? CE, 30, 49-51.
(L)
(°)
" Les divers niveaux d'intégration des processus biologiques
doivent faire l'objet d'analyses spécifiques et simultanées.
Le triomphe de la biologie moléculaire a eu tendance à faire
oublier cette vérité première. La réhabilitation
de la biodiversité sous tous ses aspects devrait permettre de
rétablir un équilibre raisonnable. "
Simon J.C., Decau M.L., Vertès F., 1997. Chargement animal et pollution
nitrique sous prairie. CE, 30,
29-34.(L)
(°)
La prairie constitue près de la moitié de la
surface agricole utile de la France ; elle est un écosystème
bien particulier au couvert végétal permanent, qui n'est pas
bouleversé par le labour et qui comporte une flore et une faune très
diverses. Les mécanismes qui gouvernent les flux d'azote et les pertes
de cet élément vers les aquifères sont très
complexes. La maîtrise de l'azote implique celle de la fertilisation
et celle du troupeau, dont l'impact est bien estimé par le chargement
:nombre de jours de pâturage par hectare de parcelle et par an.
Kocher Schmid C., 1997. Oiseaux volés. CE, 31, 81-85.
(L)
(°)
Nous prisons le côté sauvage de la nature. L'ornithologue
suisse au fin fond de la Nouvelle Guinée relâche - en bon ami
de la nature et de la vie sauvage - les oiseaux qu'il a capturés avec
un super-filet. Les indigènes qui veulent les manger seraient-ils
des voleurs d'oiseaux ? Remarquables par la partition qu'ils font entre jardin
(ensoleillé, fertile, cultivé, durable, rassurant, domaine
des femmes) et la nature sauvage (la forêt sombre, déboisée
autant que besoin, ombreuse, ombrageuse, où ne s'aventurent que les
hommes), seraient-ils très différents des compatriotes du
naturaliste avec leur coutume de façonner au village, à partir
d'un arbre orné de plantes grimpantes, un avatar de la forêt,
pour le plaisir des yeux ? Seraient-ils si différents ces nombreux
Bâlois qui composent, pour admirer la nature à domicile et sans
avoir à s'aventurer dans les sylves, des jardins miniatures avec rocailles
et plantes alpines ?
Roche B., Labouesse F., Moulin C.H, Dimanche M., 1997. Un
phénomène mal connu : les élevages de loisirs autour
des villes. CE, 31, 29-44. (L)
(°)
Autour de Montpellier (Héraut), à moins d'une heure
de voiture, l'élevage de chevaux de selle et d'ânes de compagnie
est en plein développement. Comment étudier cette forme
d'élevage, déterminer où elle se pratique, les liens
qu'elle entretient avec la ville, les publics qu'elle satisfait, les milieux
qu'elle occupe, les rapports qu'elle a avec les autres usages des espaces
? Une fois définis, les « élevages de loisir » sont
recensés. L'enquête, sur un échantillon, fait ressortir
4 types d'éleveurs à caractère privé : les sportifs,
les adeptes des loisirs équestres, les amateurs d'animaux de compagnie,
ceux qui ont besoin d'eux en tant que signe « de ruralité ».
Ensemble ils occupent 3% de la surface de la zone, soit plus que la vigne.
Ils sont dans des situations très différentes : les motivations,
les statuts personnels des éleveurs et fonciers des exploitations,
les ambitions des uns et des autres sont très divers. L'offre comme
la demande sont assez disparates. Sans compter la production d'herbivores
pour l'entretien foncier, une activité tout juste émergente.
Un tableau propre au lieu de l'étude, un travail qui devra être
étendu à d'autres zones.
Signoret J.P., 1997. Le rôle de l'éleveur. CE,
31, 85-88. (L)
(°)
L'animal, pour la plupart des gens, est un substitut affectif, un
témoin (lointain) de la nature, un partenaire de loisir, tandis que
l'élevage a presque disparu. Le public n'a pas accès aux «
ateliers » fermés, isolés et d'aucuns critiquent avec
violence ses aspects « modernes » et notamment l'effacement de
l'éleveur. Or, comparant les systèmes de logement des truies
gestantes en enregistrant tous les indices d'inconfort, il ressort que la
pratique de l'éleveur influe plus sur le nombre de boiteries,
lésions, tics, etc. que le fait de maintenir les animaux dehors ou
sur caillebotis en porcherie...
Porcher J., 1997. L'éleveur et ses animaux. CE, 32,
51-62.(L)
(°)
La relation de communication entre l'éleveur et ses animaux
demeure un domaine de recherche encore largement inexploré, alors
que l'évolution actuelle de l'agriculture dans les sociétés
occidentales et la place qu'occupe l'élevage au sein de cette agriculture
mettent en relief ce domaine à plus d'un titre. Dans cet article,
très largement basé sur des recherches bibliographiques,
l'intérêt de ce sujet dans le champ des recherches sur le
bien-être animal est souligné et cette problématique
est située dans celui des qualifications et des compétences
liées au métier d'éleveur. Puis sont livrées
quelques pistes de réflexion, destinées à poser des
bases pour une étude de la communication entre éleveurs et
animaux et qui paraissent pouvoir être proposées à la
réflexion et au débat. Les animaux élevés par
l'homme sont très divers ; le propos de l'auteur, ici, concerne notamment
les bovins, les porcins et les ovins.
Breton F., Cheylan M., Lonsdale M., Maillet J., Pascal M., Vernon P., 1997.
Les invasions biologiques. CE, 32, 11-28.
(L)
(°)
Cet « article » est la transcription - par Christine
Silvy - d'une émission radiophonique de France Culture, La Science
et les hommes (Atelier du savoir), préparée et animée
par Françoise Breton. Lancés sur les ondes le 2 avril 1997,
les propos des cinq invités et de la productrice sont reportés
ici sans réarrangement ni réécriture de fond. Un débat
livré en différé (dont les arguments n'ont pas vieilli)
auquel on a voulu conserver sa spontanéité et son langage
parlé.
Plantes et animaux ont conquis leur aire de répartition actuelle
par l'association de phases lentes et de phases brusques d'expansion. Dans
ce dernier cas, l'homme peut se retrouver face à une mauvaise herbe
ou à un ravageur nouveau très nuisible. Mais dans la plupart
des cas récents, c'est lui qui a provoqué l'invasion, en
transportant des individus de l'espèce. Ce peut-être involontaire
-et être dû à un défaut de vigilance (les larves
de moustiques ont ainsi franchi l'océan dans l'eau qui reste dans
le creux des pneus usagés, l'algue Caulerpe qui envahit la
méditerranée se serait échappée d'un aquarium...)
- ou volontaire. Cas banal de l'installation d'animaux de rente ou gibier
dans des territoires nouvellement colonisés (le lapin en Australie),
cas plus curieux de l'apport d'animaux sauvages participant à des
rites (sur les îles côtières, notamment), cas lamentable
de l'introduction de prédateurs incontrôlables (cf. les mollusques
des îles du Pacifique).
Dans tous les cas, les écosystèmes les plus vulnérables
sont les îles. Elles constituent également des laboratoires
où l'on tente d'éradiquer les envahisseurs qui n'ont rien à
y faire. Et certaines invasions provoquées sont tout bénéfice
: cas des agents de lutte biologique (bien choisis).
Daszkiewickz P., Aikhenbaum J., 1998. Aurochs, retour dun animal
préhistorique... ou manipulation scientifique ? CE, 33, 73-79.
(L)
(°)
On disposerait, clament des médias, d'un animal épatant
pour la gestion écologique de zones difficiles : l'Aurochs de Heck.
Mais ce n'est qu'un buf à l'allure préhistorique,
créé par croisement de races domestiques sous le régime
nazi, par les frères Heck, longtemps après l'extinction de
l'espèce en 1627 en Pologne : une reconstitution faite dans l'ambiance
d'un retour aux sources de l'identité germanique...
Morlon P., 1998. Vieilles lunes ? Les normes pour les bâtiments
délevage ont cent cinquante ans, le code de bonnes pratiques
agricoles en a cent... CE, 33, 45-60. (L)
(°)
D'une plongée dans les "vieux bouquins" on ramène une
moisson de textes sur l'écobuage, les prairies artificielles qui
engraissent du bétail qui produit du fumier, le salpêtre, les
ordures, les étables (en tant que fabriques de fumier), la guerre
du Pacifique (et l'approvisionnement en guano), le cycle de l'azote dans
le sol, etc. qui montrent que la nutrition azotée des plantes a
été une préoccupation majeure des agriculteurs et des
agronomes - qu'on a un peu oubliée avant que les problèmes
de trop-plein de nitrates ne les remettent d'actualité.
Spitz F., 1998. Le jeu de rôle des dégâts de gibier.
CE, 33, 83-88. (L)
(°)
Hommes et herbivores se sont longtemps partagé à l'amiable
les ressources végétales jusqu'à ce que le premier invente
l'agriculture et, ce faisant, invente et applique aux seconds les notions
de dégât et de ravageur. Les écosystèmes ont subi
des variations considérables, le statut du gibier, les droits des
chasseurs, les populations de loups et les paysages agricoles aussi... Or
le chevreuil est désormais habituel dans le bocage et les grands
cervidés, fortement favorisés, pullulent. Tandis que les Homo
sapiens se sont, eux, adaptés au système d'indemnisation des
dégâts de gibier ; ils en jouent même fort bien.
Orsak L., 1998. La récolte des papillons... sauve les papillons.
CE, 33, 101-105. (L)
(°)
Ou comment l'entomologie - celle des amateurs de spectaculaires papillons,
les Ornithoptères - peut aider à la gestion conservatoire des
forêts tropicales humides par une exploitation raisonnée,
mesurée, encadrée et faite dans le respect des conventions
internationales pour la préservation de la faune sauvage et la
prévention du trafic, faite par les habitants à partir de chenilles
capturées ou élevées sur des arbres nourriciers
plantés près des villages.
Frandon J., Kabiri F., 1998. La lutte biologique contre la Pyrale du
maïs avec les trichogrammes.
Évolution de la technique pour une utilisation à grande
échelle. +++ (L)
La lutte biologique contre la Pyrale du maïs avec les trichogrammes,
fruit d'une étroite collaboration entre la société BIOTOP
et l'INRA, a connu une extension importante en France où elle a
été appliquée sur plus de 50 000 ha en 1998. Cette
réussite en grande culture n'a été possible qu'aux prix
d'importants efforts de recherche concernant la production de masse des
auxiliaires, la logistique, la prévision du vol du ravageur et la
technique de lâcher. La principale amélioration a été
la mise au point d'un lâcher unique des parasitoïdes avec une
logistique simplifiée en maintenant un niveau élevé
d'efficacité et de fiabilité. L'évolution technique
ainsi que les résultats obtenus au champ sont
présentés.
(résumé des auteurs)
Pascal M., 1998. Lutte chimique, Campagnol terrestre, bavures et états
d'âme. CE, 35, 61-64. (L)
Les états d'âme sont ceux d'un chercheur recruté
en 1978 à l'INRA au "laboratoire de la Faune sauvage" pour
décortiquer les raisons des pullulations catastrophiques d'Arvicola
terrestris. Le rongeur ayant ses effectifs régulés par
de multiples facteurs, les luttes par enclos, par piégeage ou par
bactéries rodentopathogènes étant impraticables, le
chercheur a préconisé de mettre en place (et d'entretenir...)
un réseau d'alerte et d'employer du poison (un anticoagulant, la
bromadiolone) délivré via des carottes-appâts. Un
procédé sûr s'il est appliqué dans le respect
scrupuleux des règles. Or...
Ramousse R., Le Berre M., Giboulet O., 1999. La Marmotte alpine. CE,
36, 39-52. (L)
(°)
" Mammifère rongeur, de la famille des Sciuridés, habitant
les Alpes. C'est un animal de taille moyenne, lourd, à tête
aplatie, à oreilles courtes, à queue fournie et touffue. La
Marmotte commune (Arctomys marmotta) est un animal hibernant qu'on chasse
pour sa chair et sa fourrure. "
Ce portrait (Larousse agricole, 1922) est bien sûr trop bref,
ignorant les dégâts que l'animal commet dans les cultures et
les prairies, ne disant rien de sa graisse censée soigner les rhumatismes.
Actuellement, pour presque tout le monde, c'est avant tout l'animal sympathique
des alpages, dressé devant son terrier pour saluer le randonneur,
sculpté dans le bois et photogravé sur les cartes postales.
Longtemps ressource alimentaire pour des habitants à la vie difficile,
il est maintenant peu convenable d'avouer qu'on en mange. Et il faut supporter
ses dégâts pour ne pas fâcher les touristes
Voici, rédigés à partir des travaux les plus récents
consacrés à cet " élément méconnu de notre
patrimoine montagnard ", les résultats les plus récents sur
la répartition géographique, le statut juridique, l'histoire
culturelle et l'intérêt économique de la marmotte alpine,
connaissances indispensables pour mieux gérer ses populations autochtones,
réintroduites et introduites.
Deverre C., 1999. Le loup (le retour) et l'agneau (le départ ?).
CE, 36, 67-68. (L)
(°)
Le loup est revenu tout seul, à pattes, dans les Alpes.
Suprême prédateur carnassier mythique, il a trouvé des
amis fort enclins à " adapter " la vie montagnarde à sa
présence. Mais ces aimables alpages sont faits et entretenus par des
moutons, dont le loup menace la quiétude
Cauquelin A., 1999. Figures de l'animalité. CE 37, 37-44.
(L)
Ou comment regarder l'"autre" de l'homme, la bête, pôle
opposé à l'ange. L'animal qui maintes fois s'est vu mélanger
à l'homme (à l'ange), des Métamorphoses d'Ovide
à la lycanthropie pas si ancienne, de la mythologie à nos
expressions langagières. L'animal qui a quitté la fable sous
la plume (le stylet plutôt ?) d'Aristote ,dont l'uvre biologique,
moins connue que ses écrits philosophiques, mine d'enseignements,
mérite d'être revisitée, sans moquerie, en considérant
la méthode qui a servi à bâtir son bestiaire à
partir d'un riche imaginaire, en prenant en compte taxinomie et reconstruction,
en mettant en avant la notion d'enveloppe (le lien aristotélicien),
en la rapprochant de notre concept d'environnement
Lambert S., 1999. Animaux utiles et nuisibles dans les livres scolaires.
CE, 38, 23-40. (L)
(°)
En moins dun siècle, notre approche du monde animal et
du vivant en général sest trouvée profondément
modifiée, en raison, principalement, de lurbanisation des
populations, de la mécanisation de lagriculture avec augmentation
des productions, de la maîtrise des prédateurs et la disparition
des animaux dangereux. Des animaux comme lours et le loup,
considérés il y a encore peu de temps comme dangereux et nuisibles,
sont réintroduits sur le territoire national, tandis que les animaux
autrefois les plus utiles ont vu leur « statut »
évoluer ou se transformer et, dès lors, il nest pas
étonnant que la représentation sociale de lanimal, sa
place dans la pédagogie scolaire et donc dans les manuels aient
évolué dans le même sens. De sauvage, féroce,
nuisible, utile, lanimal est devenu compagnon, certes toujours utile,
mais aussi être vivant à respecter, voire protéger.
Une lecture parallèle de manuels scolaires du primaire et du secondaire
(de la sixième à la quatrième) du siècle dernier
et de ceux daujourdhui (1880-1996) apporte, avec un siècle
décart, une vision différente sinon amusante des approches
de « lanimal » et de la
« nature » hier, de
« lécologie » ou de la
« biologie » aujourdhui.
Fortier A., 1999. La réglementation du ramassage des escargots
: le cas d'Helix pomatia. CE, 38, 75-83.
(L)
(°)
Quelle est lefficacité sociale de la
réglementation concernant le ramassage de ce Gastéropode ?
Lenquête ethnographique réalisée auprès
d"adeptes" de cette activité nous invite tout dabord
à réfléchir sur le bien-fondé de cette
réglementation. Celle-ci ne saurait être efficace et légitime
que dans la mesure où elle parvient à enrayer le problème
posé à savoir la raréfaction de lespèce.
Or, dans le cas précis de lhelix pomatia, le ramassage nest
quun facteur parmi dautres de la diminution de la population
de gastéropodes. La dégradation des milieux favorables à
cette espèce y contribue également. Les effets induits par
le ramassage sur la population de gastéropodes semblent dautant
plus limités que cette activité est lapanage dune
minorité. Les contraintes et les représentations associées
à la préparation sont telles, quelles dissuadent bon
nombre de personnes de sy livrer. Mais le non respect de la
réglementation par une frange importante des ramasseurs tient
également à lexistence dun certain nombre de pratiques
et dhabitudes culturelles, non prises en compte par
larrêté de 1979. (résumé
de lauteur)
Lefeuvre J.-C., 1999. Données sur les dates de migration et de
nidification des oiseaux d'eau et des oiseaux migrateurs. CE, 38,
99-106.
La conclusion et les 4 tableaux principaux
du rapport scientifique commandé par la ministre de
lAménagement du territoire et de lEnvironnement, Dominique
Voynet, au professeur Lefeuvre le 12 mars 1999, qui a donné lieu à
une restitution orale le 9 juillet 1999 et qui a été mis
en
ligne sur le site Internet du ministère (en version provisoire,
téléchargeable) le 1er octobre 1999*.
Son titre complet : Rapport scientifique sur les données à
prendre en compte pour définir les modalités de lapplication
des dispositions légales et réglementaires de chasse aux oiseaux
deau et oiseaux migrateurs en France.
Génot J.C., 2000. Conservation de la nature : gérer les
espèces ou les habitats ? Le cas du PNR des Vosges du Nord,
réserve de la biosphère. CE, 39, 5-18.
Pour le conservateur - pas au sens politique bien sûr - pour
celui qui a en charge de protéger une part de nature sans y interdire
l'intervention de l'homme, la gamme des attitudes et actions possibles est
vaste. Ne rien faire, réintroduire telle espèce, réhabiliter
un site, conduire des études, faucher ou faire brouter la
végétation
Il peut s'appuyer sur un animal emblématique
(le Panda ailleurs, le Faucon pèlerin, le Lynx ici), suivre une "
démarche espèce-habitat " (cas pour la Gélinotte des
bois) ou se consacrer à l'habitat (les anciennes prairies
enfrichées), cette dernière attitude semblant inévitable,
de même que l'on devra définir des terrains plus vastes que
nos parcs et réserves - ou des constellations de zones -, avec moins
de protections et une gestion plus écologique, faisant la part des
changements.
Duret E., 2000. La Cigale et l'homme : de la biologie au symbole.
CE, 39, 80-85. (L)
Portrait ethnozoologique d'un insecte connu ,souvent entendu mais
rarement vu, symbole d'Apollon jadis, promu emblème de la Provence
par les félibres et les faïenciers, source d'inspiration d'artistes
divers. Portrait d'un animal ambivalent, tantôt quasi divin, philosophe
et artiste, tantôt paresseux, bavard et imprévoyant. Un portrait
tout en vérités mentales -que la rédaction (A.F.) a
complété d'une brève description entomologique, pour
d'indispensables révisions.
[R] Pascal M., Clergeau P., Lorvelec O., 2000. Invasions
biologiques et biologie de la conservation - essai de synthèse.
CE, 40, 23-32. (L)
Lors de la conférence de Rio, la communauté scientifique
a fait prévaloir que l'évolution récente de l'importance
et de la nature de l'activité humaine était à l'origine
d'une récente et forte accélération du processus naturel
d'extinction des espèces. Au nombre des facteurs d'origine anthropique
identifiés actuellement comme responsables de cette érosion,
figure en seconde place, après la modification des milieux, l'introduction
de taxons hors de leur aire de répartition spontanée.
Que recouvre exactement le terme d'invasion biologique souvent associé
à une introduction conduisant à l'installation d'une espèce
? Que sait-on de la nature et de l'importance de l'impact passé et
présent de ces invasions ? Quelle prédiction peut-on faire
quant à la nature et l'importance de cet impact ? Quelle valeur
heuristique accorder à l'étude comparée des invasions
en milieux insulaires et continentaux ? Ce texte0 n'a aucune prétention
exhaustive mais veut tenter de donner quelques définitions
nécessaires pour cadrer des questions et un débat
d'actualité. (intro des auteurs)
Bobbé S., 2000. Entre domestique et sauvage : le cas du chien errant.
Une liminalité bien dérangeante. CE, 40, 66-74.
(L)
Ours et loup ont la vedette, cependant que le chien errant
(abandonné ou échappant régulièrement ou pas
à la surveillance de son maître) croque les moutons, à
l'ombre de ces deux prédateurs médiatiques. Et ce déviant,
ce domestique divagant, omniprésent mais dont il est difficile de
reconnaître l'existence, voit ses méfaits attribués aux
espèces sauvages menacées ou tout juste réapparues -
ce qui condamne celles-ci.
Ferron P., 2000. Bases écologiques de la protection des cultures
: gestion des populations et aménagement de leurs habitats. CE,
41, 33-42. (L)
Depuis quelques années, la société, en particulier
dans les pays développés, manifeste son souci de la garantie
de la qualité tant des produits qu'elle consomme que de l'environnement
dans lequel elle évolue. Or, la méthode de lutte classiquement
préconisée contre les organismes nuisibles aux cultures repose
sur des traitements chimiques curatifs, dont les effets indirects sont souvent
nocifs pour l'homme et la biosphère, en dépit de rigoureuses
préconisations d'emploi. C'est pourquoi il est aujourd'hui proposé
d'adopter une stratégie globale de protection intégrée
des cultures, donnant la priorité à une méthode
préventive et aux solutions biologiques d'intervention. Un exposé
en 4 points : - Vers des pratiques phytosanitaires compatibles avec un
développement durable ? ; - Gérer les populations et
préserver la diversité biologique ; - Aménager les habitats
; - Adapter nos recherches et nos actions de développement à
ces nouveaux objectifs.
Tarrier M.R., 2001. Valeur écologique d'un verger de l'Atlas (Maroc)
selon l'évaluation de son indice lépidoptérologique
(Lepidoptera, Papilionoidea). CE, 42, 90-100.
(L)
Le verger (irrigué) est cultivé de façon
traditionnelle, les traitements fongicides et insecticides sont classiques,
mais modérés. La riche faune de Rhopalocères (Insectes
Lépidoptères Papilionoidea), des papillons de jour
appartenant à des espèces sténoèces sensibles
qui trouvent là des plantes nourricières variées et
abondantes, démontre une valeur écologique élevée.
Situé à la limite de l'aride, dans un paysage steppique, ce
verger-isolat consitue un nouvel écotope.
Les espèces recensées sont présentées, avec leurs
caractéristiques écologiques, dans un grand tableau, à
l'intention des entomologistes et des écologues.
Bougrain-Dubourg A., 2001. Réchauffement climatique : premiers
signes chez les oiseaux. CE, 43, 75-77.
(L)
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dans le cadre du
réseau BirdLife International, commence à récolter des
informations convergentes concernant l'impact du réchauffement climatique
sur les oiseaux : départs tardifs d'espèces, ou - plus exactement
observation doiseaux qui se sont attardés sous nos latitudes.
Par exemple, en décembre 2000, d'assez nombreuses Hirondelles rustiques
- grandes migratrices qui passent la mauvaise saison principalement en Afrique
tropicale - ont été notées un peu partout en
France
Broyer J., 2001. Plaidoyer pour une politique européenne en faveur
des écosystèmes prairiaux. CE, 43, 41-50.
(L)
Le Râle des genêts, Crex crex, est devenu le symbole de
l'altération des écosystèmes prairiaux en Europe.
Remarquée dès la fin du XIXe siècle en Angleterre, sa
raréfaction a récemment gagné la France. Le Vanneau
huppé, Vanellus vanellus, fait quelque peu illusion : lespèce
sest surtout adaptée à nidifier dans les terres arables.
Le Bruant proyer, Miliaria calandra, a subi un glissement écologique
: il est aujourd'hui parfaitement subordonné à la culture
céréalière, ce qui ne lempêche pas de se
raréfier. Quant aux tout derniers couples de Bergeronnette
printanière, Motacilla flava, oiseau jadis caractéristique
des prairies et des bords d'étangs des Dombes, ce sont les cultures
de céréales qui les hébergent.
Il est clair que lavifaune a payé un lourd tribut à la
modernisation agricole. Il est urgent de mettre en uvre des pratiques
de production fourragère cohérentes, moins productivistes et
plus soucieuses de la biodiversité.
Grundmann E., 2001. Orangs-outans : chronique d'une extinction
annoncée. CE, 43, 108-112. (L)
Dans dix ans, si rien nest fait, notre cousin l«
homme de la forêt », géant placide arboricole, aura disparu.
Se liguent contre lui les incendies de forêt, le défrichement
total et la récolte darbres précieux, la culture sur
brûlis, la guerre civile et le braconnage des « bébés
»
Ceux-ci, vendus comme animaux de compagnie, sont parfois
récupérés et les centres de réhabilitation tentent
de les préparer à leur remise en liberté, une tâche
très difficile.
Burgat F., 2001. La demande concernant le bien-être animal.
CE, 44, 65-68. (L)
Les quelques sondages d'opinion relatifs à la perception par
le public du bien-être animal et des conditions d'élevage font
état d'une forte réprobation des pratiques inhérentes
à l'élevage industriel, dont la claustration, la contention
et les mutilations. Connue surtout au travers des manifestes des associations
de protection, cette sensibilité repose sur des bases philosphiques
remontant à l'Antiquité, que l'Auteur examine, avant
d'étudier la notion de demande sociale. Laquelle, conclut-elle, «
relève d'un sens commun éthique par lequel on juge certaines
pratiques comme étant contraires à l'éthique tout en
étant peut-être conformes à la morale communément
reçue, donc aux murs ».
Martin-Bouyer L., Menendez L., Dhaussy M., Malvoisin D., Bourel B., Derout
D., Cailliez J.C., 2002. Le Hibou moyen-duc (Asio otus) et son
régime alimentaire dans le massif dunaire de la Slack (Pas-de-Calais,
France). CE 45, 57-62. (L)
L'oiseau fréquente les milieux semi-ouverts, les lisières
forestières, où il chasse, exerçant une prédation
importante sur les Micromammifères en général et sur
les Rongeurs sylvicoles en particulier. Il fond sur sa proie, l'emporte au
nid. Autour de celui-ci, les reliefs de ses repas se présentent sous
forme de pelottes de régurgitation qui rassemblent les parties dures
et incommestibles : os, carapaces chitineuses... Grâce à elles,
ont peut connaître le régime alimentaire de cet oiseau, sans
le déranger. C'est avec cette méthode que l'équipe a
entrepris l'étude des proies consommées par le Hibou moyen-duc
dans un espace boisé, proche des plages de la Manche. Elle en expose
ici le résultat, avec une discussion fouillée.
Zecchini A., 2002. Les animaux sauvages captifs peuvent-ils rester naturels
? CE 46, 21-38. (L)
Entre sélection artificielle et sélection naturelle,
les espèces animales captives dans les établissements zoologiques
subissent les pressions d'un environnement largement anthropisé. La
petitesse de leurs populations les rendent plus sensibles aux perturbations
génétiques, leur biologie et leur éthologie peuvent
subir des changements. Des variations sont-elles à attendre dans les
rythmes et les modes de leur évolution ? Ces questions sont
particulièrement importantes pour les espèces qui font l'objet
de programmes de conservation. (chapô de l'auteur)
Un long texte, articulté par ces "inters" : L'ontogenèse
perturbée, Stress et bien-être, Des populations réduites,
90% de la variation génétique sur 200 ans, Défauts
héréditaires et congénitaux, La purge des allèles
délétères, Quels changements évolutifs ?, La
copie du vivant, et complété par deux encadrés : "La
consanguinité chez le bighorn, le guépard et la gazelle de
Speke" et "Le chemin de la domestication".
Benhammou F., 2003. Les grands prédateurs contre l'environnement
? Faux enjeux pastoraux et débat sur l'aménagement des territoires
de montagne. CE, 48, 5-12.
(L)
Des loups d'origine italienne ont fait leur réapparition dans
les Alpes au début des années 1990, trois ours ont été
réintroduits en 1996-1997 en Pyrénées centrales. Le
retour de ces grands prédateurs s'est fait sur des territoires montagnards
périphériques aux caractéristiques socio-économiques
précaires où survivait bien souvent une activité pastorale.
Selon plusieurs députés montagnards, ces grands prédateurs
sont le principal problème auquel doivent faire face les élevages
de montagne.
Dans cet article qui traite plus particulièrement du cas du loup,
est étudié - et réfuté - le postulat, grandement
diffusé par la profession agricole et repris par certains chercheurs,
selon lequel les grands prédateurs ne sont pas des objets environnementaux
dignes d'intérêt et de protection, qu'au contraire leurs effets
sont non seulement néfastes sur les activités humaines mais
également sur la nature, et que, en quelque sorte, protéger
les loups reviendraient à exclure les hommes de la montagne et à
détruire des pans entiers d'écosystèmes.
Lonsdale D., Shardlow M., 2003. La Mouche grain de sable, Raphiomidas
terminatus abdominalis, grippe le progrès américain.
CE, 49, 78-79. (L)
Le développement durable est -il la croissance ininterrompue
de l'économie ou, à la fois, le maintien d'une économie
saine et d'un environnement de qualité ? Aux États-Unis, le
seul Diptère inscrit à l'Endangered Species Act (ESA) est
l'Apiocéridé Raphiomidas terminatus abdominalis, de
son nom vernaculaire local Dehli Sands flower-loving fly [l'Apiocéride
des sables de Delhi]. Pour des politiques soucieux de "développement
" (de l'urbanisation, des commerces et industries), la mouche ne mérite
qu'un coup de tapette ; pour les défenseurs de l'environnement, elle
permet de protéger ce qui reste d' habitats naturels. Récit
d'une bataille.
La Roque S. de, 2003. Épidémiologie des trypanosomiases
africaines - Analyse et prévision du risque dans un milieu en
transformation. CE, 49, 80, 80-86.
(L)
La lutte anti-vectorielle - contre les mouches tsé-tsé
(Diptères Glossinidés) - permet de maîtriser la maladie
du sommeil, trypanosomose qui, en Afrique, menace 60 millions de personnes,
provoquant par endroits une mortalité supérieure à celle
due au SIDA. Cette lutte, qui repose essentiellement sur la pose de pièges
et sur des applications épicutanées de formulations insecticides
sur le bétail, est simple, écologiquement satisfaisante et
assez efficace. Cependant, pour être supportable à la fois
techniquement et financièrement par les populations rurales, elle
doit être ciblée localement autour des sites majeurs de
transmission. L'article présente les résutats d'une étude,
menée récemment au Burkina Faso, qui montre que les sites dangereux
peuvent être repérés à partir d'indicateurs issus
notamment de l'imagerie satellitale à haute définition. Une
application, pour la santé publique, des SIG par des entomologistes
écologues.
Deprince A., 2003. La faune du sol - diversité, méthodes
d'étude, fonctions et perspectives. CE, 49, 123-138.
(L)
Abordant un sujet quelque peu orphelin, l'auteure, future journaliste
scientifique en stage à la ME&S, ne s'est pas attachée
à dresser une liste exhaustive des animaux souterrains ("un mètre
carré de sol d'une forêt de hêtre pouvant contenir plus
de mille espèces d'invertébrés, il aurait fallu dix
volumes !"). Il s'agit plutôt, en quelques pages, de donner un aperçu
de l'histoire de la pédozoologie, de la diversité animale dans
le sol, de son rôle et des perspectives de recherche actuelles, en
se limitant essentiellement aux régions tempérées. "Le
champ d'action y est déjà fort vaste, si l'on veut aborder
sols forestiers, prairies et terres cultivées."
On lira successivement : - Petite histoire de la pédozoologie ; -
Un peu de science du sol
(Pour le biologiste, trois grands horizons
en forêt, Des contraintes facteurs de diversité) ; - Tentative
de portrait de la pédofaune (De la diversité des animaux du
sol, Tous les âges sont dans le sol : exemples surtout choisis chez
les Insectes) ; - Extraction, comptage et détermination : matériel
et méthodes (Capture et extraction, Détermination : le
casse-tête, Autres techniques) ; - Les travailleurs souterrains : que
font les animaux du sol ? (Actions sur la structure du sol, Décomposition
de la matière organique et interactions avec la microflore, Techniciens
et ingénieurs de l'écosystème) ; - Perspectives (Le
problème des agroécosystèmes, Utiliser la faune du sol
?) ; - En conclusion.
Avec des encadrés (Les racines du sol, Quelques définitions,
Les maladies qui passent par les animaux du sol, Les Nématodes, Sol
piégé, Les Myriapodes, Les sols tropicaux, L'éducation
à la faune du sol), des tableaux et des illustrations.
A côté de ce long article, une présentation plus
légère (et en couleurs !) du sujet est consultable à
www.inra.fr/dpenv/faunedusol.htm
Digard J.P., 2004. Les animaux révélateurs des tensions
politiques en république islamique d'Iran. CE 51, 84-94.
(L)
L'examen du statut du pigeon, du taureau (de combat), du cheval et
d'animaux de compagnie " à l'occidentale ", dans l'Iran actuel confirme
qu'à chaque société correspond un " système
domesticatoire " particulier, combinaison originale de techniques
d'élevage, de modes d'utilisation et de représentations des
animaux. Une étude ethnozoologie en contexte islamique assez
dépaysante
Effarouchement accoustique (C9), Pincé ! (C11), Décrottage biologique (C13), Licence ès sciences (C15), Doukelpudonktan ? (C18), De la preuve en science (C20), Moules chaudes (C20), Clôture de la chasse (C21), Liberté (C21), En réserve (C21), Cétacé (C21), Ecossais ! (C21), Protz (C23), Transfaune (C23), Rue de la Biodiversité (C24), La vache qui rêve (C24), Le coq du dessus (C26), Les moineaux aux citadins : " ... " (C26), Vache de problème (C27), Polyphonie (C27), Le peintre animalier (C27), Cafardeuses (C28), Pis aller (C29), S.O.S. (C29), Transmissible non! (C29), Fox hunting (C29), Machination (C30), L'Arche (C30), Rabouillère barbouillée (C30), L'amour des oiseaux (C31), Hippotropisme (C31), La vue de son maître (C31), Radio (C32), Leurroptères (C33), L'aurochs et les voisines (C33), Pylône(C33), Agriculture du râble (C33), Employabilité (C33), Le prix de l'environnement (C33), Chaude ambiance (C33), Gibier à plumes (C35), DL50 et même vachement plus (C34), Gazologue (C35).
Et quelques autres à trouver en explorant l'Album.
Marie Guillaume, stagiaire à la ME&S au
début de l'été 1998, étudiante du DESS Communication,
information scientifique, technique et médicale (CISTEM) de Paris-VII
Denis-Diderot.
mariegui@club-internet.fr